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CHRONIQUEURS / L'Agora
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau

Mercredi, 24 septembre 2014

La rue



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Au-delà de sa signification propre, la rue dans son sens figuré fait appel à la notion de milieux populaires et de leur soulèvement possible.

Lors de la campagne électorale de 2012, le premier ministre d'alors, Jean Charest, en avait parfaitement bien utilisé le sens figuré en opposant la rue à l'ordre et à la stabilité qu'il représentait comme principal enjeu de la campagne électorale qu'il perdit par peu de votes.

L'avènement de la démocratie et plus précisément de l'ordre démocratique libéral est lié étroitement à la volonté des gouvernants de toutes les époques de circonscrire les masses jugées dangereuses. Toute l'histoire des démocraties peut s'expliquer par la lutte constante entre l'autorité et le consentement. La rue est aujourd'hui un enjeu fondamental pour le gouvernement libéral de Philippe Couillard. Les milliers de personnes qui se sont rassemblés ce weekend dans les rues de Montréal pour faire échec à la loi 3 sur les régimes de retraite des employés municipaux annonce-t-il le début d'un long automne chaud? Que représente la rue dans notre vie démocratique moderne? Tentative de réponse.

L'avènement de l'ordre démocratique

Le politologue français Dominique Reynié a publié en 1998 une excellente étude sur la construction de l'espace public français du XVIe au XXe siècle. Dans cet ouvrage, un classique, il met à jour les métamorphoses décisives de l'État français qui explique les fondements de l'ordre public démocratique. La foule est devenue le public, la place publique a été remplacée par l'espace public alors que l'action des foules a fait place à l'opinion publique. On constate que la maîtrise de la foule, la peur de la désobéissance et du soulèvement ainsi que l'État de droit sont les véritables fondements de notre vie démocratique. Le gouvernement représentatif ne peut gouverner avec la rue même s'il doit en tolérer l'existence au nom même des principes démocratiques qui fondent sa légitimité. Que se passe-t-il alors quand les débordements de la rue interfèrent dans la mécanique de notre vie démocratique?

Le souvenir d'un printemps érable

Nous avons tous en tête les images fortes du printemps érable. Ce désordre et cette casse qui ont bouleversé l'ordre des choses, transformé nos vies et sonné le glas de la légitimité du gouvernement libéral de Jean Charest. De nombreux livres ont été écrits sur ce sujet. Le printemps érable, comme nous avons baptisé cet événement, fait encore l'objet de maintes analyses. Depuis, les étudiants sont rentrés au bercail, les frais de scolarité ont été indexés et les universités sont toujours aussi mal financées qu'à l'époque, si ce n'est pire. Ce qui a vraiment causé la perte du gouvernement de Jean Charest ce n'est pas tant la révolte étudiante que sa perte de légitimité auprès de l'électorat québécois. Cela cependant ne suffit pas à épuiser l'explication. Il y a quelque chose de plus profond. Il y a une maladie encore bien plus grave que l'incompétence ou l'insensibilité alléguée d'un gouvernement tout libéral qu'il puisse être, il y a la perte d'estime de la population envers l'État de droit...

La fin de l'État de droit?

En 2014, Frédéric Bérard a publié chez XYZ éditeur « La fin de l'État de droit? » Dans cet opuscule de 160 pages, l'avocat et politologue s'interroge sur les violations nombreuses aux principes de l'état de droit. Sa thèse est que tout cela a eu lieu dans une indifférence générale et souvent même assumée. Dans un État de droit, nous dit avec grande pertinence l'auteur, « ces accrocs sont parfois mineurs, parfois importants, toujours dangereux » (p. 143), Frédéric Bérard s'insurge donc contre ces accrocs qui « ... sont représentatifs, voire symptomatiques d'une idéologie pour le moins méprisable : celle qui vise à nier l'importance de la primauté du droit sur le plan démocratique. Comme si cette même démocratie pouvait subsister adéquatement sans règles de jeu, sans le respect de celles-ci. » (p. 143).

La démocratie, comme l'affirmait Albert Camus, n'est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité. On ne peut faire fi des règles de l'État de droit selon l'humeur du moment où encore selon les intérêts qui sont en cause. C'est ce qui a motivé mon opposition à la loi 178 du gouvernement Charest que j'avais vigoureusement dénoncée. Il faut dire que j'ai dû en payer un fort prix tant en amitié qu'en réseautage. Tout cela parce que j'avais clamé haut et fort mon attachement aux valeurs de l'État de droit que sont les droits et libertés individuelles. Aujourd'hui encore, je crois fermement que l'on ne peut traiter à la légère les droits et libertés des citoyens qui sont à la source de l'État de droit qui constitue l'armature essentielle de notre vie démocratique. C'est pourquoi il faut dénoncer la violation et les accrocs commis par les gouvernements ou les acteurs de la société civile contre les fondements de notre vie démocratique commune. C'est notre devoir si l'on veut vivre dans une démocratie libérale. Cela suppose aussi la responsabilité de chaque citoyen dans ses combats contre l'État et ses représentants élus. Il faut de la mesure tant dans les gestes que dans le langage.

La fin ne justifie pas les moyens

Ces jours-ci, plusieurs ont de bonnes raisons d'être en colère contre le gouvernement libéral de Philippe Couillard à commencer par les employés municipaux visés par la loi 3. Loin de moi l'idée de trouver inapproprié les manifestations de colère de ces gens dans nos rues. La liberté d'expression est fondamentale et chacun d'entre nous a le droit de faire entendre ses revendications. Il y a cependant la manière. Les images d'un hôtel de ville assiégée comme nous avons pu voir à Montréal dépassaient l'entendement et n'avaient pas leur place dans une société démocratique comme la nôtre. Il faut mettre dans le même panier les propos de Marc Ranger annonçant que « l'on va foutre le bordel » dans nos vies.

Malgré les menaces à peine voilées de ce leader syndical, il ne faut pas perdre de vue l'essentiel. Ce n'est pas la rue qui gouverne et ce ne doit pas être la rue. La rue protège rarement les minorités et encore moins l'intérêt supérieur. La rue c'est un tribunal populaire et un déchaînement de passions désordonnées. Il faut plutôt encourager le dialogue démocratique qui est la seule véritable alternative à la rue. Que le gouvernement de Philippe Couillard en prenne note... sinon ce sera la rue qui reprendra l'initiative!

Lectures recommandées :

Frédéric Bérard, La fin de l'État de droit?, Montréal, XYZ éditeur, 2014, 162 p.

Francis Dupuis-Dery, À qui la rue? Répression policière et mouvements sociaux, Montréal, Éditions, 2013, 276 p.

Dominique Reynié, Le triomphe de l'opinion publique. L'espace public français du XVIe au XXe siècle, Paris, Éditions Odile Jacob, 1998, 351 p.


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