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CHRONIQUEURS / L'Agora
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau

Mercredi, 17 février 2016

L’échec du Québec inc.



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Si l'on pense à Jacques Parizeau et au mot échec dans la même phrase, je parie que la majorité des gens informés penseront au référendum de 1995 perdu par les partisans de Jacques Parizeau par la faible marge de 54 288 voix. Pourtant, le plus grand échec de Jacques Parizeau est ailleurs.

Il y a quelques semaines, nous avons appris la vente volontaire du fleuron de la quincaillerie québécoise Rona à l'américaine Lowe's. La plupart des observateurs craignent que cette acquisition américaine de l'un des fleurons de l'économie québécoise ne soit que la première d'une série étant donné l'appréciation de la valeur du dollar américain eu égard à la valeur du dollar canadien qui avoisine les 71 cents par les temps qui courent.

S'il est vrai que l'acquisition de Rona par le géant américain Lowe's s'explique par la faiblesse du dollar canadien et par des erreurs stratégiques de la direction de Rona, il n'en demeure pas moins que cela illustre de façon spectaculaire l'échec de Québec inc., le projet le plus central à l'œuvre de Jacques Parizeau pour le Québec.

Une transaction d'affaires...

Si l'on prend la peine de lire les déclarations des observateurs et commentateurs de l'économie et de la classe politique en marge de la transaction entre Rona et Lowe's, on prend rapidement connaissance que le monde est divisé en deux camps. Pour les libéraux de Philippe Couillard et de nombreux commentateurs, cette transaction est normale dans un monde où les entreprises québécoises font des acquisitions à l'étranger pour se développer. Si nous faisons des acquisitions, on doit accepter aussi les règles de jeu implicites qui font que nos entreprises aussi peuvent faire l'objet d'acquisitions. Bref, une transaction d'affaires normale.

Pour d'autres, notamment les chefs de l'opposition à Québec, Pierre Karl Péladeau et François Legault cette transaction est mauvaise pour l'économie du Québec et le gouvernement devra tout faire pour bloquer cette transaction qui met en péril le développement de notre économie ainsi que de nombreuses petites entreprises qui sont des fournisseurs de Rona. On demande au gouvernement du Québec de se servir de la Caisse de dépôt et placement du Québec pour faire échouer cette transaction. Ce qui n'adviendra pas puisque Michael Sabia, président-directeur général de la CDPQ, juge cette transaction bonne pour la Caisse et bonne pour le Québec. Il faut dire que le prix payé par Lowe's pour les actions de Rona est près du double de sa véritable valeur. Ce qui signifie des revenus appréciables pour les quelque 18 % de capital-action de la CPDQ chez Rona.

Bon ou mauvais pour l'avenir...

Bien sûr, sauf pour la nouvelle ministre de l'Économie de la Science et de l'Innovation, Dominique Anglade, cette transaction est préoccupante pour l'avenir de l'économie du Québec. Le siège social et la sphère d'influence de cette importante chaîne de quincailliers migrent au sud de nos frontières, la coexistence de grandes surfaces et de petits quincailliers dans la nouvelle structure de Lowe's n'est pas une partie gagnée d'avance et il serait étonnant, une fois la valeur de notre dollar appréciée par rapport au dollar américain, que le siège social américain favorise les produits québécois dans sa chaîne d'approvisionnement de produits. À court terme, nous pourrions avoir un avantage, mais c'est loin d'être certain que cela soit permanent. Bref, la vente de Rona à Lowe's dans un contexte de mondialisation de l'économie n'augure rien de bon pour notre avenir économique.

Une chose cependant mérite notre attention urgente. C'est le constat tout simple que nos choix économiques, notre adhésion au libre-échange et la taille de notre économie, ne sont peut-être pas les plus judicieux pour une société minoritaire en Amérique du Nord, qui cherche à affirmer une identité distincte par son caractère français, sa culture de générosité sociale et son économie planifiée.

L'économie du Québec, trop petite pour jouer dans la cour des grands?

