Société Arts & culture Sports Chroniqueurs Concours Annonces Classées

  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Fêter le travail


6 septembre 2010
 Imprimer   Envoyer 

Je me souviens précisément du moment où c'est arrivé. C'était en 1979. J'étais au volant de ma Honda Civic 1976. La première année, me semble-t-il, de l'arrivée des voitures Honda au pays. Une toute petite voiture. Vraiment petite. Je réalisais bien que les propriétaires de Chrysler Cordoba, Plymouth Fury, Ford Galaxie 500 et autres immenses bolides auraient pu,  sans problème, installer ma petite Civic dans leur coffre arrière!

C'était une traction avant. On précisait le avant dans le temps. « Ben voyons, une traction avant! », disaient les plus vieux. Il n'y en avait que très peu, à l'époque. Moi, je spinnais beaucoup moins l'hiver! Ma Honda chérie était équipée d'un petit moteur de 1 200 cc (un moteur de rasoir, disaient certains...) et des petites roues de 12 pouces! Un embryon de voiture, semblaient dire les propriétaires de paquebots roulants. Une fausse couche de l'industrie automobile!

C'est donc dans cette voiture que c'est arrivé. Un reportage à la radio, alors que je roulais sur la rue Terrill, direction Cégep, m'a frappé.  « Les jeunes d'aujourd'hui (j'avais 18 ans, quand même!), vont vivre dans une société de loisirs. Les valeurs reliées au travail vont évoluer et il est important que chacun se prépare à ce phénomène qui s'en vient irrémédiablement. »   Je cite librement et au gré de mes souvenirs le sociologue qui s'exprimait.

Je ne sais pas s'il vit encore, mais les choses ont tourné autrement.

Même l'immense majorité des marginaux qui vivaient en commune (et/ou en mode hippie) vivent maintenant dans des maisons très confortables et ont laissé dans un coffre poussiéreux le souvenir de leur rêve idéaliste d'une société plus juste et équitable.

Au tournant des années 1980, on a plutôt cité le modèle japonais pour encadrer la nouvelle culture du travail. Le vrai bon travaillant renonçait même à ses vacances au profit de la valorisation de ses efforts pour son entreprise! On était bien loin de la société de loisirs.

En lieu et place de l'énoncé de mon sociologue, on s'est engouffrés, collectivement, dans une mélasse de travail excessif où l'humain a été oublié. Ou tassé. Seule la performance était reconnue. Les dommages collatéraux n'étaient pas considérés.

Les parents ont eu des enfants alors qu'ils travaillaient tous les deux, recherchant les bienfaits de la reconnaissance personnelle et sociale. Et cherchant aussi à joindre les deux bouts du budget familial. Ces enfants ont été, généralement, très gâtés, comme le dirait ma mère. Que ce soit par compensation ou par souci de donner le meilleur, notre génération a pris soin de procurer à sa progéniture tout le luxe possible.

Ces enfants-là ont vu évoluer leurs parents. Ils les ont vus courir du matin au soir. Ils ont aussi remarqué que même les heures de repos étaient planifiées pour être, elles aussi, performantes! Doit-on se surprendre que plusieurs recherchent une formule plus humaine d'accomplir la semaine de travail maintenant qu'ils deviennent adultes?   

Je repense à tout en ce week-end de la fête du Travail. Pour moi, il est clair que le travail contient des vertus indéniables, qu'il nous pousse plus loin, qu'il ouvre la porte à une vie intense et à un réseau intéressant.

Mais il y a un équilibre à atteindre. Le balancier revient, je crois, et j'applaudis. Même si je sais, comme responsable d'entreprise, que les us et coutumes des nouveaux salariés viennent bousculer mes repères et mes perceptions. Je vois tout ça comme une invitation au changement et à la recherche d'un équilibre de vie. Et j'ai le goût de m'inscrire dans la démarche!

Où ça va mener? Sais pas. Ce que je sais, par contre,  c'est que les voitures sont maintenant plus petites et pratiquement toutes équipées d'une traction avant. Pourtant, en 1979...

Clin d'œil de la semaine

On fête le travail en n'y allant pas ce jour-là. C'est comme fêter quelqu'un sans l'inviter!


  A LIRE AUSSI ...

Jour de l’An et élections : même combat?

Mardi 8 septembre 2026
Jour de l’An et élections : même combat?
Je ne sais toujours pas…

Lundi 28 septembre 2026
Je ne sais toujours pas…
L’IA et les grenouilles

Lundi 21 septembre 2026
L’IA et les grenouilles
NOS RECOMMANDATIONS
PSPP est-il Premier ministrable ?

Mercredi 30 septembre 2026
PSPP est-il Premier ministrable ?
Un autre weekend occupé pour les policiers à Sherbrooke

Lundi 28 septembre 2026
Un autre weekend occupé pour les policiers à Sherbrooke
Val-Saint-François : 40 partenaires mieux outillés pour aider la population

Jeudi 1 octobre 2026
Val-Saint-François : 40 partenaires mieux outillés pour aider la population
PLUS... | CONSULTEZ LA SECTION COMPLÈTE...

 
François Fouquet - Deux mots à vous dire
Lundi, 28 septembre 2026
Je ne sais toujours pas…

Une nouvelle distinction pour les Mal-Aimés à Cookshire-Eaton Par Martin Bossé Mardi, 29 septembre 2026
Une nouvelle distinction pour les Mal-Aimés à Cookshire-Eaton
25 ans de mentorat entrepreneurial à Sherbrooke Par Martin Bossé Lundi, 28 septembre 2026
25 ans de mentorat entrepreneurial à Sherbrooke
Énergie Sherbrooke en deuil après la mort de Gabriel Jasmin Par Martin Bossé Lundi, 28 septembre 2026
Énergie Sherbrooke en deuil après la mort de Gabriel Jasmin
Le Château Leret Cahors Réserve: un Cahors de caractère Par Chat GPT, Le sommelier du journal Estrieplus Vendredi, 2 octobre 2026
Le Château Leret Cahors Réserve: un Cahors de caractère
Un camion, une remorque et deux VTT volés : près de 65 000 $ volés Par Martin Bossé Mercredi, 30 septembre 2026
Un camion, une remorque et deux VTT volés : près de 65 000 $ volés
Incendie au Restaurant 108 à Cookshire-Eaton : fermeture pour une durée indéterminée Par Martin Bossé Lundi, 28 septembre 2026
Incendie au Restaurant 108 à Cookshire-Eaton : fermeture pour une durée indéterminée
ACHETEZ EstriePlus.com
bannières | concours | répertoire web | publireportage | texte de référencement | site web | vidéos | chroniqueur vedette
2026 © EstriePlus.com, tous droits réservés | Contactez-nous