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  CHRONIQUEURS / Être LGBTQ+ en Estrie

Viser l’originalité, pas la similarité

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Photo : Vivre un coming out en région ou dans une grande ville, tout dépendant de notre contexte familial, social et politique, peut être vécu différemment. - Sarah Beaudoin
Sarah Beaudoin Par Sarah Beaudoin
Vendredi 26 avril 2019

Lorsque des projets LGBTQ+ fonctionnent dans certaines villes, on a tendance à les reproduire dans d'autres villes en ne prenant pas nécessairement en compte les différences en lien avec la disposition géographique du territoire, les difficultés différentes éprouvées en lien avec l'exposition de son orientation sexuelle ou de son identité de genres et le public cible.

D'une part, il est clair que la disposition géographique et l'organisation du territoire dans lequel nous voulons organiser des projets et créer des lieux LGBTQ+ influence grandement les possibilités d'action et l'impact sur la clientèle LGBTQ+. C'est pour cette raison qu'un village gai, par exemple, n'aurait pas nécessairement de pertinence à Orford. Toutefois, comme on sait de source sûre que l'isolement est une grande problématique pour les personnes LGBTQ+ dans les petites villes et villages, il serait super pertinent de créer des projets permettant de garder une ambiance régionale tout en brisant l'isolement et en créant des liens avec d'autres petites villes et villages, étant donné que celles-ci manquent également souvent de ressources pour de tels projets.

Vivre un coming out en région ou dans une grande ville, tout dépendant de notre contexte familial, social et politique, peut être vécu différemment. Outre le contexte familial, qui appartient à l'individu vivant cette réalité, ceux et celles désirant organiser des projets et événements doivent aussi prendre en compte le contexte social et politique dans lequel la personne se trouve. En effet, avant de présenter un projet, aussi merveilleux soit-il, posez-vous les questions suivantes :

Ais-je besoin de sensibiliser les gens de ma ville/village sur les réalités LGBTQ+ avant de présenter ce projet ?

Tout dépendant du niveau d'acceptation sociale des personnes LGBTQ+ et de l'objectif de l'activité en soi:

Devrais-je donner l'option aux personnes LGBTQ+ de donner leur anonymat à l'activité ? Si oui, comment est-ce que je m'y prends ?

Finalement, il est important de se questionner sur le public cible, mais également sur les caractéristiques démographiques des personnes habitant la ville ou le village dans lequel nous voulons organiser notre activité. Par exemple, les régions semblent avoir une bonne proportion de personnes âgées et de familles, une population vivant toutes deux le coming out de façon très différente. Ces deux types de population peuvent également avoir des informations différentes sur la diversité, compte-tenu du fait que les réalités LGBTQ+ n'étaient pas vécues autant dans l'acceptation lorsque les personnes plus âgées, par exemple, se questionnaient sur leur sexualité et/ou leur identité de genres. Également, de jeunes enfants qui se questionnent sur leur sexualité, comparés à de jeunes adultes par exemple, font face à des défis très différents, comme l'acceptation de son identité par ses parents et sa famille.

Le plus important dans tout ça ? S'assurer qu'un événement créé pour le bien des personnes LGBTQ+ ne nuisent pas aux autres luttes LGBTQ+. Je pense ici aux événements qui exclu les personnes trans en assumant que l'identité de genres d'une personne est déterminée par ses organes génitaux ou son sexe biologique, ainsi qu'aux événements ne présentant pas de réalités de personnes LGBTQ+ racisées lorsque cette représentativité est nécessaire. Au-delà de ces réalités, il y en a tellement!

On peut penser aussi au besoin de représenter les corps de femmes et d'hommes de façon réaliste en s'assurant de créer une activité ne nuisant pas à la promotion d'une image corporelle saine. Il est important de s'assurer que, lorsqu'on organise un événement de sensibilisation, on ne pense pas uniquement aux personnes vivant la même oppression que la nôtre.

Sarah Beaudoin
Présidente chez Sarah Beaudoin communications

 


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