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CHRONIQUEURS /
Deux mots à vous dire
François Fouquet Par François Fouquet

Lundi, 12 septembre 2011

Ces dates qui nous changent


12 septembre 2011

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« Considérez-vous qu'il y a un avant et un après 11 septembre dans votre façon d'être? »

La question a été posée cent fois. Peut-être mille, depuis une semaine. Pourtant, elle m'agace un peu chaque fois que je l'entends.

Je conviens d'emblée que le 11 septembre 2001 est une date marquante.

Ce que je n'aime pas, en fait, c'est ce qu'on a fait des évènements du 11 septembre 2001. Terriblement médiatisé, l'attentat est devenu, somme toute, une fin du monde en soi. Attaquer les États-Unis, pays de la liberté, de la franchise, si ce n'est pas une fin du monde, c'est quoi?

Cette fausse pureté des Américains, leur façon de laisser croire qu'ils ont été sournoisement attaqués, tout ça, ça m'irrite.

Cela dit, je me suis demandé si moi, j'étais un brin différent après le 11 septembre 2001.

Peut-être un peu.

Disons d'abord que j'ai été ébranlé parce que tout ça est arrivé tout près de nous. Bien plus proche que d'habitude. Ajoutez à cela le fait que je n'arrive plus à croire en ces Américains aux mains blanches qui implorent Dieu de les protéger dans leur grande mission d'épandage universel de paix... Depuis des années, les Américains interviennent à qui mieux mieux, agissant en possesseurs de vérité et faisant la guerre pour des raisons bien différentes que celles qu'ils évoquent officiellement.

Dans un ring, quand un des deux boxeurs est blessé et en meurt, on ne crie pas à l'injustice. On parle des risques du métier... Quand les Américains jouent les vierges offensées avec le 11 septembre, c'est leur crédibilité est au plancher. Ground zero...   

Dans mon cas, ce qui a changé, c'est que je me sens plus en mesure de me laisser toucher par ce qui se passe ailleurs. Des fins du monde comme celle du 11 septembre, il y en a eu des centaines au fil du dernier siècle. Partout. Et des bien pires encore! Mais quand ça arrive à un autre peuple, sur un autre continent, c'est moins grave. C'est plus loin. Et puis, après tout, ce sont tous des extrémistes. Des voyous. Et tout ça... Mais quand la charge explosive déplace l'air de notre territoire, ouf!, là, c'est grave!

J'ai vécu l'anniversaire des évènements du 11 septembre 2001 avec du recul. Pas mal de recul. En souhaitant, surtout, qu'on se laisse toucher par ce qui se passe ailleurs. Et qu'on fasse pression sur nos décideurs pour que ça cesse. Je sais, je suis rêveur, mais quand même... Je souhaite aussi que les familles et amis des victimes de ce massacre puissent panser leurs blessures lentement. Ce sont elles et eux, les grands perdants, au fond.

Quand on accepte, au nom de ce qu'on définit comme étant le bien, que les États-Unis interviennent un peu partout, de façon plus ou moins légitime, qu'ils financent les uns et tuent les autres, il ne faut pas croire que ça se fait dans le cadre d'un jeu vidéo. Qu'il n'y aura jamais de riposte en nos terres! « On fait la guerre, mais juste chez vous, OK? » Il y a une limite à la pensée magique, il me semble.

Et si, au lieu de parler d'une fin du monde, on en arrivait à parler de la fin d'un monde? Et si c'était à nous de bâtir ce monde qui suit celui qui se termine?

Je changerais la question pou celle-ci, en fait : « Suis-je assez différent,  après les évènements du 11 septembre 2001, pour contribuer à faire une différence? »

Clin d'œil de la semaine

Être assez naïfs pour croire que la guerre qu'on fait ne se fait que sur le territoire ennemi, c'est la même chose que de crier : « La guerre, la guerre, c'est pas une raison pour se faire mal! ». La citation vient du film la Guerre des tuques... C'était cute. Dans la vraie vie, c'est autre chose...

  

 


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