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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

La fierté


20 juin 2011
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La Fête nationale est à nos portes. Il sera donc question de fierté.  

Pour moi, la fierté ressentie est en lien direct avec le mérite. J'ai donc un drôle de sentiment par rapport au fait d'être fier d'être Québécois ou Canadien. C'est l'amour que deux personnes ressentaient l'une pour l'autre a fait en sorte que je naisse ici. À Sherbrooke. Au Québec. Au Canada. En Amérique. Je n'ai pas grand mérite là-dedans!

Mon point dans tout ça? L'expression de la fierté me dérange. En son nom, on devient chauvin. En bleu comme en rouge. Même dans la circulaire de Canadian Tire, tout est en bleu cette semaine et sera en rouge la semaine prochaine. Belle façon d'exploiter la fierté!  Il ne faut pas perdre une vente! Parfois, le chauvinisme devient ridicule. Les États-Unis constituent un bel exemple. Proud to be an American. Fier d'être citoyen d'un pays qui ne s'est jamais trouvé de nom, finissant par laisser croire qu'ils sont l'Amérique.

Quand on pousse plus loin l'expression de cette fierté, on finit par jouer les hymnes nationaux avant chaque joute de hockey, par exemple. Tellement ridicule! L'hymne national... Franchement! Vous croyez qu'Ovechkin représente les États-Unis d'Amérique quand il joue pour les Capitals de Washington? Foutaise. Ode au dollar américain, dans ce cas, serait plus juste. 

Cela dit, il m'apparaît intéressant de prendre une pause, à tous les 24 juin, pour savourer pleinement la richesse de ma langue maternelle, pour apprécier la musique d'ici, pour constater l'énergie qui nous anime. Autant je n'aime pas les guerres de drapeaux, autant je crois qu'il faut se souvenir. De se rappeler d'où on vient.  Je déteste profondément la notion de petitesse qui est souvent associée à ce qui vient de chez nous. « Pour un petit Québécois, jouer dans la LNH, c'est quelque chose... » Ça, ça me choque. Je ne comprends pas pourquoi nous serions plus petits que le reste du monde. Un humain est un humain. Il a son potentiel qu'il lui appartient de développer s'il le souhaite. Je ne comprends pas, non plus,  pourquoi il est plus petit de chanter en français qu'en anglais. Pourquoi cette gêne existe-t-elle en lien avec ce qui est fait ici? Ça, ça me dépasse.

Célébrer ce que je suis, humainement et culturellement, ce n'est pas faire preuve de fermeture d'esprit. Ce n'est pas, non plus, choisir de vivre en marge du reste du monde. Apprécier la musique, la littérature, le cinéma fait ici, ce n'est pas dire que c'est meilleur ou pire que ce qui se fait ailleurs. C'est entrer dans l'univers proposé par quelqu'un qui vient du même endroit que moi. Plus jeune, j'écoutais autant Paul Piché que Donna Summer. Je ne les imaginais pas en couple ou en duo, mais j'aimais les deux pour des raisons différentes. 

Pour dire vrai, je suis fier du Québec quand la culture s'exprime de façon ouverte, sans complexe de supériorité ou d'infériorité. Quand il est un endroit où le fait de côtoyer la différence ne fait pas peur parce que les racines sont assez solides pour ne pas être déstabilisé. Ce Québec-là me plaît. J'y reconnais ma nation.

Cette année, le 24 juin, j'aurai une pensée un brin sarcastique pour Raoul Duguay qui a été le seul artiste à proposer un hymne national pour le Québec. Quand 32 artistes refusent de jouer le jeu, on devrait peut-être remettre en question l'essence même du projet.

De toute façon, Quand les hommes vivront d'amour me va comme hymne au respect de la vie. Et pour rassembler les gens, Gens du pays fait vibrer une fibre en moi. Que la Société St-Jean- Baptiste se concentre sur autre chose que la quête d'un hymne. Il doit bien y avoir d'autres priorités!

Bonne fête nationale!  

Clin d'œil de sa semaine

Raoul Duguay a composé un texte qui doit devenir un hymne national. Une fleur de lys, ça se fume, ça?

 


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