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CHRONIQUEURS / L'Agora
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau

Mercredi, 21 juin 2017

Souvenirs de juillet 1967



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Gamin, j’ai eu le privilège d’habiter à Montréal. J’ai eu la chance d’y vivre une grande époque de changements et de transformations du Québec.

Gamin, j'ai eu le privilège d'habiter à Montréal. J'ai eu la chance d'y vivre une grande époque de changements et de transformations du Québec. Les importantes manifestations contre la loi 63, les événements comme ceux de la Murray Hill ou la grève des policiers. Cela, si l'on veut, c'était le quotidien à Montréal de cette époque. J'y ai vécu aussi de grands moments qui font partie aujourd'hui de l'histoire comme l'inauguration du métro de Montréal, l'expo 67 et la visite du général Charles de Gaulle. J'étais un enfant dans la foule devant le fameux balcon où le général a lancé son cri célèbre : «Vive le Québec, vive le Québec libre».

Trop jeune à l'époque pour en comprendre le sens politique, j'avais 9 ans, l'année 1967 restera gravée à jamais dans ma mémoire comme l'année de l'Expo, du métro et du discours au balcon de l'hôtel de ville de Montréal du président de la France. Retour dans mes souvenirs nationalistes.

Une enfance bercée par la montée du nationalisme québécois

Ma famille, celle de Doris, était l'une des seules à habiter dans la « grande ville » comme on appelait Montréal à l'époque chez mes tantes et mes oncles. Ces derniers demeuraient dans les régions du Centre-du-Québec et des Cantons-de-l'Est. Nous étions fort différents selon eux puisque nous vivions dans une ville où il y avait tant de choses inconnues chez eux. L'une des plus grandes différences qui m'apparaît évidente aujourd'hui était que nous devenions politisés très jeune. À Montréal, la montée du nationalisme était perceptible. L'habitude de prendre la rue pour manifester notre mécontentement aussi.

Déjà dans le sport, que ce soit au hockey ou au baseball, nous avions une énergie particulière quand nous affrontions les équipes anglaises de l'ouest de Montréal. Nous étions, même à 9 ans, préoccupés par le fait que les gens chez Eaton parlaient dans une langue différente de la nôtre lorsque nous allions y acheter quelque chose. Pas étonnant que nous eussions une préférence pour Dupuis Frères.

Chose certaine, vivre à Montréal en 1967, c'était vivre dans une atmosphère où le fait national et la langue française étaient hautement valorisés. C'est pourquoi je crois que ce n'est pas tronquer mes souvenirs d'affirmer que j'ai vécu une enfance bercée par la montée du nationalisme québécois.

De Gaulle et le balcon

C'est dans ce contexte que l'on doit comprendre mon rappel des événements qui ont entouré la visite de Charles de Gaulle à Montréal en 1967. Déjà, la télévision, la radio et les journaux faisaient grands états de la présence de ce curieux général au Québec. Il y avait cette foule tout au long du chemin du Roy qui acclamait ce vieux monsieur, ces pancartes du RIN clairsemées qui affichaient des slogans nationalistes. De mémoire, c'était nuageux cette journée, mais cela s'est dégagé en après-midi. J'avais demandé à ma mère la permission d'aller assister à cet événement à bicyclette avec des amis et avec un grand de 14 ans qui était notre caution. Il y avait beaucoup de monde et nous ne savions pas ce qui se passerait vraiment sauf que nous y étions pour voir de nos yeux le général dont tout le Québec parlait ces jours-là.

Vive le Québec, Vive le Québec libre!

Il commençait à se faire tard. Le général n'était toujours pas là. J'avais promis de rentrer pour 19 h et cette fois-là je ne serais pas à l'heure. Nous voulions voir le général. Puis vers 19 h 30 la voiture du général est arrivée. Nous l'attendions avec nos bicyclettes. Il y avait comme un climat de fête. Tout le monde avait l'air heureux. Puis, le général de Gaulle est apparu au balcon de l'hôtel de ville, nous ne voyions pas grand-chose. Je suis petit et la foule me cache. Je suis un peu déçu. Puis, les gens se taisent. Le général parle. Il dit des choses que je ne comprends pas vraiment, mais je retiens la fin de son discours : « Vive le Québec, vive le Québec libre ».

Toutes les personnes semblent contentes. Moi aussi. Enfin, quelqu'un prend notre défense contre les Anglais qui refusent de parler notre langue et qui parfois gagnent des matchs de baseball contre nous. Moi et mes amis on est heureux. Ce que je ne savais pas à l'époque c'est que je venais de vivre un moment inoubliable de l'histoire du Québec. Celles et ceux qui veulent en connaître plus sur ce grand événement auraient intérêt à consulter l'excellent récit qu'en fait André Duschesne dans un livre qui vient de paraître aux Éditions du Boréal intitulé : La traversée du Colbert. De Gaulle au Québec en juillet 1967. C'est une lecture passionnante qui donne la pleine mesure de cet événement.

L'identité québécoise

Aujourd'hui, à la veille de notre fête nationale, nous semblons avoir perdu notre foi en nous. Nous regardons les questions liées à notre identité comme des choses suspectes qui sont en porte à faux avec la mode de l'ère postnationale décrétée par notre premier ministre canadien, Justin Trudeau. Pourtant, il n'y a pas de honte à se rappeler nos racines et nos origines.

Encore moins vouloir que notre langue, notre culture, et nos coutumes fassent partie de l'héritage que nous désirons léguer à nos enfants et à nos petits-enfants. Mieux encore, nous sommes plusieurs à vouloir partager ce riche héritage avec celles et ceux qui se sont ajoutés à nous au cours des ans. La culture québécoise commune a un socle qui est notre patrimoine canadien-français. Ce n'est pas de faire injure aux autres, ni de porter atteinte à leurs droits que de le réclamer et de souhaiter en faire une réalité centrale de notre vie collective.

Revendiquer l'identité québécoise n'est pas non plus la preuve qu'il faut que le Québec soit un pays pour que celui-ci puisse s'épanouir et perdurer. Là, c'est une question de vision politique de notre avenir commun. Néanmoins, il importe que ce Canada qui fête cette année ses 150 ans reconnaisse que nous sommes une nation à part entière et que nous refusons de disparaître dans un tout multiculturel et postnational. La visite du général de Gaulle en 1967 et son arrivée sur le Colbert font partie de l'acte de naissance du Québec contemporain. Aujourd'hui, ce navire, Le Colbert, sera démantelé; « ... sa carcasse sera découpée en morceaux et l'acier en sera recyclé. Toutes ces opérations devraient se terminer à la fin de 2017 ou au début de 2018 ». (Duschesne. André, La traversée du Colbert. De Gaulle au Québec en juillet 1967, Montréal, Boréal, 2017, p. 280)

Si l'on ne veut pas que la nation québécoise connaisse le même sort que le Colbert, il nous faut réaffirmer la nécessité aujourd'hui de la pertinence de notre culture, de notre langue, de nos coutumes et de nos traditions canadiennes-françaises. Disons nous, Bonne fête Québec, en étant accueillant aux autres, mais gardons en tête et dans nos cœurs ces souvenirs de 1967.

Bonne fête nationale Québec!

À lire:

Duschesne. André, La traversée du Colbert. De Gaulle au Québec en juillet 1967, Montréal, Boréal, 2017, 312 p.


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