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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

L’espoir qui tue l’espoir…

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Comme moi, vous avez probablement émis un « ouf! » de soulagement lorsque l'élection d'Emmanuel Macron a été confirmée du côté de la France. Ce n'est pas tant la joie de voir Macron élu que le soulagement d'éviter une Le Pen dans un paysage politique où le populisme de droite fait rage.

Pour moi, le populisme, c'est ce tissu de mensonges qui vient recouvrir la réalité. Un tissu qui est imprimé de faux exposés, qui deviennent pourtant des vérités aux yeux de plusieurs.

Aux États-Unis, Trump a fait campagne en disant qu'il fallait se débarrasser des élites en place. Jusque-là, ça va, il a bien le droit. Mais comment des millions de personnes en arrivent-elles à croire que Trump ne représente pas une élite, lui-même ?
Je trouvais ce constat étrange. Jusqu'à ce que...

Jusqu'à ce que je comprenne que c'est l'espoir qui tue l'espoir.

Et que c'est la mort de cet espoir qui fait en sorte qu'on jette son dévolu sur des choses qu'on croit mieux contrôler.
Jusqu'à ce que je comprenne que Justin Trudeau est en train de tuer l'espoir qu'il avait semé. En reculant sur un tas de promesses et en omettant de mettre les autres de l'avant, le Kid-Kodak qui avait tout pour plaire (surtout après Harper...) génère plutôt un terreau fertile au populisme. Parce que la droite n'attend que le déclenchement des élections pour assassiner l'espoir qui avait été semé.

Pareil pour Obama. Que je continue d'aimer comme personne et comme personne politique. Mais qui n'avait pas les moyens de ses ambitions. Le Congrès ne l'a jamais appuyé. Il n'y était pas majoritaire. Chaque budget était voté de justesse et au prix de concessions majeures.

Le « Yes, we can » est devenu « Finally, we can't ». Et des millions de gens en ont eu marre.

Il faut les comprendre. Le taux d'endettement familial en Amérique du Nord est astronomique. La moindre petite secousse dans les finances familiales cause un traumatisme permanent. Ce n'est pas rien ! Les entreprises coupent des postes au nom de l'accumulation constante de leur profit. Le chômage monte. Et, pendant ce temps, les prêteurs augmentent les marges de crédit et tentent par tous les moyens de favoriser le fait que l'économie reprenne son souffle. Mais les artisans de ce souffle ont eux-mêmes le souffle coupé. Pas simple.

Pour moi, il est clair que le ras-le-bol fait en sorte qu'on croit aux âneries de Le Pen et Trump. Ils ont compris qu'on peut faire croire n'importe quoi à quelqu'un qui n'en peut plus. Que ce qu'on leur fait croire soit vrai ou faux ne compte pas. L'important, c'est qu'ils croient qu'on va revenir à ce que c'était avant. Quand tout allait bien.

Et c'est tout ce que ces gens-là souhaitent.

Et souhaitent entendre.

Ils ne croient plus ceux qui promettent des réformes et ne les réalisent pas. Obama n'a pas pu. Trudeau ne veut pas, il semble bien.

Macron a du pain sur la planche.

S'il rate, Le Pen sera là après, rejetant les élites et se proposant à la place.

Ça sent le déjà vu...

Clin d'œil de la semaine

Le Pen est battue. Une Marine qui aurait bien pu couler bien des espoirs...


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