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Floués par un entrepreneur en construction

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Photo : Photos du bas: Quelques exemples des anomalies soulevées dans le rapport de l'inspecteur mandaté par la Régie du bâtiment.
Daniel Campeau Par Daniel Campeau
redaction@estrieplus.com
Mercredi 9 septembre 2020

Diane Ledoux et son mari possèdent une maison familiale centenaire sur la rue Major à Dixville. En 2019 ceux-ci contactent Construction Jacques Sage de Coaticook afin de faire construire une rallonge à leur propriété. Comme ils avaient déjà embauché l'entrepreneur quelques années auparavant, c'est en toute confiance que le couple faisait de nouveau appel à ses services.

C'est pourtant tout le contraire qui s'est produit à la grande déception de Mme Ledoux, complètement découragée par la situation. Elle fera d'ailleurs appel au tribunal afin d'obtenir un dédommagement. «  Mon mari et moi sommes dépassés par la situation! On n'aurait jamais pensé avoir autant de trouble avec Jacques Sage. Mais surtout avec son ‘'supposé'' maître de chantiers Sylvain Lavoie qui, la plupart du temps, jasait au téléphone au lieu de travailler, partait à 3h00 l'après-midi et qui a bâclé la job pas à peu près. C'est pas mêlant, il (Jacques Sage) avait toujours une bonne raison pour s'excuser; il m'a même signé une lettre dans laquelle il dit noir sur blanc que le travail a été mal fait par son ‘'employé''. Je voyais bien que ça n'allait pas du tout. »

Comme le mentionne dans un rapport de plus de 20 pages (dont EstriePlus  a obtenu copie), l'inspecteur de la Régie du Bâtiment affirme que « Des correctifs sont à apporter rapidement et nécessitent une expertise plus approfondie ». N'en pouvant plus d'attendre une réponse, Mme Ledoux a engagé un autre entrepreneur afin qu'il termine les travaux et qu'il corrige ce qui a été mal fait.

Nouvelle porte de salle de bain endommagée, aucune finition autour des portes, plancher  croche, fenestration mal installée, la liste de problèmes causés par ces travaux est longue. Diane Ledoux, documents à l'appui, a tenté à de nombreuses reprises de joindre Jacques Sage, sans obtenir de retour d'appel - « Pour lui demander de venir arranger ça le plus vite possible parce que l'hiver s'en vient et l'eau gèle dans la rallonge, c'est un vrai congélateur. »  Les quelques fois où elle a pu l'avoir au bout du fil, M. Sage se montrait agressif et intimidant à son égard.

Fort d'une trentaine d'années d'expérience, l'entrepreneur en construction de la région (qui préfère garder l'anonymat) ayant pris le relais pour apporter les correctifs, a confirmé les observations du rapport de la Régie du Bâtiment. « Toute la job est à refaire. Il y a des infiltrations d'eau sur les murs et (...) la galerie neuve, elle tient par la peur; le travail est pas correct. »

Mme Ledoux et son conjoint ont dû à ce jour, débourser plus de 40 000 $ auprès de Construction Jacques Sage, en plus de ce qu'ils devront débourser pour les rénovations reprises du début par un autre entrepreneur. Au stress de la situation s'ajoutent les problèmes de santé de monsieur et le deuil de la mère de Mme Ledoux, décédée il y a quelques mois.

De son côté le propriétaire de Construction Jacques Sage affirme que la cliente n'a pas respecté leur entente, qu'il a toujours été disponible et que c'est elle qui, à de nombreuses reprises a reporté  les travaux. Jacques Sage affirme aussi que ses ouvriers sont compétents et fiables, et que la seule raison pour laquelle il n'a pas terminé les travaux et ‘'tout arrangé'' c'est que Mme Ledoux n'a pas payé la totalité de sa facture. « Pour commencer elle me doit encore 3,500$... qu'elle me règle ce qu'elle me doit et après ça on pourra finir la job. On a voulu y aller souvent pour finir le contrat, mais à chaque fois, elle avait quelque chose d'autre à faire et nous demandait de repasser une autre fois. Et puis, un moment donné plus de nouvelles. »

Curieusement ce même entrepreneur en construction avait défrayé la manchette à Coaticook il y a 10 ans lors de la faillite d'une entreprise dans laquelle il était impliqué. Cela  aurait causé des pertes financières plus qu'importantes à au moins trois entreprises de Coaticook et Compton selon le témoignage d'une des parties. « Je peux pas parler pour les autres, mais je vous assure que si on totalisait  l'argent perdu  par les entreprises victimes de sa faillite...c'est plusieurs centaines de milliers de dollars qu'on a perdu là-dedans... en tout cas nous on s'en souvient encore, » affirme le propriétaire d'une des entreprises victimes de cette histoire de faillite.

De plus, l'entrepreneur Jacques Sage opère aussi dans le secteur agricole et semble vraiment jouer de malchance puisque deux des granges qu'il a construites dans la dernière année se sont effondrées en raison d'événements climatiques et devront être reconstruites.

Diane Ledoux et son mari souhaitent vraiment obtenir réparation et passer à autre chose pour retrouver une certaine quiétude et enfin voir le projet de rallonge se construire dans les règles de l'art.

 

 

 

 


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