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Deux mots à vous dire
François Fouquet Par François Fouquet

Lundi, 28 novembre 2011

Nerfs et temps des Fêtes


28 novembre 2011

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Il vient un temps où ça finit par m'énerver.

Je comprends bien que tout est en train de se redéfinir. Que les politiciens ont étiré un élastique bien au-delà de ses propriétés premières. Je conçois tout aussi bien que le système économique a accouché du monstre de l'endettement personnel et que ça fait très mal à notre quotidien. D'ailleurs, comment pourrait-il en être autrement, je vous le demande? Je veux dire, à force de dépenser de l'argent qu'on a pas encore, on en est venus, collectivement, à dépenser à l'avance de l'argent qu'on n'est même pas certain d'avoir un jour!

J'ai donc une compréhension qui, comme la vôtre, est teintée par mes valeurs, ma vision, mon quotidien. Ma compréhension ne vaut pas plus qu'une autre. Mais elle vaut ce qu'elle vaut.

Mais il vient un temps où ça finit par m'énerver.

Vous le savez, le discours de la droite m'énerve. Ça, ça fait longtemps. Je parle du discours manipulateur, le discours qui vient imposer une vision en utilisant une interprétation du gros bon sens comme on se sert d'un paravent. Le genre d'attitude et de raisonnement qui fait qu'on en est rendu à embrasser la Reine goulûment dans tout ce qu'elle représente. « Avancez en arrière! », disait-on dans les tramways, à l'époque... 

À un moment donné, ça m'énerve vraiment. Et mon réflexe est alors de regarder ailleurs. De laisser porter. Comme pour protéger mon système nerveux. C'est exactement ce que les gens comme Harper souhaitent. "Repose-toi, on s'occupe de tout", semble-t-il dire. Comme quand il demande à Pierre-Hugues Boisvenu de jouer les ministres alors qu'il n'a pas été élu. Entendons-nous bien, j'ai du respect pour l'homme et je suis encore secoué par ce qu'il a vécu. Et il a le droit de parler, c'est clair. Le même droit que moi. Mais quand on se sert de la tribune publique pour attaquer et discréditer toutes les autorités qui gravitent autour, là, ça m'énerve. Lors d'une joute de hockey, on ne permet pas que quelqu'un s'invite et fasse du patinage libre. Le jeu a ses règles. Quand on veut embarquer sur cette patinoire-là, il faut respecter les règlements. Ce n'est pas le cas. Et pendant ce temps, Harper se flatte la bedaine en remerciant le ciel qu'aucun de ses ministres n'ait à chausser les patins. Qui de mieux qu'un non élu pour faire seul un débat controversé, mettant ainsi à l'abri des ministres qui, eux, ont à cœur d'être réélus... Il y avait longtemps que je n'avais pas vu une situation où la démagogie règne aussi fort. 

Il vient un temps où tout ça m'énerve...

Et là, je vois arriver le temps des Fêtes, et, avec lui, l'orgie de dépenses folles qui dépassent de loin le plaisir que procure le don ou la réception d'un cadeau. Ne nous emballons pas et ne mettons pas la faute sur tous les cadeaux. Le problème n'est pas le principe, c'est l'application du principe. C'est comme les téléphones cellulaires : ils sont devenus intelligents, mais les utilisateurs le sont-ils autant?

À un mois de Noël, je risque le message suivant : cette année, pourquoi ne mettrions-nous pas à l'agenda la notion de prendre du temps. Du temps avec les nôtres. Calmement. Le temps de se demander comment ça va, et, surtout,  d'apprécier la  réponse qu'on recevra. Du temps. Simplement. Et pourquoi on ne dirait pas qu'on va essayer de limiter les folies dans les achats des Fêtes. Juste pour voir ce que ça donne, un Noël qui ne fait pas craindre les comptes de cartes de crédit de janvier?

Je sais, la vie va vite. Mais il nous appartient de bien organiser nos trucs pour avoir un peu de temps. De prendre le temps d'apprécier tout ça.

Je suis dans cet état d'esprit là, cette année. L'actualité m'énerve et, surtout, je sens que tout est monté sur de l'artificiel. Alors, je cherche à influencer les pans de ma vie où je peux faire quelque chose.

Je vous souhaite, un mois à l'avance, du temps au temps des Fêtes!

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