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CHRONIQUEURS / L'Agora
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau

Mercredi, 21 août 2019

Libéraux aux abois


Les libéraux québécois se drapaient dans le sentiment réconfortant d’être un parti pérenne et indissociable de la vie politique québécoise et de sa marche vers le progrès.

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crédit photo: Vigile.com: Stéphane Stril, président de la Commission jeunesse du PLQ

Le Parti libéral du Québec peine à se remettre de son « décrochage » avec le Québec réel. La sanction électorale d'octobre 2018 fut à la fois prévisible pour les observateurs et inattendue pour les troupes libérales.

Le PLQ est un parti politique de pouvoir et la victoire étonnante de Philippe Couillard en 2014 a renforcé l'idée que malgré les vents contraires, les libéraux québécois se drapaient dans le sentiment réconfortant d'être un parti pérenne et indissociable de la vie politique québécoise et de sa marche vers le progrès. La réalité a rattrapé ces romantiques libéraux et aujourd'hui ils se présentent comme un front désuni incapable de reconnecter avec le Québec francophone.

À tort, à mon sens, les commentateurs de la chose politique identifient les problèmes électoraux des libéraux du Québec à leur position sur la laïcité ou encore à leur adhésion au multiculturalisme. D'autres, croyant encore à la vieille idée écornée du sauveur ou du leader tout puissant des Canadiens français, véhiculée dans les années 1950 par le chanoine Lionel Groulx, croient que c'est l'identité de la prochaine ou du prochain leader qui fera l'impasse sur les difficultés actuelles du Parti libéral du Québec. Pourtant, le décrochage électoral des libéraux avec les francophones du Québec tire son origine de racines beaucoup plus lointaines que la dernière élection au Québec. Retour sur le libéralisme et le Parti libéral du Québec et la majorité francophone.

Le libéralisme et le nationalisme au Québec

Celles et ceux qui se donnent la peine de lire les ouvrages de notre historiographie se rendront compte rapidement que le libéralisme et le nationalisme au Québec ont toujours formé un binôme indissociable dans notre histoire politique. Les configurations idéologiques de ces deux réalités ont pris diverses colorations dans le temps, mais le libéralisme et le nationalisme ont toujours pesé sur le devenir de la nation québécoise et ont été des outils essentiels aux discours politiques de tous les partis qui ont cherché à prendre le pouvoir au Québec. Croire qu'aujourd'hui le Québec a sublimé ces deux composants majeurs de son identité pour le remplacer par un nouvel axe idéologique gauche-droite, serait une erreur.

L'un des plus grands historiens du Québec qui s'est beaucoup intéressé à ces questions est le professeur Yvan Lamonde. Dans sa biographie intellectuelle intitulée : Yvan Lamonde, historien et citoyen. Navigations au long cours publiées il y a un peu plus de 10 ans, en 2008, il écrit : « à la lumière des travaux à paraître sur l'histoire intellectuelle du Québec de 1930 à 1960, je mettrai en valeur un courant d'idée méconnu qui a posé, depuis les années1930, la question du rapport entre national et international, entre particulier et universel ; puis je ferai valoir que la tradition de la conciliation du nationalisme et du libéralisme démocratique et anticlérical constitue une pierre d'assise sur laquelle construire, en ces temps "d'accommodements raisonnables", une culture civique commune. » (Yvan Lamonde, avec la collaboration de Claude Corbo, Yvan Lamonde, historien et citoyen. Navigation au long cours, Montréal, Fides, 2008, p. 54-55).

Voyage au pays de « l'austérie libérale »

Dans ces mots de Lamonde, toute la difficulté de penser le devenir du Québec est là. Tous les problèmes d'aujourd'hui tournent autour de cette capacité que nous avons de réconcilier le particulier et l'universel, la tradition et la postmodernité de notre temps. Cette tradition plutôt communautariste qu'il faut réconcilier avec une société chartiste de droits individuels où le poids des tribunaux pèsent lourd dans les volontés démocratiques. C'est ce qui est en cause dans les débats sur la laïcité et la loi 21 par exemple. Concilier le libéralisme et le nationalisme a toujours été une force du Parti libéral du Québec jusqu'à l'échec de l'accord du lac Meech.

