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CHRONIQUEURS / L'Agora
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau

Mercredi, 10 avril 2019

Dieu n’existe pas!



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Photo: Dreamstime.com

Dans ma dernière chronique, j'avais abordé la question de la Loi 21 sous l'angle de la charte des droits et du droit légitime du Québec de faire appel à la clause dérogatoire pour affirmer son caractère distinct, soit son choix d'une société laïque amorcée depuis les années 1960. J'avais aussi lancé un appel au calme pour discuter de ces enjeux. Manifestement, à voir et à entendre la dérive actuelle dans les débats entourant la loi 21 au Québec, cet appel n'a pas été entendu et il ne le sera pas.

L'un de mes amis qui avaient lu cette chronique m'avait pourtant bien averti en me disant qu'il comprenait ce point de vue, mais qu'il ne serait pas entendu. Il avait raison. Sortons donc l'artillerie lourde pour justifier que ce projet de loi sur la laïcité est non seulement un excellent projet de loi, mais qu'il est nécessaire pour la sérénité de la société québécoise quoique puissent en dire ses détracteurs aujourd'hui. Pourquoi doit-on être étonné de l'appui des intellectuels d'une certaine mouvance de gauche à cette croisade contre le projet de loi sur la laïcité du gouvernement Legault ? Tentatives de compréhension.

Les intellectuels et la religion

Il y a quelques années, le professeur Yves Gingras a publié un essai sur la question du lien entre les scientifiques et la religion. Dans cet essai, l'historien des sciences nous expliquait que son essai était né d'une interrogation : « comment expliquer le retour en force, depuis les années 1980-1990, de la question des relations entre science et religion et des appels au "dialogue" entre ces deux domaines pourtant si éloignés par leurs objets et leurs méthodes ? »

Dans ce livre fort instructif, « l'historien des sciences Yves Gingras analyse d'abord les limites théologiques de l'autonomie de la recherche scientifique au XVIIe siècle. Il retrace ensuite la longue histoire allant de la condamnation de Galilée pour hérésie en 1633 jusqu'à sa réhabilitation par Jean-Paul II après plus de trois cent cinquante ans de revendications en ce sens par les savants européens. Il montre enfin comment Dieu et la théologie naturelle sont devenus marginaux dans le champ scientifique au cours des XVIIIe et XIXe siècles, à mesure que la pensée scientifique naturaliste s'est étendue à la géologie, à l'histoire naturelle, aux origines de l'homme et à l'histoire des sociétés et des religions. Face à la montée de mouvements religieux et spirituels néoromantiques qui rejettent les acquis des recherches scientifiques les mieux établies, l'auteur en appelle à prendre le parti de la raison » (loc. cit.)

Or, il m'apparaît étonnant que 250 intellectuels, qui pratiquent leur art dans une démarche scientifique, lancent la charge contre un projet de loi qui bannit les signes religieux ostentatoires pour les personnes en autorité dans l'espace public. Des scientifiques défendent en aval la représentation dans l'espace public de quelque chose qui n'existe pas, Dieu, qui donne du carburant à quelque chose qui existe, les religions, mais qui ne repose que sur du vent et des croyances métaphysiques. Pourtant, si les scientifiques de toutes les disciplines s'y mettaient, si des études sérieuses étaient conduites par toutes les disciplines scientifiques, on arriverait rapidement à la conclusion que les religions sont néfastes aux humains. Karl Marx l'avait pourtant dit, les religions c'est l'opium du peuple. Notre époque est lourdement intoxiquée par cette drogue qui fait des ravages partout dans le monde répandant plein de victimes et de morts sur son passage.

Les religions et leurs méfaits

La liste des méfaits de la religion pourrait être longue. Rappelons seulement les cas les plus manifestes, les croisades qui ont mené à des guerres inutiles contre les musulmans, l'inquisition espagnole qui a tué de nombreuses personnes, la conquête des nouveaux mondes par les Européens qui ont mené à la destruction des populations indigènes en Amérique. Je pourrais continuer longtemps en vous citant de nombreux autres exemples d'atrocités commises au nom d'une religion ou d'une autre.

