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CHRONIQUEURS / L'Agora
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau

Mercredi, 20 mai 2015

« Le moment Péladeau »



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Pierre Karl Péladeau a réussi son pari. Il est devenu chef du Parti Québécois en remportant 58 % des suffrages des membres de son parti et il a livré un premier discours comme nouveau chef résolument indépendantiste.

Ses collègues de la course, Martine Ouellet et Alexandre Cloutier, ont aussi bien fait dans les circonstances tout particulièrement le jeune Cloutier du royaume du Saguenay qui a rallié près de 30 % des suffrages des 71 000 membres de cette formation politique fondée par le regretté René Lévesque. Selon les chiffres dévoilés par le président d'élection de cette course au leadership, Jacques Léonard, 72,9 % des membres se sont prévalus de leurs droits de vote.

Que signifie cette victoire de PKP pour le Québec? Cela changera-t-il quelque chose dans la dynamique politique actuelle?

La libération du Québec

Il est amusant d'entendre le nouveau chef du PQ promettre aux citoyens du Québec qu'avec lui, il n'y aura plus de tergiversations et plus que jamais, le PQ va se battre pour nous redonner la liberté. À ce que je sache, nous ne sommes pas très nombreux au Québec à nous sentir prisonniers du Canada. Le Canada n'est peut-être pas, comme le répétait l'ancien premier ministre du Canada Jean Chrétien le « plus meilleur pays au monde », mais à ce que je sache ce n'est pas le goulag de Soljenitsyne.

Parler de liberté et d'indépendance est légitime, mais cela ressemble à la rhétorique des nationalistes du temps de l'époque de la décolonisation de l'Afrique. Le Québec contemporain est loin de ces concepts d'une autre époque. Les enjeux sont aussi fort différents. Par exemple, le déclin des institutions, le désenchantement du monde par notre sortie de religion pour emprunter pleinement la voie de la modernité voire de la postmodernité et l'affaiblissement de la culture des élites sont des phénomènes plus fondamentaux à notre époque que la rhétorique du nationalisme et du « Nous » les victimes. Le Québec est une société libre et démocratique pleinement souveraine de ses choix et de ses politiques. Que monsieur Péladeau en prenne acte...

Pourquoi la souveraineté en 2015?

Selon la thèse du nouveau chef de guerre du Parti Québécois, PKP, le Québec doit devenir un pays pour pouvoir s'épanouir en Amérique du Nord et à l'échelle internationale. Une fois encore, l'affirmation demande une démonstration. Par exemple, en quoi le fait d'être un pays souverain réduira-t-il les inégalités sociales entre le 1 % de biens-nantis et le 99 % des autres comme l'a si savamment démontré Thomas Piketty dans sa thèse sur le capital au 21e siècle?

Autre sujet, en quoi le fait que le Québec soit souverain viendra changer la donne sur le plan des changements climatiques, une préoccupation majeure de la jeunesse québécoise? La Chine figure parmi les pays les plus pollueurs de la planète et les bonnes relations du Québec avec ce pays ne changent en rien les politiques de ce pays. Admettons pour un instant l'existence d'un Québec souverain entretenant de bonnes relations avec son voisin le Canada. Cela viendra-t-il infléchir la volonté du gouvernement canadien d'exploiter à fond les sables bitumineux de l'Alberta? Poser la question c'est y répondre.

Sur le plan de la maîtrise d'œuvre québécoise en matière de culture, de langue et d'immigration, le Québec contrôle déjà les principaux leviers décisionnels en ce domaine et pourtant plusieurs prétendent que notre politique d'immigration est inadéquate, que le statut de la langue française recule tout particulièrement à Montréal et que nos institutions culturelles pourraient avoir un meilleur sort. En quoi, monsieur Péladeau, l'existence d'un Québec souverain changera-t-il la donne? Qu'est-ce qu'un Québec souverain changerait dans le choix libre de plusieurs jeunes artistes québécois de vouloir conquérir le monde en langue anglaise par exemple?