À partir de ce moment, pour des raisons purement tactiques, le PLQ s'est éloigné de ses valeurs de conciliation à la sauce québécoise du nationalisme et du libéralisme et il y a perdu son âme. Cela n'a pas passé inaperçu dans l'électorat québécois. On ne sentait plus que cette formation politique était celle qui avait accompagné le Québec dans toutes ses transformations importantes depuis la Révolution tranquille. La révolte étudiante de 2012 autour de la hausse des droits de scolarité et les multiples affaires aux effluves scandaleux du financement des partis politiques a fait le reste du travail. Même si les libéraux de Philippe Couillard ont étonnamment sauvé la mise en 2014, cela n'était qu'un cataplasme, les tendances séculaires profondes ne pouvaient que ressurgir et le refoulé a été exposé à la lumière du jour. Le régime d'austérité libérale du gouvernement Couillard a fini par convaincre une forte majorité de la population que ce gouvernement ne défendait pas les intérêts du Québec et de ses citoyens. L'élection de la Coalition avenir Québec est devenue dans ce contexte une formalité.

Reprendre le collier de la défense des intérêts du Québec

Dans cette perspective, il n'est pas anodin que les Jeunes libéraux aient enfourché le cheval de l'interculturalisme lors de leur dernier congrès. Contrairement à maints observateurs et commentateurs de la chose publique, je suis de ceux qui croient que c'est un pas dans la bonne direction. Certes, le concept en lui-même n'est pas aisé à définir et il est difficile de se l'approprier. À preuve, l'historien, Gérard Bouchard, un autre grand historien du Québec, y a consacré un livre et il intervient souvent par ses écrits dans l'espace public pour en définir les contours et pour en préciser le contenu.

Je ferai de nouveau appel aux lumières du professeur Yvan Lamonde qui a ajouté à ce binôme fondamental de notre histoire, la présence d'une tradition démocratique dans la sphère politique québécoise depuis le 18e siècle pour situer cet enjeu : « D'autant plus qu'il n'y a pas au Québec de profonde tradition "constitutionnelle". Je sais bien qu'il y a eu plus d'une Constitution, en 1763, en 1774, en 1791, en 1840, en 1867 et en 1982. Mais ces constitutions du conquérant, les Canadiens français ne se les ont pas appropriés, faites leurs, parce qu'elles rendaient davantage compte d'une dépossession que d'une adéquation à soi. » (Lamonde, op. cit., p. 66-67)Ce qui ne signifie pas que nous ne comptions pas sur une solide tradition démocratique.

Le rapatriement en 1982 de la Constitution canadienne du Royaume-Uni sans le consentement du Québec par Pierre Elliott Trudeau a empiré les choses et enferré le Québec dans des chemins de travers non souhaités par une forte majorité de Québécoises et de Québécois. D'autant plus que celle-ci était accompagnée d'une Charte des droits et libertés qui, malgré ce qu'en disent les sondages aujourd'hui, « ... est restée à travers la gorge des Québécois, essentiellement parce qu'elle portait une conception d'un multiculturalisme canadien qui n'était pas et n'est pas la voie suivie et à suivre pour les Québécois. Bien au contraire, la Charte canadienne a été le texte et le prétexte de revendications de tous types de minorités, avec l'effet postmoderne de faire éclater et de fragmenter les cohésions. » (loc. cit.)

Nationalisme d'émancipation et nationalisme de conservation

Dans ce contexte, prisonnier de notre histoire, nous devons encore aujourd'hui départager le bon grain de l'ivraie en matière de nationalisme. Depuis 1848, deux conceptions de nationalisme se sont mises en place. Le nationalisme de Louis-Joseph Papineau qui logeait à l'enseigne de l'affirmation, de l'autonomie, du droit des peuples à l'autonomie et à l'émancipation. Et le nationalisme de Louis-Hyppolite Lafontaine et de son mentor Étienne Parent qui prônait un nationalisme de conservation sans revendication de pouvoir politique autre que la conservation de traits culturels comme la religion catholique, la langue française, le droit civil et la tradition.

C'est le dilemme dans lequel se retrouve aujourd'hui le Parti libéral du Québec pour penser son avenir. Dans la bourse des partis politiques, La Coalition avenir Québec personnifie la tradition du nationalisme conservateur de Lafontaine alors que celle de Papineau est défendue par le Parti Québécois. Ce dernier a perdu son âme dans son flirt avec Québec solidaire qui n'est pas dans la tradition du libéralisme, mais plutôt en rupture avec celui-ci. Reste au Parti libéral du Québec de recentrer son action autour d'un nationalisme d'émancipation qui se distinguera de son rival la CAQ par son attachement aux libertés individuelles et par sa volonté de faire converger particularisme et universalisme dans un creuset original. En ce sens, les pistes de l'interculturalisme et d'une constitution québécoise sont un excellent point de départ pour nous offrir autre chose que des libéraux aux abois...


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