Société Arts & culture Sports Chroniqueurs Concours Annonces Classées

  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Si on ne peut se fier au passé!

 Imprimer   Envoyer 
François Fouquet Par François Fouquet
Lundi 13 septembre 2021

« Nous naviguons présentement en zone de turbulences. Attachez bien vos ceintures, on en a pour un bout! »

Mettons que vous tombez sur un manuscrit que j'ai écrit en 1990. J'y racontais des éléments de mon été, cette année-là. Du genre :   

« À la fin de cet été magnifique, un couple unit sa destinée. Les amoureux deviennent mari et femme. Pour le meilleur et pour le pire, avait dit le célébrant. Une grande fête suit la cérémonie! L'alcool coule à flots. Il faut dire que la source, bien que contrebandière, est alimentée par un ami, Jimmy, un sympathique amérindien qui habite sur sa réserve, à deux kilomètres du domicile familial. La soirée franchit facilement la nuit et le petit matin est planant, les volutes de fumée de "pot" se mélangeant à la rosée matinale de ce matin d'août. Les voisins immédiats de notre couple de tourtereaux, un couple de Jamaïcains attachant et festif, ont fourni joints et musique envoûtante.

Il y a deux ans que le mariage a eu lieu. Le couple n'en est plus un. La conjointe s'est éprise de quelqu'un d'autre. Difficile à accepter pour l'époux qui n'avait rien vu venir... »

Fin de mon récit. L'épisode n'est quand même pas unique dans la grande fresque des histoires d'amour! Rien pour écrire à sa mère, pour reprendre l'expression consacrée.

Mais voilà que l'actualité nous amène ailleurs. Dit autrement, mon ouvrage d'il y a des années pourrait bien être bloqué par le souci de la rectitude sociale à rebours.

Pourquoi? Plein de raisons! Le texte associe trop évidemment l'ensemble des nations autochtones à l'alcool et la contrebande ; il lie l'ensemble des Jamaïcains à la consommation de « pot » ; il fait porter le rôle de « trompeuse » à une femme, ce qui protège faussement les nombreux hommes qui le font ; il présente un couple trop prévisiblement genré, ce qui est exclusif alors qu'on cherche à inclure... Bref, à ce temps précis de notre évolution sociale, bien des raisons justifieraient le rejet public du texte. Peut-être serait-il brûlé, allez savoir!

Et ça me trouble. Beaucoup.

Qu'une bibliothèque accepte de brûler des bouquins, dans une tentative de « réparer » et d'aseptiser le passé, ça me semble tellement contreproductif et navrant!

L'évolution des sociétés passe par la compréhension. Et la compréhension passe par la connaissance des enjeux.

Si quelqu'un a grandi dans un milieu dans lequel le paternel buvait trop et était violent, ça ne changera rien à l'histoire d'omettre d'en parler à ses propres enfants, plus tard. Même qu'il se prive d'une occasion de démontrer les conséquences des agissements malsains d'un proche sur les siens.

Plutôt que de déchirer le passé, de faire semblant que rien n'est arrivé, que rien n'a existé, il vaut mille fois mieux former les esprits à comprendre les choses. Former les esprits à la pensée critique. Pas la pensée qui critique tout au sens de chialer sur tout, mais la pensée qui se donne le temps de réfléchir avant d'agir.

Un compromis proposé voudrait qu'on colle un avis dans ces œuvres, expliquant que le livre a été écrit à une autre époque, avec des référents culturels différents.

Je préférerais qu'on mise sur un apprentissage qui ferait dire au lecteur : « Hey, boboy! On ne dirait plus ça comme ça aujourd'hui! », mais qui ne l'amènera pas à déchirer les pages du passé.

Je préférerais largement qu'on adhère au principe voulant « qu'on doit savoir d'où on vient pour savoir où on va ».

Je préférerais qu'on mette notre énergie à bâtir demain plutôt que d'épurer inlassablement hier. Plutôt que de traiter hier comme une vaste « fake news ».     

Je préférerais qu'on mise sur notre capacité à faire la part des choses.

Sinon, on s'arme comment pour vivre demain si on vit aujourd'hui pour maquiller hier?

         

Clin d'œil de la semaine

Depuis que Monsieur Chose a brûlé toutes les allusions au mot nègre dans son entourage, il est content et se sent léger : maintenant, il n'est plus raciste...


  A LIRE AUSSI ...

Le vivre-ensemble, le CH et notre moi intérieur…

Lundi 25 mai 2026
Le vivre-ensemble, le CH et notre moi intérieur…
Vivre en accéléré

Lundi 27 avril 2026
Vivre en accéléré
Les responsabilités. Ou l’absence de responsabilités…

Lundi 4 mai 2026
Les responsabilités. Ou l’absence de responsabilités…
NOS RECOMMANDATIONS
La Victoire vs Canadien : contester ou construire ?

Mardi 19 mai 2026
La Victoire vs Canadien : contester ou construire ?
Québec accorde près de 195 000 $ aux clubs de VTT de l’Estrie

Jeudi 21 mai 2026
Québec accorde près de 195 000 $ aux clubs de VTT de l’Estrie
Une suspecte arrêtée dans une affaire de fraude téléphonique à Sherbrooke

Jeudi 21 mai 2026
Une suspecte arrêtée dans une affaire de fraude téléphonique à Sherbrooke
PLUS... | CONSULTEZ LA SECTION COMPLÈTE...

 
François Fouquet
Lundi, 25 mai 2026
Le vivre-ensemble, le CH et notre moi intérieur…

La formation professionnelle : un tremplin vers une carrière florissante Par L'Effet FP Estrie Jeudi, 21 mai 2026
La formation professionnelle : un tremplin vers une carrière florissante
STEBUC la 13e édition approche à grands pas Par Martin Bossé Vendredi, 22 mai 2026
STEBUC la 13e édition approche à grands pas
Accident mortel impliquant une moto à Magog Par Martin Bossé Mardi, 19 mai 2026
Accident mortel impliquant une moto à Magog
Quoi faire ce weekend en Estrie ? Par Catherine Blanchette Vendredi, 22 mai 2026
Quoi faire ce weekend en Estrie ?
Une suspecte arrêtée dans une affaire de fraude téléphonique à Sherbrooke Par Martin Bossé Jeudi, 21 mai 2026
Une suspecte arrêtée dans une affaire de fraude téléphonique à Sherbrooke
Québec accorde près de 195 000 $ aux clubs de VTT de l’Estrie Par Martin Bossé Jeudi, 21 mai 2026
Québec accorde près de 195 000 $ aux clubs de VTT de l’Estrie
ACHETEZ EstriePlus.com
bannières | concours | répertoire web | publireportage | texte de référencement | site web | vidéos | chroniqueur vedette
2026 © EstriePlus.com, tous droits réservés | Contactez-nous