La souveraineté ou si vous préférez l'indépendance du Québec est une option légitime. Un choix qui s'offre au Québec, mais comme le dirait Yvon Deschamps « Qu'osse ça donne »?

« Le fruit n'est pas mûr... »

Nonobstant tout ce que je viens d'écrire, l'élection de Pierre Karl Péladeau à la tête du Parti Québécois changera profondément la dynamique politique du Québec. Depuis l'échec de l'Accord du lac Meech, le Parti libéral du Québec n'a cessé de mettre sous le boisseau son option d'un « Canada remodelé ». Il s'est plutôt cantonné dans le statu quo. Depuis le départ de Robert Bourassa, les chefs qui se sont succédé à la tête de ce parti ont fait preuve d'une très grande modération dans leurs revendications pour demander des changements constitutionnels.

L'expression consacrée par Jean Charest, « le fruit n'est pas mûr » est devenue la politique constitutionnelle des libéraux de Phillipe Couillard, de loin le chef du PLQ le plus fédéraliste de toute son histoire. Qui aurait pensé pouvoir écrire cela après le passage de Jean Charest à la tête du PLQ? Jamais dans toute son histoire, le PLQ aura fait preuve d'une timidité aussi excessive à réclamer des changements profonds à la gouvernance de notre pays. C'est aujourd'hui ce qui rend possible la résurgence de l'indépendantisme. Cela pourra permettre, au gré de circonstances encore inconnues aujourd'hui, mais plausibles dans l'histoire de ce pays, une remontée de la fièvre nationaliste susceptible de conduire le Québec à sa libération comme le dirait le PQ de Pierre Karl Péladeau.

Le Québec sera toujours libre de ses choix...

Chose certaine comme l'avait déclaré Robert Bourassa au lendemain de l'échec de l'accord du lac Meech, « Le Québec est aujourd'hui et pour toujours une société distincte, libre et capable d'assumer son destin et son développement ». L'élection de PKP à la tête du PQ ne peut que nous rappeler cette évidence.

Un nouveau Canada?

À l'évidence, au cours des prochains mois et des prochaines années, nous discuterons à nouveau de l'avenir constitutionnel du Québec au sein du Canada, plus que pas assez. Cela apparaît comme une belle occasion pour les Québécoises et les Québécois de dire au reste du Canada que nous voulons vivre dans un pays transformé et renouvelé. Un pays qui se distinguera par sa volonté d'améliorer le fédéralisme. Ce système politique est de loin le meilleur système de représentation démocratique dans des pays aux populations de plus en plus métissées. Un fédéralisme multinational respectueux des langues et des cultures des nations fondatrices qui en l'occurrence au Canada sont les nations autochtones ou les membres des Premières nations, les Acadiens, les Canadiens français devenus Québécois de souche, les Canadiens français des autres provinces et les Canadiens anglais. Un pays qui reverra ses institutions pour faire une plus large place à la culture de participation par rapport à la culture des élites. Enfin, un pays qui cherchera à devenir un leader de paix plutôt que de guerre. Un pays guidé par l'interculturalisme plutôt que par le multiculturalisme et enfin, un pays respectueux de son environnement et à l'avant-garde des changements climatiques.

Convenons-en, ce pays mythique à naître n'est pas le Canada de Stephen Harper. Reste cependant que cette fois jouer les Bonhommes Sept Heures en voulant faire peur aux Québécois avec les incertitudes de la souveraineté risque de ne pas être suffisant pour vaincre le goût des Québécois à vivre leur « moment Péladeau ». Nous sommes entrés dans le monde des émotions et non celui de la raison. Péladeau, c'est plus une affaire de passion que de raison. Ce sera fort intéressant de voir ce « moment Péladeau » et ses effets non seulement en regard de la dynamique politique, mais pour l'avenir du Québec.

À suivre...


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