Société Arts & culture Sports Chroniqueurs Concours Annonces Classées

  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Le revers de la main

 Imprimer   Envoyer 
François Fouquet Par François Fouquet
Lundi 9 mai 2022

La main est un outil fabuleux. Je bricole un peu et je constate, dans mon atelier, que ça en prend, des outils, pour reproduire ce que la main peut faire! Les outils développés permettent d'appliquer beaucoup plus de force, mais un geste à la fois.

Capable de dextérité fine, la main est reliée à un cerveau qui ajuste en temps réel les mouvements, en plus de les enregistrer au point où ceux-ci s'expriment même en mode réflexe. 

Fascinant, dirait Charles Tisseyre.

Si la main est fascinante, son revers est plus grossier pas mal. À peu près aucune dextérité et une délicatesse très relative au menu.

Je pensais à la main, ce matin, en consultant les journaux du jour.   

La main de la maman, en cette fête des Mères, qui peut tout accomplir et tout réparer. La main qui, par ses gestes, semble savoir et comprendre ce qu'il faut faire.

Et quand une maman balaie un sujet du revers de la main, généralement, le débat est clos.

Donc, en lisant mes journaux du jour, je me disais ceci : en politique comme en société, on a besoin de mains, pas tant de revers de main.

L'attrait pour le revers

Je lisais un compte-rendu du discours de Pierre Poilievre à Lévis. Poilievre est un adepte incontesté du revers de la main. « On n'a pas besoin de propagande libérale de gauche payée par les contribuables », s'exclame-t-il en parlant de son intention de soustraire 1milliard de dollars de financement à Radio-Canada.

Et les gens applaudissent.

Le revers de la main, c'est ça. C'est plaider la liberté totale de chaque individu, quitte à insulter et dénigrer tous les autres. Dans ce cas, tous les journalistes. D'ailleurs, Poilievre n'accorde pas d'entrevues. C'est annoncé au départ. Aucune raison de parler à un menteur manipulé, non?

Ça me fait peur.

Peur parce qu'à force de varger comme ça, c'est le sens critique qu'on étouffe.

En même temps, je peux comprendre que les gens soient attirés par ce qu'ils appellent le « franc parler » des Trump et Poilievre. Je comprends qu'ils sont tannés de l'autre revers de la main servi par tant d'autres politiciens qui, depuis des décennies, répètent les mêmes phrases creuses pour se faire élire. Ces politiciens qui, au nom de leur réélection, ont tant et tant « surfé » sur la vague des sondages, laissant de côté la notion de plan de société étoffé.

Ce qui me fait dire que le dernier mandat gouvernemental vraiment utile et structuré qu'on a eu, au Québec, remonte à 1976-1981.

Alors, que les gens soient tannés, soit.

Mais au point de ne pas faire de nuances par rapport aux affirmations grossières et aux phrases choc répétées ad nauseam d'un Popilievre ou d'un Trump? Au point de ne pas voir qu'il joue exactement la même carte des phrases choc sans autres explications? Isssshhhhh...

Les mains au pouvoir

Je reviens à la main. Celle qui construit. Qui agit avec dextérité. Celle qui est reliée à un cerveau capable de trier et de nuancer les décisions et les gestes à poser.

L'ère dans laquelle nous vivons est complexe. Une ère qui mérite bien mieux que de grands coups de revers de main.

On ne sait plus débattre au Canada. C'est probablement pire au Québec. S'arrêter à des idées choc sans se soucier des conséquences qui découleront, c'est dangereux. Plaider pour la liberté totale de chaque individu sans se soucier des responsabilités que chacun a quand il vit en société, c'est dangereux.

Mais on ne peut rien demander à Poilievre, le revers de sa main a balayé la table où siégeaient les journalistes. Un revers de la main qui équivaut à dire : « ce que je dis est vrai et vous devez me croire. Le reste n'est que manipulation ou fake-news ».

Le revers de la main balaie tout. Sans nuances.

Dans ce cas, comme au sport, un revers n'est jamais un gain...

 

Clin d'œil de la semaine 

Poutine est en guerre en Ukraine pour rétablir des libertés...


  A LIRE AUSSI ...

La police et l’urgence comme arme ultime

Lundi 12 janvier 2026
La police et l’urgence comme arme ultime
Le feu de paille et la braise

Lundi 19 janvier 2026
Le feu de paille et la braise
Navigation 101

Mardi 27 janvier 2026
Navigation 101
NOS RECOMMANDATIONS
Nordia met à pied 77 salariés à Sherbrooke

Jeudi 5 février 2026
Nordia met à pied 77 salariés à Sherbrooke
Paramédics de l’Estrie : la mobilisation se poursuit

Vendredi 6 février 2026
Paramédics de l’Estrie : la mobilisation se poursuit
Une fin de saison serrée dans la Ligue régionale de hockey

Lundi 2 février 2026
Une fin de saison serrée dans la Ligue régionale de hockey
PLUS... | CONSULTEZ LA SECTION COMPLÈTE...

 
François Fouquet
Lundi, 9 février 2026
Sorties de route

Quartier des Tisserands : les citoyens de Magog invités à participer à un sondage Par Martin Bossé Lundi, 2 février 2026
Quartier des Tisserands : les citoyens de Magog invités à participer à un sondage
Sherbrooke souligne pour la première fois le Mois de l’histoire des Noirs Par Martin Bossé Mardi, 3 février 2026
Sherbrooke souligne pour la première fois le Mois de l’histoire des Noirs
Trois figures de l’Université de Sherbrooke honorées par la France Par Martin Bossé Vendredi, 6 février 2026
Trois figures de l’Université de Sherbrooke honorées par la France
Une fin de saison serrée dans la Ligue régionale de hockey Par Martin Bossé Lundi, 2 février 2026
Une fin de saison serrée dans la Ligue régionale de hockey
Les paramédics de l’Estrie interpellent la ministre de la Santé à Sherbrooke Par Martin Bossé Vendredi, 6 février 2026
Les paramédics de l’Estrie interpellent la ministre de la Santé à Sherbrooke
Bourses aux artistes : Sherbrooke dévoile les lauréats Par Martin Bossé Mercredi, 4 février 2026
Bourses aux artistes : Sherbrooke dévoile les lauréats
ACHETEZ EstriePlus.com
bannières | concours | répertoire web | publireportage | texte de référencement | site web | vidéos | chroniqueur vedette
2026 © EstriePlus.com, tous droits réservés | Contactez-nous