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CHRONIQUEURS /
Deux mots à vous dire
François Fouquet Par François Fouquet

Lundi, 17 mars 2014

Le pire...et le meilleur



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Il y a deux côtés à une médaille.

Il faut marcher un kilomètre dans les souliers de quelqu'un d'autre avant de le juger.

Deux phrases qui ont bercé ma jeunesse. Un rappel au fait que tout est relatif. Que le jugement facile et immédiat est souvent mauvais conseiller. Que le fait d'accuser quelqu'un de quelque chose, surtout sans savoir, est inopportun et souvent blessant. Et que de blesser quelqu'un, c'est mal...

Ce bel enseignement semble bien moyenâgeux quand je constate ce qui se passe sur les médias sociaux en cette campagne électorale. Internet est capable du meilleur. Et du pire.

Je vous parle d'abord du pire. Je terminerai avec le meilleur.

On blâme les politiciens de toujours sortir la cassette. Une façon de déplorer qu'ils sortent toujours les mêmes affaires, course électorale après course électorale. Le reproche est justifié, tous partis confondus. Mais l'utilisation des médias sociaux par les électeurs lève souvent le cœur. Là aussi, la cassette est ressortie! La même qu'il y a 18 mois. Les insultes fusent, les arguments demeurent cachés.

À coups de courtes vidéos prises souvent hors contexte, à coups de déclarations de politiciens et de personnalités publiques tout aussi dépouillées de leur contexte, on insulte. On injurie celle ou celui qui ne pense pas comme soi. L'important n'est pas de faire valoir un point de vue, c'est de planter l'autre. Par exemple, je partage une phrase assassine sur mon Facebook sans émettre de commentaire. La phrase est blessante, mais, je me cache derrière le fait que « Moi, j'ai rien dit, j'ai juste partagé un statut. » Cette semaine seulement, j'en ai répertorié une trentaine. Et je ne suis pas allé beaucoup sur les médias sociaux. On parle d'un phénomène. Un phénomène poche, cela dit.

Quand on n'a pas d'arguments, on frappe. L'insulte est l'argument de celui qui n'en a pas. Le mépris est l'arme du faible qui n'a jamais pris deux minutes pour aligner sa pensée, mais qui se réclame d'une idéologie X ou Y.  Et, puisque ces lettres sont évoquées, le fait d'appartenir à la génération X, Y ou boomer ne change rien à la responsabilité de chacun quant à l'utilisation des mots et des propos sur le Web en général.

Je l'ai souvent dit. La charte des droits et libertés aurait dû être complétée d'une charte des devoirs et responsabilités.

Le pire, donc, ce ne sont pas les médias sociaux. Ce sont ceux qui les utilisent en se croyant les rois d'un monde virtuel où il suffit, pour faire valoir une option quelconque,  d'insulter l'autre avec cette absence de courage qui serait pourtant nécessaire si les propos étaient dits droit dans les yeux de l'autre.

Pour éviter ce « pire », je me soustrais de plus en plus aux commentaires de celles et ceux (tiens, tiens, il y a plus de « ceux »...) qui utilisent cette arme. Répondre viendrait encourager la chose.

Mais, sur le Web, il y a aussi le meilleur...

La grande toile qu'est Internet brise les frontières, démocratise et permet de mettre en valeur des actions et des initiatives riches et heureuses. Celles-ci ont une chose en commun : les faire connaître aurait été difficile, voire impossible, sans le Web.

Je pense à la musique. Entre autres. Il y a de plus en plus d'artistes qui réussissent à faire connaître leur œuvre, leur talent sans avoir à passer à travers le modèle tout puissant de l'Académie et de la Voix. Pas que cela soit mauvais en soi. Mais que ce soit Le chemin vers une forme de réussite m'a toujours beaucoup dérangé.

Je pourrais nommer, rapidement, une trentaine d'artistes que j'ai connus par le biais de routes moins conventionnelles. Des artistes dont j'ai apprécié l'œuvre et le talent. Je serais un peu plus pauvre de ne pas les connaître.

Voilà un des aspects du meilleur du Web. Un aspect qui fait en sorte qu'un duo sherbrookois comme Guajira fait écouter sa musique à travers le monde et lance un deuxième album complet ces jours-ci. Et des exemples comme celui-là, il y en a!

Il y a toujours deux côtés à une médaille. Le pire côtoie souvent le meilleur, même s'ils ne s'entendent pas.

Le filtre est au clavier. Et je vais dorénavant filtrer de façon plus serrée.

Clin d'œil de la semaine

« Je crois à ceci parce que je crois que cela devrait nous amener là-bas et que je crois que c'est souhaitable. Voici pourquoi... » Voilà une phrase qui serait de la musique à mes oreilles en cette période électorale.


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