Un paradoxe de notre passé c'est que tant les fédéralistes que les souverainistes se sont faits les chantres d'une économie globalisée et des traités de libéralisation des échanges. Malheureusement, le jeu du tout à l'économie du libre marché globalisé ne sied pas bien à une économie de petite taille comme celle du Québec. À preuve, depuis le mouvement amorcé dans les années 1980 de cette économie transnationalisée et de libre-échange, le Québec n'a cessé de perdre des plumes sur ce qu'il voulait être.

On peut bien citer des statistiques de création d'emplois et de niveau de richesse, mais à la clé, le Québec et ses habitants sont-ils plus riches ou plus pauvres depuis qu'ils ont emprunté la voie de la mondialisation de l'économie? Pour le succès d'un CGI ou d'un Bombardier, succès discutable pour Bombardier ces jours-ci, combien de pertes d'emplois, de transferts de production d'usines vers des marchés plus accueillants en matière de coûts de main-d'œuvre.

Il y a bien sûr le discours du coût moindre pour le consommateur grâce aux économies d'échelle et aux politiques de petits prix des grands groupes commerciaux. La vérité c'est que, ce que l'on peut économiser d'une main dans l'achat de produits, nous le payons de l'autre à notre gouvernement pour financer des programmes sociaux qui visent à pallier les insuffisances de cette économie de marché qui fait de nombreux perdants.

Qui plus est, tous ces discours en faveur de l'austérité n'auraient pas été autant d'actualité si nous n'avions pas mains et poings liés par des traités internationaux qui nous empêchent d'agir collectivement à notre guise chez nous. Nous devons nous en rendre compte : l'économie du Québec est trop petite pour jouer dans la cour des grands.

Nous ne sommes plus maîtres dans notre maison...

Aujourd'hui, le développement économique est entièrement aux mains du secteur privé. Il est fort mal vu pour un gouvernement d'adopter des politiques interventionnistes. Que dire d'une approche sociale-démocrate « pur et dur »? Je n'ose même pas l'imaginer. Pourtant, ne parlons-nous pas jusqu'à plus soif de développement d'une économie durable comme vision d'avenir? Faut-il rappeler que l'économie durable a trois composantes : le développement économique, le développement social et l'environnement? S'il est vrai que les groupes de pression négligent souvent la dimension économique du développement durable, il n'est pas moins vrai que nous négligeons bien plus encore le développement social. À cet égard, il faut le reconnaître : nous ne sommes plus maîtres dans notre maison. Ce sont les chantres de l'économie transnationale qui dictent nos vies.

L'absence d'une bourgeoisie québécoise digne de ce nom

Si l'on veut chercher à comprendre pourquoi nous en sommes rendus là, il faut chercher à comprendre ce qui n'a pas fonctionné dans notre volonté de développer une économie forte au Québec. Jacques Parizeau a bien tenté de donner naissance à une bourgeoisie québécoise avec son Québec inc. et son régime d'épargne-action. Cependant, notre classe d'affaires n'a pas été à la hauteur et nous ne sommes pas parvenus à faire naître une classe bourgeoise digne de ce nom pour compétitionner avec la planète et surtout avec les bourgeoisies américaines et canadiennes. Si bien qu'aujourd'hui, nous nous retrouvons Gros-Jean comme devant avec une économie qui piétine, une bourgeoisie d'affaires qui s'étiole et une société distincte en mal de moyens pour assumer sa différence.

La fin du rêve de Jacques Parizeau?

Ce qu'il nous faut c'est un projet de société différent, social-démocrate, qui mettra de l'avant non seulement la protection de notre planète, mais aussi qui fera le combat aux inégalités sociales qui ne cessent de s'accroître entre les riches et les pauvres. L'initiative privée, j'en suis, mais l'équité sociale c'est mieux. L'acquisition de Rona par Lowe's est préoccupante pour notre avenir, mais elle est surtout révélatrice de l'échec du grand rêve de Jacques Parizeau pour le Québec, l'échec de Québec inc.


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