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Cynthia Dubé Par Cynthia Dubé
cdube@estrieplus.com

Vendredi, 19 octobre 2018

Sommes-nous si différents?



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Le photographe Marcel Morin nous fait découvrir 22 visages remplis d’émotions, 22 humains qui portent tous le poids d’un passé lourd.

Le photographe sherbrookois Marcel Morin a immortalisé des visages de partout dans le monde. Leur point en commun? Il s'agit de personnes vivant dans la rue. Dans le cadre de son exposition intitulée Sommes-nous si différents?, l'artiste nous fait découvrir 22 visages remplis d'émotions, 22 humains qui portent tous le poids d'un passé lourd.

Le Sherbrookois Marcel Morin a habité 13 années en Chine dans le cadre de son travail. Maintenant à la retraite, il vit un tiers de l'année à Sherbrooke et passe le reste de son temps à voyager d'un bout à l'autre de la planète. Des visages, il en a croisé des tonnes au cours de sa vie. Des peaux jaunes, noirs, blanches, des yeux bridés, des yeux noirs perçants, des sourires ridés, des regards d'enfants remplis d'espoir; chaque visage a son histoire et toutes ces histoires ont des points communs.

« J'ai tenu à photographier des gens de partout dans le monde qui vivent dans la rue, explique Marcel Morin. Ce qui m'a inspiré pour ce projet, c'est le contact humain. Lorsque je rencontre des gens sur la rue, je me demande toujours en premier lieu qu'est-ce qu'ils ont de différent de moi. Par la suite, je me demande qu'est-ce que nous avons de pareil. Qu'est-ce que nous avons à partager? L'amour et l'espoir, ce sont deux choses qui n'ont pas de frontières. »

Pour sa nouvelle exposition Sommes-nous si différents?, dès le 1er novembre à la Brûlerie Faro, le Sherbrookois a réuni sous un même toit une partie du fruit de son travail, soit 22 grandes photographies mettant en lumière des visages de gens vivant dans la rue d'un bout à l'autre de la planète.

« Je veux encourager les gens à s'arrêter pour réfléchir lorsqu'ils croisent des personnes de la rue. Quel a été l'élément déclencheur pour se retrouver dans la rue? Je me suis assis pour discuter avec chaque personne que j'ai photographiée, afin de connaitre un peu leur histoire. Je me suis rendu compte que ce n'est pas seulement l'alcool et la drogue le problème. C'est souvent un choc émotionnel. »

Par exemple, Gaétan, de Montréal. Il a travaillé plus de trente ans dans une imprimerie. Lorsqu'il a appris le suicide d'un de ses grands amis, sa vie a changé. « C'est à ce moment-là que Gaétan a décroché, raconte M. Morin. Il a vécu huit ans dans la rue, 24 h sur 24. Il voulait vivre à part, décrocher de tout. Avec le temps, il s'est entouré de gens et maintenant il vit toujours dans la rue le jour, mais il a un appartement où il dort la nuit. »

Il y a aussi cette femme de Malaga, en Espagne, qui passe ses journées assise dans les marches de l'église à ramasser quelques pièces. Évidemment, la réalité est tout autre du côté de l'Inde ou de la Thailande, là où la pauvreté est omniprésente. Il y a l'homme de Varanasi, en Inde, qui se promène toujours avec son meilleur ami, un petit singe. Mme Yao, qui habite une tribu dans le Nord de la Thailande, un endroit devenu une destination touristique avec le temps. Puis, une mère de famille dans la ville de Kolkata, en Inde.

« Elle habite dans un bidonville, sur le bord d'une voie ferrée où le train passe plus de 15 fois par jour. Toutes ces familles habitent dans des cabanes faites en carton et en tissus. Les maisons sont à deux pieds de la traque de chemin de fer. Même s'ils n'ont rien, ils sont généreux et tellement gentils. Après avoir pris mes photos, ils m'ont offert de rester pour le souper! »

Le vernissage de l'exposition Sommes-nous si différents? aura lieu le 2 novembre, dans le cadre d'un 5 à 7 à la Brûlerie Faro, au centre-ville de Sherbrooke.

Sherbrooke en noir et blanc

Les projets vont bon train pour Marcel Morin, qui se consacre entièrement à la photographie depuis maintenant six ans. Notons d'ailleurs que tout l'argent de ses œuvres vendues est redistribué dans la communauté. Le prochain projet d'envergure du photographe s'intitule Sherbrooke en noir et blanc : l'espoir. Entamé cette année, le projet devrait être présenté en 2021.

Il s'agit de 50 photographies de bâtiments situés dans la ville de Sherbrooke. La Basilique-cathédrale Saint-Michel, la prison Winter, le restaurant légendaire Louis, le Séminaire de Sherbrooke, l'immense bâtisse qui abritait les Sœurs Ste-Famille, la Société d'histoire de Sherbrooke, le Sanctuaire de Beauvoir; chaque photo sera accompagnée d'un message signé par une personnalité de Sherbrooke, dont Jean Charest, Jean Perreault, Jocelyn Thibeault, David Goudreault, Sylvie L. Bergeron, Steve Lussier, Luc Fortin, Pierre Cossette et Monique Gagnon-Tremblay.

 

Photos:

Marcel Morin posé à côté d'une des photographies de l'exposition Sommes-nous si différents? Il s'agit du visage de Gaétan, de Montréal.

Photographie tirée du site marcelmorinphotos.com, qui fait aussi partie de l'exposition. Il s'agit de l'homme de Varanasi, en Inde, en compagnie de son singe. 

M. Morin m'avait donné rendez-vous chez Encadrement Turgeon, puisque les 22 photographies s'apprêtaient à être encadrées, en vue de l'exposition qui débute le 1er novembre.

Photographie du restaurant Louis, qui fera partie du projet Sherbrooke en noir et blanc: espoir.    


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