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Deux mots à vous dire
François Fouquet Par François Fouquet

Lundi, 30 mars 2020

Tous dans le même bateau


C'est au nom d'une collectivité qu'on a à faire des efforts pour que la menace diminue. Même si tu es convaincu que la menace n'est pas contre toi, tu as le devoir de jouer le jeu. Au nom du fait de prendre soin de l'autre, si le reste ne te convainc pas.

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Je pense à la Covid-19 et je me dis: c'est rare, quand même, que ça arrive. Je veux dire qu'on soit vraiment tous dans le même bateau en même temps.

Mais en même temps, ce que je viens d'écrire est incomplet!

On est pas mal toujours dans le même bateau, sauf qu'on ne le réalise pas toujours!

Prenez le dossier de l'environnement. S'il est un bateau dans lequel nous sommes tous, c'est bien celui-là! Pourtant, on ne peut pas dire qu'on en prend tous conscience en même temps!

Pour faire image, le bateau dans lequel on navigue dans le quotidien de nos vies est tellement grand, qu'on arrive à oublier qu'on est sur un bateau. Que ce sur quoi on porte est liquide, pas solide. Par voie de conséquence, que le bateau peut couler!

Mais là, avec la situation de la Covid-19, voilà qu'on vient de réaliser qu'on porte sur du liquide, que notre stabilité est tout sauf acquise.

Oui, mais moi...

Généralement, on a le « oui, mais moi » assez facile. Fluide, je dirais. Permanent, dans bien des cas.

« Oui, je sais qu'il faut réduire notre consommation de produits pétroliers. Oui, mais moi, c'est juste un petit moteur, et il n'est pas si pire! »

Étonnamment ou non, on retrouve beaucoup de « oui, mais moi » dans la crise actuelle.

« Oui, mais moi, je sais que je l'ai pas, faque, c'est pas si grave si je sors tout le temps! »

« Oui, mais moi, je m'ennuie »

« Oui, mais moi... »

Le gouvernement fait appel à notre sens civique.

Vous savez, cette responsabilité qui est nôtre, de façon personnelle, mais qu'on applique au nom de la collectivité plus large?

Cette notion-là est plus difficile.

Le système économique dans lequel on baigne depuis notre naissance n'est pas étranger, à mon avis, à nos réactions. Notre premier réflexe, si je généralise un brin, est de dire « je veux bien, mais en quoi ça m'avantage? Ça m'apporte quoi, à moi ? »

Cette fois-là, il y a fort à parier que ça ne « t'avantagera pas toi, personnellement ». C'est au nom d'une collectivité qu'on a à faire des efforts pour que la menace diminue. Même si tu es convaincu que la menace n'est pas contre toi, tu as le devoir de jouer le jeu. Au nom du fait de prendre soin de l'autre, si le reste ne te convainc pas. C'est microscopique, un virus, mais ça vous « shake » le pommier pas mal!

Il reste l'humour. Le fait de voir le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide!

Comme disait le sage : "je vois toujours mon verre à moitié plein. Et je me dis que j'ai eu ben du fun à l'amener à la moitié! »

Le verre à moitié plein c'est de se dire qu'on a encore le téléphone et Internet. Les contacts ne sont pas complètement coupés.

J'aime beaucoup les manifestations de rire qui émanent de partout sur les médias sociaux, d'ailleurs!

Il faut en profiter!

Et se plier aux consignes. Même si ça gosse un peu.

Je vous partage une inquiétude personnelle : l'autre jour, à la pharmacie, la jeune fille me demande si j'ai 70 ans et plus. Issshhhh... c'est quand même dans 11 ans, ça! Mais mon inquiétude vient après: elle m'a ensuite demandé de circuler par le rayon des cosmétiques. Il y a un message, vous pensez? 😉
_______
Bon. On est tous dans le même bateau. Et on s'en rend compte, collectivement. Ce serait chouette que des pirates ne viennent pas saboter le navire...

Clin d'œil de la semaine

J'entends souvent des gens dire « on est chanceux d'être nés de ce côté-ci du globe! » Il me revient cette image du devant du bateau qui commence à couler et dans lequel les gens derrière se disent : « on est chanceux de ne pas être en avant! «


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