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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

C'est combien, la magie de Noël

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D'abord, quelques mises au point.

J'aime Noël. Beaucoup. Cette chronique n'est donc pas celle d'un grincheux de Noël. Ni celle de quelqu'un qui souhaiterait imposer une frustration en lien avec cette fête. Ni celle de quelqu'un qui va condamner tout achat de cadeau.

Cette chronique est celle de quelqu'un qui frappe aux portes du temps des Fêtes avec une fatigue accumulée liée directement à l'exigeante vie au boulot. Rien pour écrire à sa mère, c'est le lot de milliers de personnes.

C'est une chronique sur la magie.

C'est dans une publicité de Noël que j'ai vu le mot magie.

Un mélange doux amer est venu épicer mes sensations quand j'ai prononcé le mot à voix haute.

Mon premier réflexe a été de me demander : « Ça coûte combien, la magie de Noël? » Il faut dire qu'une statistique publiée cette semaine me hante : l'indice du coût de la vie est de 2% alors que l'endettement de consommation des familles a grimpé de 2,7% cette année. Cet endettement ne tient pas en compte les hypothèques... Il s'agit du strict volet de la consommation. Dit autrement, on continue de creuser notre tombe.

Et Noël arrive. Précédé pas la folie pure du black Friday, initiative-piège pour augmenter à tout prix la consommation des gens.

Les sentiments aidant, voilà que les cartes de crédit vont se faire aller, que les marges vont se remplir et que les offres de « plusieurs paiements faciles » auront subitement beaucoup de sens.

Tout cela au nom de la magie de Noël. Celle qu'on veut retrouver et celle qu'on voudrait donc faire vivre aux siens.

Elle s'achète, visiblement, cette magie! Par le biais d'artifices toujours plus technologiques pour décorer correctement notre maison, par la recherche des recettes novatrices pour « faire évoluer » la fête. Par toutes sortes d'artifices qui feront en sorte que tout le monde verra bien notre bonheur. Bonheur qu'on « tweetera » et mettra sur Facebook, histoire de s'inscrire dans la colonne des gens qui sont « tendance » à Noël. Tendance, comme des amis à moi qui avaient investi pas mal de sous pour acheter un kit de sapin tendance dans les années 1990. Les couleurs pastel étaient à la mode. La mode est partie, le sapin a été scrapé aussi, emportant aux vidanges l'ensemble de sa robe de fête.

Cette année, c'est le mauve. Machination mercantile, le mauve sera complètement hors tendance dans quelques années.

Pour répondre à ma question, je ne sais pas du tout combien coûte la magie de Noël.

Je me suis donc posé la question qui tue : c'est quoi, la magie de Noël?

Des images sont apparues. Claires. Presque avec une odeur!

Une de ces images, ce sont les cloches de plastique rouge que papa et maman installaient au centre de la fenêtre de cuisine. Des cloches illuminées qui annonçaient que la maison était en fête. Au cours de la soirée, les cloches continuaient d'éclairer la vitre devenue embuée. La chaleur des individus et le fait qu'on n'avait pas d'échangeur d'air, à l'époque, expliquent le phénomène. Les cloches existent sont encore des nôtres, mais chez ma petite soeur, cette fois. Et elles éclairent encore la fenêtre, juste au-dessus de l'évier de cuisine. Nous sommes encore réunis dans la cuisine et on jase et on rit de bon coeur en s'empiffrant de sucre à la crème et de bonbons aux patates.

On a les deux pieds et le coeur dans la tradition.

La tradition tient bien plus de la répétition des gestes heureux que dans l'ajout de fla-fla nouveau chaque année.

Ce n'est pas dans une circulaire que Noël devient un repère heureux.

Clin d'œil de la semaine

Le Père Noël est un banquier.


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