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CHRONIQUEURS /
Deux mots à vous dire
François Fouquet Par François Fouquet

Lundi, 27 juin 2016

La famille



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Ouais, je sais, le thème est usé.

Les blogues du temps des Fêtes regorgent de gens qui se plaignent de devoir voir leur famille. Ils disent qu'ils n'ont pas d'atomes crochus. Que tout cela les énerve. Que c'est une perte de temps dans l'organisation devenue très stricte des loisirs! Avec la quantité d'efforts et de stress investis dans la planification des loisirs, il faut que tout soit efficace. Et dire que le loisir doit enlever du stress, en bout de piste. Pourquoi ajouter celui de rencontrer la famille?

La famille, je disais. Je vous parle un peu de celle que je connais le mieux. La mienne. Mais attention, rien de très personnel. Pas de prénoms, pas d'anecdotes (ou si peu). Mais des constats.

Nous nous sommes retrouvés la fin de semaine dernière. Le prétexte? Un anniversaire de mariage. Presque tout le monde a dû faire pas mal de kilomètres pour être là. Aucun de ces kilomètres n'a été décrit comme un obstacle.

À un moment donné de cette rencontre, je me suis arrêté quelques instants. Le temps de me dire que j'étais chanceux. Chanceux de pouvoir voir ma famille sans qu'il y ait de chialage, de chicane. Quand je lis les histoires que les gens racontent autour, je me dis vraiment que je suis chanceux!

La famille, c'est un îlot dans l'océan du quotidien. Un endroit où il fait bon être. Les échanges sont joviaux, intéressés. Dans ma famille, on a appris tôt l'autodérision. Il est préférable de ne pas en manquer quand on se voit. La méchanceté est absente, cela dit.

Je me retrouvais dans cet îlot où l'un s'intéresse à l'autre, sans tomber dans la comparaison. Je n'ai jamais senti que la réussite de l'un devait dépasser celle de l'autre. On se mesure, en société, par rapport à ce qu'on « fait dans la vie ». Son métier, ses aptitudes et, surtout, l'exploitation de celles-ci. Par extension, on se définit par son char, ses vêtements, les vins qu'on boit et autres patentes niaises et sans réelle valeur. Tout ce boucan n'est visiblement pas important chez nous. Tant mieux!

Je suis toujours heureux et un peu surpris de constater l'intérêt des neveux et nièces à participer à ces événements. À se revoir entre cousins et cousines. Il y a une sorte de flambeau qui se passe.

Une de mes nièces, quand a vécu sa jeunesse en transit, d'un pays à l'autre, suivant ainsi le parcours professionnel de ses parents, nous disait ceci : « moi, quand on me demande d'où je viens, c'est aux deux adresses de mes grands-parents que je réfère. C'était là qu'on déposait nos valises. Ce sont eux qui nous attendaient et nous reconduisaient à l'aéroport quand on devait repartir ». Cette nièce n'a jamais vraiment demeuré à Sherbrooke, mais ses racines y sont. Les racines, c'est la famille. Et vice versa.

Le pays, c'est d'abord la famille. Celle qui nous a accueillis, laissés partir et, parfois, retrouvés, quand, parfois, les chemins s'étaient éloignés.

La famille, c'est aussi quelque chose qui semble de plus en plus difficile à imbriquer dans la case horaire de chaque individu. Notre société étant basée sur le principe des citoyens solitaires qui se côtoient, il y a danger dans la demeure.

Si on ne brasse pas la cage de nos valeurs, de temps à autre, il y a danger que la famille devienne un élément folklorique qu'on évoque en conte.

J'émets le souhait que la lignée se poursuive dans notre famille. C'est bien parti. La fête de la fin de semaine était tout de même de leur initiative!

Ouais, je sais, le thème de la famille est usé. Mais la mienne ne l'est pas. Et je m'en déclare heureux. Tout simplement...

Clin d'œil de la semaine
L'essentiel, c'est la cellule familiale. Pour les familles criminalisées, l'essentiel de la famille est en cellule...


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