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Vincent Lambert Par Vincent Lambert
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Mercredi, 13 septembre 2017

Coupe Stanley 1946 : un voyage dans le temps avec Gerry Plamondon



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Gerry Plamondon est le seul joueur encore vivant ayant vécu la conquête de la Coupe Stanley en 1946.

Il s'en est passé des choses dans le monde du hockey depuis 1946, année où les Canadiens de Montréal soulevaient la coupe Stanley pour la sixième fois de leur histoire. Près de 71 ans plus tard, Gerry Plamondon est maintenant le doyen de cette conquête et continue de représenter ses anciens coéquipiers par ses histoires et sa joie de vivre.

Rencontrer le Sherbrookois Gerry Plamondon, âgé maintenant de 93 ans, c'est faire un retour dans le passé où les voyages dans la Ligue nationale de hockey (LNH) se faisaient en train et où on pouvait compter seulement six équipes. L'ancien attaquant des Canadiens de Montréal est le seul joueur encore vivant ayant vécu la conquête de la Coupe Stanley en 1946.

« Je suis le dernier survivant de tous les anciens, rappelle Gerry Plamondon. Ça me fait plaisir et je peux représenter les gars, sourit-il. On était une famille dans le temps, on voyageait en train et tu jouais presque en famille. Tous les joueurs se connaissaient et on était intime. »

La carrière de Gerry Plamondon lui aura permis de côtoyer les Maurice Richard, Bill Durnan, Émile Bouchard, Elmer Lach, Hector Blake, et la liste s'étire encore. Si les souvenirs sont nombreux, celui qu'il affectionne particulièrement est cette conquête de 1946 contre les Bruins de Boston. « Mon plus beau souvenir, c'est lorsqu'on a gagné la coupe Stanley, lance-t-il avec le sourire. Il y a aussi lorsque j'ai gagné la coupe Allan avec mon équipe sénior. Ça s'était décidé en sept parties contre Ottawa. Il y avait de bons clubs dans le temps », raconte-t-il.

Lorsqu'il était encore à l'école à 17 ans, Gerry Plamondon a plié bagage vers Montréal pour poursuive sa carrière de hockeyeur, qui avait commencé ici, à Sherbrooke. « J'ai commencé à jouer au hockey au parc Dufresne et ensuite sur les patinoires dehors, se souvient-il. J'ai continué à jouer lorsque j'étais à l'école Saint-Jean-Baptiste. On avait un bon club et on jouait entre les écoles. J'ai monté par la suite sénior et je suis parti pour Montréal, où il y avait le Canadien junior. J'ai monté tranquillement pas vite », note celui qui a eu pour idole de jeunesse, Howie Morenz.

Une première opportunité avec le grand club

À l'époque, il était difficile pour un Canadien français de jouer dans la Ligue nationale. Pourtant, Gerry Plamondon y est arrivé et a joué plusieurs matchs avec les Canadiens, suite à une blessure à Hector « Toe » Blake. Il s'est donc retrouvé sur la même ligne que Maurice «Rocket» Richard. Sa carrière lui aura permis de disputer 74 matchs de saison régulière et onze de séries éliminatoires.

« La ligne était très rapide et le Rocket avait une seule chose en tête : aller au but, explique-t-il. Il était fort et des fois, il traînait deux ou trois gars sur lui. J'étais un bon joueur, mais je jouais plutôt défensif sur la ligne de Richard. Dans le temps, il n'y avait pas beaucoup de clubs. Il y avait six équipes. Les Canadiens français jouaient pour Montréal ou ne jouaient pas du tout. Ce n'était pas comme aujourd'hui. Il fallait attendre que quelqu'un se brise une jambe pour avoir sa chance. On était 15 joueurs dans le temps. On avait trois lignes, quatre défenseurs, un gardien de but et un substitut. »

Questionné à savoir quel joueur était le plus difficile à affronter, Gerry Plamondon n'hésite pas à mentionner Ted Lindsay. « À six équipes, on se connaissait, confie-t-il. On ne se parlait pas, mais on se connaissait. Il n'y avait pas de fraternisation. Ted Lindsay était difficile à affronter. Il était détestable, s'exclame-t-il en riant. En 1949, on était en séries de la Coupe Stanley et Lindsay avait atteint [Doug] Harvey dans les côtes. Il lui en avait cassé deux. La partie suivante, Harvey l'a frappé derrière le but et lui a cassé le poignet. On pensait donc s'en être débarrassé, mais à l'autre partie, il était là avec un plâtre et jouait », se souvient-il.

Quant à Dick Irvin, l'entraîneur de l'époque, Gerry Plamondon affirme pour dire qu'il était dur à l'endroit des joueurs. « Dick Irvin parlait anglais, mais il comprenait le français, indique-t-il. Il était dur, mais ce n'était pas un méchant gars. On devait se peser avant chaque pratique et si tu prenais une livre, tu étais mis à l'amende. Butch [Émile Bouchard] avait de la misère. Il était un gros gars. C'était un bon coach, mais on ne peut pas dire que c'était un ami. Tu joues pour gagner. »

Même si son dernier match de hockey remonte à bien longtemps, M. Plamondon suit encore beaucoup ce sport. « Je suis encore le hockey, assure-t-il. Toutes les années, je vais voir les Canadiens. Chaque septembre, on a l'assemblée des Anciens. On a un souper et on va à la partie. Le hockey n'est pas la même chose. On avait plus de manipulation du hockey. Aujourd'hui, les joueurs lancent dans le fond et vont chercher la rondelle. On avait la ligne rouge et c'était donc plus difficile. Notre dicton était de contrôler la rondelle et d'aller vers l'avant. »

Une intronisation au Panthéon des sports

Le 20 septembre prochain, Gerry Plamondon sera intronisé au Panthéon des sports de Sherbrooke avec plusieurs autres athlètes. En plus d'avoir joué avec les Canadiens, M. Plamondon a aussi été entraîneur pendant huit ans pour plusieurs équipes.

« Je suis très enchanté, confie-t-il. C'est un honneur. Surtout que je suis né à Sherbrooke et j'ai commencé au parc Dufresne et après j'ai déménagé dans l'est. Ensuite, j'ai toujours demeuré sur la rue Saint-Michel. »

Malgré ses 93 ans, l'ancien joueur des Canadiens illustre la joie de vivre. Il se tient actif en travaillant au magasin de son fils et en faisant quelques séjours en Floride. « Je me tiens actif en travaillant et j'aime bien la nage, admet-il. Sinon je raconte des histoires et je marche autour de la maison », conclut-il avec le sourire.

 

Crédit photo: famile de Gerry Plamondon


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