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Dénoncer pour la cause

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Sarah Pomar Chiquette Par Sarah Pomar Chiquette
spomarchiquette@estrieplus.com
Jeudi 11 septembre 2014

Pour le dossier spécial sur l'acceptation de l'homosexualité à Sherbrooke en 2014, EstriePlus a souhaité s'entretenir avec l'un des plus grands pionniers de la lutte contre l'homophobie au Québec, Laurent McCutcheon.

Ardent défenseur d'une égalité de droits et d'une égalité sociale pour les personnes LGBT, il est devenu président de Gai Écoute en 1982 et il a mis sur pied en 2000 la Fondation Émergence qui lutte contre l'homophobie. Son travail lui a valu le prix Droits et Libertés du Québec en 2007 ainsi que le Prix de la justice du Québec en 2010. Il a récemment écrit un rapport qui présente les principaux résultats du registre des actes homophobes (RAH), un programme de Gai écoute.

Les actes homophobes sous-représentés
L'analyse du RAH témoigne du travail qu'il reste à faire quant à l'acceptation des personnes homosexuelles au Québec. L'étude, qui s'est déroulée sur une période de dix-huit mois, a recueilli 256 déclarations de manière anonyme et confidentielle par l'entremise de l'organisme Gai Écoute. La conclusion de ce rapport est sans équivoque : « l'hypothèse de sous-représentation des actes homophobes s'avère fondée. Comme le démontre le Registre des actes homophobes, il y a effectivement beaucoup plus d'actes homophobes déclarés de manière anonyme que d'actes rapportés dans les rapports d'institutions compétentes », pouvons-nous lire dans le rapport.

Des chiffres révélateurs
Les données présentées dans le RAH démontrent l'importance de se pencher sur le sujet. Parmi les 256 déclarations analysées, « les victimes d'actes homophobes sont en grande majorité de genre masculin. Les femmes et les transgenres en sont également victimes, mais les statistiques démontrent que les victimes sont majoritairement des hommes adultes. Ce sont également eux qui sont le plus souvent victimes d'actes homophobes violents. De plus, les comportements homophobes sont davantage à caractère discriminatoire qu'à caractère criminel.

Les agresseurs sont en grande majorité de genre masculin et adultes. Le plus souvent, les agresseurs sont seuls, même si dans certains cas ils sévissent en groupe. Dans 24 % des cas, les actes se traduisent par des insultes, suivies de près par des gestes et moqueries, puis par de l'intimidation et du harcèlement.

Parmi les types d'actes homophobes à caractère criminel qui ont été répertoriés dans le RAH, les violences verbales et les menaces sont les plus souvent fréquents suivis par les violences physiques dans 17 % des cas.

Ne jamais garder le silence
Le message que souhaite passer M. McCutcheon à travers le registre, c'est l'importance de déclarer les actes homophobes, et ce, dans le dessein de freiner les agresseurs, voire d'enrayer le phénomène. « Trop souvent les gens se font maltraiter en raison de leur orientation sexuelle et ils ne disent pas un mot. Pourquoi? Il ne faut surtout pas garder le silence. On ne doit pas accepter ces propos ou ces gestes si l'on souhaite réellement changer le cours des choses », insiste l'auteur. « Il faut réagir et dénoncer soit à la police ou à la commission des droits de la personne », ajoute-t-il. Dans le rapport, on indique que seulement 23 % des répondants ont déposé une plainte.

De nombreuses instances ont les compétences nécessaires pour recevoir les plaintes d'homophobie, notamment le service de police de votre ville, Infocrime Montréal/Québec, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, la Commission canadienne des droits de la personne et les écoles. Pour avoir la liste exhaustive rendez-vous à la p.27 du rapport disponible sur le site de Gai Écoute.

Pas de préjugés à la naissance
Il faudra continuellement sensibiliser les citoyens pour encourager l'acceptation des différences, constate M. McCutcheon. Selon ce dernier, cette sensibilisation doit commencer plus tôt dans la vie des enfants : « Si les jeunes n'étaient pas témoins d'actes homophobes et si on leur disait que c'était beau de voir deux hommes ou deux femmes s'embrasser, il n'y aurait pas toute cette sensibilisation à faire. Les enfants n'ont pas de préjugés à la naissance. Ils sont le reflet de leur éducation. Si on commence très tôt à parler de la réalité de la vie, je pense qu'il y aura beaucoup moins d'homophobie dans la société », soutient-il.

À savoir si le travail de sensibilisation est plus criant dans les milieux ruraux, l'auteur estime que non : « Aujourd'hui les moyens de communication permettent de partager l'information à l'ensemble des citoyens. Que l'on vive dans une grande, moyenne ou petite ville, nous avons sensiblement la même éducation et la même perception », pense-t-il.

Il y a néanmoins des différences notables dans la manière de vivre son homosexualité selon la densité démographique de la ville : « dans les grands centres, les homosexuels se permettent d'être visibles ce qui favorise leur acceptation. Alors que dans les plus petites villes, comme Sherbrooke, les personnes homosexuelles sont beaucoup plus discrètes », les regards se font alors plus persistants. Le degré d'acceptation ne diffère pas nécessairement, mais la perception est distincte, conclut Laurent McCutcheon.


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