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CHRONIQUEURS /
Deux mots à vous dire
François Fouquet Par François Fouquet

Mercredi, 26 décembre 2018

Quand la musique parle au temps des Fêtes



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Sur la base d’une musique souvent accrocheuse, on a greffé des paroles selon le message qu’on voulait bien installer dans la tête des gens. - François Fouquet

Je vous écris en ce 25 décembre au matin. Un matin lumineux, magnifique! Depuis plusieurs jours, je porte une attention particulière à la musique de Noël. Et du temps des Fêtes. Parce que c'est très différent!

D'abord, mon air préféré est et demeure Douce nuit. Il traîne avec lui une dose de calme bienfaisant. Un air qui fait du bien. À l'origine, l'auteur, un Autrichien, parlait, dit-on, de la nécessité que les gens s'entraident. Il faut dire que la chanson a été entendue pour la première fois dans un environnement très pauvre. C'était il y a exactement 200 ans, le 24 décembre 1818.

Dans la version connue en français, le chant devient un hymne au Dieu qui naît.

Mais c'est vraiment dans la musique que je trouve ce sentiment de réconfort.

L'aspect social des choses

Sur la base d'une musique souvent accrocheuse, on a greffé des paroles selon le message qu'on voulait bien installer dans la tête des gens. Le Minuit, chrétiens impose au peuple de se mettre à genoux. Puis, il lui dit allez, debout, et chante ta délivrance! Dit autrement, on dit essentiellement que, sans Dieu et une immense dévotion envers Lui, nous ne sommes rien.
Il faut toujours garder en tête que la religion est aussi un outil servant à bâtir un modèle social. Un modèle de société basé sur des principes souvent conservateurs.

Ce ne sont quand même pas les autorités religieuses qui ont fait en sorte de valoriser l'égalité hommes/femmes!
Malgré les mots qui, parfois, interpellent, ce sont des chants qui procurent un certain apaisement.
C'est que ces airs sont ancrés dans notre culture. Dans notre ADN. On n'entend souvent plus les mots. On fredonne sans trop réfléchir.

Ça, c'est pour les chants de Noël.

Mais il y a aussi le plus vaste temps des Fêtes. De ce côté, c'est le folklore qui prend la relève. Un folklore qu'on redécouvre de plus en plus. Des films comme La Bolduc et des dizaines de groupes musicaux revisitent et chantent ces chansons qui ont tant fait chanter et danser à l'époque des veillées!

Quand on s'arrête aux paroles de plusieurs de ces chansons, on constate qu'elles étaient de véritables exutoires pour se défaire de l'omniprésence de la religion dans chacun des faits et gestes des familles d'antan au Québec.

Des paroles souvent grivoises (parfois très grivoises!), des allusions au Diable, des allusions directes à plein de plaisirs défendus, des dénonciations à peine voilées d'injustices sociales, tout y passe! Et en plus, on dansait sur ces musiques et paroles en se tenant la main ou la taille, provoquant des rapprochements physiques autrement interdits.

« Swingue-la fort et pis tords-y l'corps et fais-y voir que t'es pas mort! »

Subjectif, pareil!

On prétend parfois que l'art est inutile. La musique et la chanson sont des manifestations artistiques qui servent à exprimer des choses qui, autrement, ne se diraient pas aussi bien.

Je me réjouis que de plus en plus de groupes musicaux s'intéressent à remettre en valeur le folklore d'ici. On est souvent un peu gênés de parler ou de dire qu'on aime ça.

Et c'est un peu normal.

Quand on grandit, comme peuple, à se faire dire quoi faire et comment le faire, on ne cultive pas la confiance en soi nécessaire à trouver que ce qu'on crée a une certaine valeur.

En ce temps des Fêtes, je nous souhaite de chanter, danser et répondre aux chansons de notre folklore. Chanter ce qu'on était hier ne fait pas de nous des gens plus petits aujourd'hui. Au contraire!

Bon temps des Fêtes!

Clin d'œil de la semaine

« Les enfants oubliés traînent dans les rues
Tout comme de petits vieux
Ils ont froid, ils ont faim, ils sont presque nus
Mais ce sont les enfants du Bon Dieu
. »

- Ben, si ce sont ces enfants, au Bon Dieu, ben... qu'y s'en occupe! » -Un cynique


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