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CHRONIQUEURS / L'Agora
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau

Mercredi, 25 février 2015

La culture des bolides!



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L'auteur Étienne Lyrette, un docteur en études urbaines de l'Institut national de recherche scientifique écrivait dans un article récent que : « La culture du transport qui a marqué le développement du Québec des trente glorieuses à nos jours est fondamentalement axée sur l'automobile... l'essor de l'automobile et sa démocratisation ont laissé un héritage qui marque encore le paysage québécois et notre relation à la mobilité » Étienne Lyrette. (Ré) humaniser nos milieux de vie et repensant notre mobilité (p. 175 dans Yanick Barrette, Le Québec à l'heure des choix. Montréal, Dialogue Nord-Sud, 2014) 

Il n'y a pas d'endroit mieux choisi pour illustrer le propos de cet auteur que le centre-ville de Sherbrooke. Le centre-ville de Sherbrooke a connu son plus grand déclin avec l'avènement d'une culture banlieusarde de centres commerciaux, notamment l'arrivée du Carrefour de l'Estrie, en même temps qu'avec le triomphe de l'automobile comme mode privilégié de notre mobilité.

Le capital et son espace

Alain Lipietz a écrit en 1977 un important ouvrage intitulé : « Le Capital et son espace ». Dans cet ouvrage marquant pour les géographes, l'auteur s'inscrivait dans les perspectives théoriques du marxisme structuraliste pour lier le développement de l'espace à l'articulation des façons de vivre et de produire des sociétés. Lipietz prétend que la société recrée son espace sur la base de son héritage passé et, en même temps, cet espace créé constitue une contrainte qui dicte l'articulation des rapports entre les gens. Il y a donc, nous dit Lipietz, polarisation de l'espace social. L'espace devient ainsi un produit, une marchandise que le capital friand de trouver de nouvelles opportunités utilisera pour augmenter ses profits.

En mots simples, l'appropriation de l'espace par le capital pour produire un cadre bâti deviendra un enjeu fondamental du développement économique et cela ne sera pas sans influence sur les rapports qu'entretiendront les gens entre eux dans le cadre bâti qui constitue notre milieu de vie.

Les promoteurs fabriquent les villes

Mon ancien directeur de thèse de doctorat, Paul André Linteau, l'un des chefs de file du discours historiographique révisionniste québécois a le mérite d'avoir vulgarisé la thèse de Lipietz dans son livre classique intitulé Maisonneuve ou comment les promoteurs fabriquent une ville publié chez Boréal en 1981.

Une thèse classique en histoire urbaine qui fait la démonstration que le capital foncier est au cœur de la stratégie du développement du capital au début du 20e siècle au Québec. L'auteur nous décrit avec beaucoup de panache le développement de la petite ville de Maisonneuve qui devient une municipalité distincte de Montréal en 1883. De paisible village rural de la banlieue montréalaise, Maisonneuve deviendra en vingt ans un centre industriel important. La publicité de l'époque nous rappelle Linteau la présentera comme « la Pittsburgh du Canada ». Maisonneuve sera l'objet de grandioses projets d'embellissement : édifices publics imposants, spacieux boulevards, vastes parcs de recréation. Rien n'était épargné pour faire de Maisonneuve une ville phare du début du 20e siècle. C'est la Première Guerre mondiale qui viendra briser le rêve amorcé en 1883.

Au-delà des faits précis concernant la ville de Maisonneuve, ce qui importe ici, c'est de prendre acte que ce livre constitue un chapitre fondamental de l'histoire urbaine du Québec qui ressemble à la trame d'urbanisation de bien des villes au Québec. On y voit à l'œuvre des promoteurs fonciers qui ont su combiner à leur avantage intérêts privés et intérêt public. Le passé est bien souvent garant de l'avenir...

Le nouveau centre-ville vert de Sherbrooke

Deux grands phénomènes font du plan directeur de développement du centre-ville de Sherbrooke, un événement marquant pour le développement de Sherbrooke. Le premier c'est qu'il propose une rupture avec la culture de l'automobile. Il est pensé pour que l'on revoie notre rapport à la mobilité. Le second c'est que ce plan a été fait avec la population en amont. Un participant à l'événement de dévoilement du plan disait se réjouir du fait qu'à Sherbrooke c'était la première fois qu'un plan d'aménagement n'était pas dicté par des promoteurs. Que cela soit vrai ou non, une chose est certaine c'est que le nouveau plan directeur du centre-ville de Sherbrooke offre des possibilités qui permettent d'envisager un développement durable pour le centre-ville de Sherbrooke. En soi, c'est une heureuse nouvelle!

Le plan directeur du centre-ville 2020 favorise une plus grande mixité des fonctions urbaines. Les zones récréatives, résidentielles, commerciales et institutionnelles sont appelées à se côtoyer. La concentration des activités favorise ainsi la dynamisation des milieux de vie, une plus grande densité du cadre bâti et permet la mise en place de modes de transport plus variés, dont le transport collectif et le transport actif. Plus encore, le plan directeur prévoit la disparition de nombreux stationnements, le déplacement d'un pont, celui des Grandes-Fourches, pour permettre à la fois aux Sherbrookois de se réapproprier les berges de leurs rivières, mais aussi pour créer de nouveaux milieux résidentiels tout en renforçant le caractère culturel et festif du centre-ville de Sherbrooke.

Sans grands débats, ce plan directeur propose aux gens de Sherbrooke d'emprunter une voie rapide pour le 21e siècle en posant des gestes de rupture avec la culture du tout à l'automobile et au pétrole. En prime ce geste de rupture a été proposé dans le cadre d'une prise de parole publique des citoyennes et des citoyens en amont avec l'activité « Dessine-moi ton centre-ville ». On peut être fier de notre ville même si rien n'est encore gagné.

Qui gagnera?

Les consultations, les bonnes idées ont comme limite leurs réalisations concrètes. Dans la vraie vie, des plans comme celui du centre-ville de Sherbrooke ne sont que des guides pour nos élus municipaux qui confrontés à la réalité des budgets doivent prendre des décisions qui façonneront non seulement notre milieu de vie, mais nos vies. C'est à nous citoyennes et citoyens d'être vigilants et de nous organiser afin que notre milieu de vie ne soit pas dicté par des intérêts privés, mais plutôt par notre intérêt public bien senti. Pour cela, il faut que nos élus aient de la vision.

À voir ces temps-ci, la nature des débats qui ponctuent la vie politique municipale où l'avenir de la Place Nikitotek prend toute la place, il est légitime de s'interroger sur la capacité de ces mêmes élus de s'entendre ensemble sur une vision d'avenir permettant à Sherbrooke de faire son entrée dans le 21e siècle en posant collectivement un geste de rupture avec la culture des bolides...

Lectures recommandées :

Paul-André Linteau, Maisonneuve : Comment les promoteurs fabriquent une ville, Montréal, Les éditions Boréal Express, 1981, 280 p;

Alain Lipietz, Le Capital et son espace, Paris, François Maspero, 1077, 165 p;

Étienne Lyrette, « (Ré) humaniser nos milieux de vie en repensant notre mobilité » dans Yanick Barrette, Le Québec à l'heure des choix, Montréal, Éditions Dialogue Nord-Sud, 2014, p. 175-189.



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