Les journaux et la télévision rapportent quotidiennement des violences physiques et des guerres civiles impliquant les religions, directement ou indirectement. Depuis la fin des années 1970, l'islam radical est le premier concerné. Aujourd'hui, on n'entend parler que de Daesh. Avec pour conséquences « un sentiment d'insécurité généralisé et un ressentiment injustifié contre les musulmans. »

Dans une conférence, le sociologue français des religions Jean-Louis Schlegel rappelle que les violences ne concernent pourtant pas seulement l'islam. « En Inde, le gouvernement nationaliste ferme les yeux sur les fanatiques hindouistes qui s'attaquent aux musulmans et aux chrétiens. En Birmanie, les bouddhistes persécutent la minorité musulmane des Rohingyas. Les chrétiens sont également à l'origine de violences. Au Rwanda, les évêques et les prêtres ont été fortement impliqués dans le génocide de 1994. En Centrafrique, des milices chrétiennes commettent des exactions contre les musulmans. D'autres violences sont plus latentes. Les manifestations religieuses identitaires seraient devenues trop visibles dans l'espace public. Foulard, kippa, soutane, viande halal, prêches publics.

Les religions irritent leurs contemporains les plus modernistes : Elles apparaissent hostiles au progrès de la science, de la médecine, au progrès social, et seraient rétrogrades sur les questions de fin de vie et de procréation." Après l'attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo, en France, les religieux semblent, en plus, remettre en cause la liberté d'expression. » N'est-ce pas ce que l'on vit actuellement au Québec dans ce débat sur la loi 21 ? La liberté d'expression de la majorité est mise au ban au nom de la liberté de croyances des minorités.

Mon rapport personnel à la religion

Mais vous me direz, moi je crois en un Dieu, « mais c'est entre moi et lui, je rejette les religions. » C'est plus délicat d'argumenter sur les croyances individuelles de chacun. J'en suis. Néanmoins, je peux discuter de mon rapport personnel à la religion. Quand j'étais jeune, je fus obligé culturellement d'être enfant de chœur et de « servir la messe » tous les matins avant l'école et de sonner les petites cloches avant l'eucharistie. À cause de cette même religion catholique, combien de mères dans nos familles ont dû accoucher de nombreuses fois au nom de la famille ? Combien de femmes ont été obligées de rester à la maison et subir le joug de leur époux au nom de la volonté de Dieu ?

Je conviens que les communautés religieuses ont aussi apporté de nombreuses actions positives en éducation et en santé. Les religieuses et les religieux se sont occupés de nos malades et de l'éducation de nos enfants, mais cela ne peut faire oublier l'opprobre de cette religion dans l'histoire du Québec qui nous a maintenus sous le joug de l'envahisseur, les Anglais, puis sous celui de patrons voraces d'un capitalisme triomphant en faisant en sorte que nous croyions que nous étions nés pour un petit pain et que les affaires n'étaient pas pour nous, car faire de l'argent était un péché. Il serait intéressant que dans le dialogue que je souhaite voir s'établir avec celles et ceux qui ne comprennent pas l'importance de la laïcité pour la société québécoise se donnent la peine de comprendre le rapport à la religion que nous avons nous, la majorité francophone eu égard à notre histoire plutôt que de nous dépeindre comme de méchants racistes intolérants.

La Loi 21 et le Québec

C'est pourquoi je suis favorable à la loi 21 du gouvernement Legault. Une Loi somme toute modérée pour quelque chose qui n'existe pas, Dieu, et dont les manifestations, la religiosité, sont responsables de tant d'atrocités dans le monde. Je veux bien respecter les croyances de tout et un chacun, mais à terme une société libre et démocratique ne peut pas accommoder les croyances de tous ces membres surtout si ces derniers s'entêtent à vouloir que leurs croyances soient présentes dans notre espace public. Je n'ai rien contre l'expression des croyances religieuses, même si je suis convaincu que les religions sont néfastes pour les humains. Néanmoins, l'expression des croyances religieuses doit être faite dans l'espace privé et non dans l'espace public, surtout de gens qui représentent l'État. Simple à comprendre : tolérance à l'expression religieuse de chacun, mais pas dans les postes en autorité.

En terminant, je veux citer Albert Camus, un penseur plus grand que nature et athée qui écrivait : « Nous vivons dans la terreur parce que la persuasion n'est plus possible, parce que l'homme a été livré tout entier à l'histoire et qu'il ne peut plus se tourner vers cette part de lui-même, aussi vraie que la part historique, et qu'il retrouve devant la beauté du monde et des visages ; parce que nous vivons dans un monde de l'abstraction, celui des bureaux et des machines, des idées absolues et du messianisme sans nuances. Nous étouffons parmi les gens qui croient avoir absolument raison, que ce soit dans leurs machines ou dans leurs idées. Et pour tous ceux qui ne peuvent vivre que dans le dialogue et dans l'amitié des hommes, ce silence est la fin du monde. » (Jacqueline Lévy-Valnsi et col, Albert Camus, Œuvres complètes, tome 2 1944-1948, Paris, Bibliothèque La Pléiade, 2006, p. 437)

Il faut se le dire : Dieu n'existe pas !


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