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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

La guerre des tuques


3 janvier 2011
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Ça y est, nous sommes dans les derniers jours de la grève des cols bleus de la Ville de Sherbrooke. Les esprits se sont échauffés. Les positions se durcissent d'un côté comme de l'autre. Aux parties en présence s'ajoutent les voix parfois agressives de citoyens. Pareille grève laisse des traces. Et, comme rien n'est jamais complètement blanc ou noir, aucune des deux parties en cause n'a totalement tort ou totalement raison.

Je regarde tout ça comme si c'était le film de la Guerre des tuques. Des forteresses de neige sont érigées et les parties se lancent des boules de neige à qui mieux mieux.

Voyons voir...

« Capitule, pis signe pour sept ans », crie l'un

« Jamais, s'égosille l'autre! Pis je veux pus travailler plus que quatre jours par semaine! »

« Jamais, tu m'entends? »

Et ça continue... Le ton monte.

Dans la vraie vie, les citoyens choisissent leur camp et deviennent agressifs, se défient via les médias. Et je me dis que tout le monde a un peu raison et un peu tort en même temps.

Pour revenir aux forteresses, il faut bien admettre qu'elles présentent des failles évidentes!

La Ville d'abord... Je continue de croire qu'il est malsain de laisser traîner un dossier de convention collective de travail au-delà de la date de fin de celle-ci. En tous les cas, trois ans, c'est énorme!  Et on dirait que ça fait partie de la culture que de laisser aller les choses. Cet état de fait ne revient pas que sur le bureau de l'actuel maire. Il n'est là que depuis un an.

Du côté syndical, des brèches apparaissent au grand jour. Le premier moyen de pression en trois ans est une grève générale qui bloque tout au temps des Fêtes. Pas de patinoire, pas de ski, un déblaiement des rues minimal. Bref, on bloque. Quand le premier moyen de pression est une grève générale, on est dans la zone erreur. Par définition, les moyens de pression vont en s'accroissant.

Autre erreur: la déclaration-choc du permanent syndical qui a prétendu éprouver fierté très grande quand des employés ont paradé dans les rues avec des équipements de la ville alors que les parties discutaient autour de la table des négociations. Déclarer sa fierté aussi fort, c'est approuver le geste. C'est l'encourager aussi. Difficile de gober, ensuite, que les syndiqués sont les seuls à être de bonne foi, comme ils aiment le faire entendre...

« On ne signera pas pour sept ans! T'entends-tu? »

« Ben va falloir, je veux protéger les Jeux du Canada de 2013! »

« Sept ans, ça n'a pas de bon sens! »

Coup d'œil rapide sur le site Internet du Syndicat canadien de la fonction publique, qui représente les cols bleus. On y apprend que les employés de Longueuil, aussi représentés par le SCFP, viennent de signer pour sept ans. Un contrat rétroactif à 2009 et bon jusqu'en 2015, avec une moyenne de 2,5% par année. Ben, dis donc...

« Hey! Maudit malade, t'as pas d'affaire à me faire ça! » s'écrie quelqu'un. Dans le tumulte, on ne sait plus qui a crié au juste, ni qui a fait quoi...

C'est à ce moment précis que le jeu de la négo se change en vraie guerre. À finir. Le problème, c'est que tantôt, tout le monde devra vivre ensemble... Mais avant, il reste à redéfinir ce qu'est la bonne foi, à procéder à l'appréciation juste de ce qui est offert et de ce qui est acceptable d'offrir. Ensuite, il faudra s'entendre. Dans le feu de l'action, il est facile de perdre de vue la perspective en lien avec la vraie vie. 

Je fais donc le souhait que 2011 apporte son lot de sagesse dans un dossier qui devient corrosif.

Je revois ma scène préférée de la Guerre des tuques :

« La guerre, la guerre, c'est pas une raison pour se faire mal! »

Clin d'œil de la semaine

Dans l'actuelle Guerre des tuques, le citoyen, c'est le pompon : celui qui revole de tous les côtés au gré des actions entreprises.

 

 

 

 


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