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  VOYAGES GASTRONOMIE / Découvrir le monde

David Beaulieu, passionné des voyages « sac à dos »

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David Beaulieu Par David Beaulieu
Lundi 27 octobre 2014

Bonjour, chers lecteurs! Je suis David Beaulieu, 31 ans, fier citoyen estrien, enseignant de géographie et d'histoire au secondaire, et globetrotteur depuis 15 ans.

En effet, en cumulant mes voyages, j'ai passé plus de quatre ans à l'étranger... dans environ 70 pays! Nul besoin de mentionner que mon humble salaire y passe presque en entier. Depuis mon enfance, je suis fasciné par les différents peuples et cultures de notre planète, la végétation aussi, les formations géologiques, les animaux terrestres et marins, les villes, les montagnes, les déserts... Bref, je suis un curieux de première! Et ce que j'aime également, c'est pouvoir partager ce que je découvre avec mes contemporains. 
J'ai fait plusieurs types de voyages : intégration internationale, aide humanitaire, étude-terrain, pèlerinage et voyage « sac à dos » ou « backpack » que j'affectionne tout particulièrement. Dans chacune de mes chroniques, je vous ferai découvrir une région particulière de notre Terre, en espérant vous donner le goût de l'explorer par vous-même. Je vous donnerai éventuellement des conseils avisés dans le but de mener à bien vos projets d'exploration de notre belle planète.  

J'aimerais débuter avec une région que j'ai visitée cet été : le Ladakh, en plein cœur des montagnes himalayennes dans le Cachemire, tout au nord de l'Inde, à la frontière du Tibet (Chine) et du Pakistan. C'est un endroit, si l'on remonte aux années 1960-70, où régnait une guerre territoriale, ce qui explique la forte présence militaire actuelle. Ne nous alarmons pas, c'est une région fantastique et sécuritaire, depuis récemment, prisée pour le tourisme d'aventure. En effet, les voyageurs sont généralement présents tout au long de l'année, mais la haute saison touristique est courte (de la fin juin au début août). Il est facile de comprendre pourquoi l'été est si attirant au Ladakh : c'est un temps assez chaud, mais pas trop (entre 15 et 30 degrés Celsius dans les vallées), c'est ensoleillé et sec... voire désertique. Il y a des vallées bien irriguées et vertes, alimentées par la fonte des neiges éternelles provenant du sommet des pics de 5000 à 7000 mètres d'altitude. De vraies oasis porteuses de vie qui contrastent largement avec les montagnes hostiles, rocheuses et arides environnantes. 

En regardant plus attentivement ces majestueuses formations, on comprend pleinement notre humble situation d'humains face à la force terrestre. Chaque fois que j'ai eu la chance de me rendre en ces terres, occupées majoritairement par des bouddhistes tibétains, je me suis fait la réflexion : « On dirait la Terre mise à nue... on la voit vivante! En pleine création. » Effectivement, le paysage est forgé par la péninsule indienne qui entre en collision avec la plaque eurasienne depuis 70 millions d'années et qui la plisse jusqu'à former cette chaîne.

J'y suis allé avec ma conjointe Marie-Christine et notre ami Samuel, du 25 juillet au 9 août, durant un périple un peu plus long en Inde. Nous sommes arrivés à partir de Delhi par avion dans la belle petite ville de Leh (3500 m), capitale de la région qui donne sur la source du fleuve Indus. J'avais réservé une auberge gérée par une famille super sympathique qui a facilité plusieurs fois l'organisation de nos transports vers les merveilleuses vallées et temples tibétains des environs. Durant les deux premières journées, nous sommes restés plus tranquilles dans le but de laisser notre corps s'adapter à l'altitude : c'est primordial si on veut éviter le mal aigu de l'altitude (SAS). 
Nous avons bien vu ces deux jeunes Allemands adeptes de « cross fit » faire fi de ce judicieux conseil et souffrir de forte fièvre les jours suivants. Je ne conseille pas les comprimés de « diamox » en prévention que les pharmaciens suggèrent, car ils donnent des effets secondaires très indésirables... le temps arrange si bien les choses. Nous avons ensuite loué des scooters et sommes partis explorer les hauts lieux de méditations bouddhistes qui venaient de recevoir la visite du Dalaï-Lama deux semaines auparavant. Nous avons eu la chance d'assister à une cérémonie de mantras où la communauté monastique y scandait et chantait des prières à l'univers. Les routes sont vraiment bien entretenues pour permettre les déplacements de l'armée indienne dans cette zone assez isolée, ce qui permet de se déplacer de façon autonome partout sans faire partie de tours organisés. Contrairement à bien d'autres régions en Inde, la grande partie des jeunes Ladakhi vont à l'école, et nous avons été surpris de voir que ce sont les camions de l'armée qui servent d'autobus scolaire! 
Quelques jours plus tard, j'ai visité le lac Pangong Tso (4100 m) : bijou à l'eau cristalline... salée! Le paysage surréaliste vaux les 7 heures de jeep sur des routes en tête d'épingle qui gravissent le col de Chang La (5100 m) et le redescende jusqu'à la frontière chinoise... Les trajets dans cette région sont à couper le souffle (que ceux qui ont le vertige tentent de dormir... ça vaut mieux). En passant par la Vallée de la Nubra, nous sommes arrêtés dans un temple juché dans le haut d'une gorge, il y avait un immense Bouddha couleur or de plus de 20 mètres de haut, ainsi que des chameaux afghans, vestiges de l'ancienne route des épices qui passait par là... Maintenant, ils ne transportent plus de marchandises, mais les chameliers se font un certain bénéfice en offrant des tours dans le micro désert de dunes de Hunder. En descendant la rivière Shyok, nous nous sommes rendus jusqu'à la frontière du Pakistan, dans un village idyllique : Turtuk. Avec plusieurs bras d'une rivière qui passent au travers des petites maisons de pierres, de beaux champs d'orge en amont et une population accueillante et souriante, Turtuk est un paisible endroit qui donne envie de s'y installer.

Après avoir fait 30 km de rafting sur la rivière Zanskar, nous sommes partis dans des sentiers moins balisés pour un petit trek de 3 jours. C'est là où je me suis senti le plus près du peuple Ladakhi, dans leurs maisons d'hôte, leurs champs, leurs cuisines. J'y ai rencontré des gens fiers de leur région, de leur culture, de leurs traditions. Les journées étaient ardues jusqu'au col de 5000 mètres qui nous attendait... Il fallait marcher et respirer lentement pour ne pas déclencher le mal de tête précurseur du mal de l'altitude. Le matin, nous voyions des yaks et des marmottes qui saluaient notre passage. De retour dans la vallée de l'Indus, J'ai visité le merveilleux monastère de Likir, où des moines travaillaient avec minutie sur une œuvre religieuse... en grains de sable de différentes couleurs, les laissant tomber un par un pour créer des motifs complexes.

Bref, le Ladakh est une région grandiose, peu connue des Québécois, mais mérite de l'être davantage! Je vous souhaite un excellent périple! À la semaine prochaine.

David Beaulieu    


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