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CHRONIQUEURS / L'Agora
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau

Mercredi, 23 novembre 2016

La nébuleuse Québec



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Mercredi dernier, Catherine Perrin donnait la parole à trois Québécois qui se félicitaient de l'élection de Donald Trump. Cela a provoqué un véritable tsunami de commentaires disgracieux sur les réseaux sociaux. Plusieurs contestaient la décision de cette émission de radio d'avoir donné la parole à ces gens. Cela est très révélateur de l'état des lieux de la planète Québec où le consensus social-démocrate, style gauche caviar, est omniprésent. Je suis moi-même quelqu'un qui se reconnait dans cette mouvance idéologique, mais je déplore que cela puisse prendre la forme du déni de parole à l'endroit de celles et de ceux qui pensent autrement. C'est là l'un des problèmes criants du Québec contemporain. Il vaut la peine que l'on s'arrête à réfléchir à ce phénomène. Réflexion sur l'un ses traits dominants de l'espace public québécois en ce début du 21e siècle...


L'élection de Donald Trump et l'opinion publique québécoise

Les États-Unis d'Amérique sont nos voisins. Ce n'est pas chez nous. Il faut rappeler cette évidence au lendemain de l'élection du républicain (est-il vraiment républicain?) Donald Trump comme président élu des États-Unis. Il fallait entendre et voir les analystes et les commentateurs à Ici RDI le soir de l'élection, à la mine déconfite , pour en prendre la pleine mesure. Que l'on élise Clinton ou Trump chez nos voisins ce n'est pas de nos affaires même si cela ne sera pas sans conséquence pour le Québec et le Canada. J'en ai parlé dans ma dernière chronique la semaine dernière; « Le réveil de l'Amérique progressiste ».

Néanmoins, il n'y a pas de raisons pour que nous soyons aussi critiques face au choix légitime de nos voisins. Ce n'est pas notre problème, mais bien le leur. N'empêche que plusieurs de nos leaders d'opinion et leaders politiques ont critiqué le choix des Américains, exprimé leurs inquiétudes quant à l'avenir de la planète ou quant à nos échanges commerciaux avec les États-Unis, échanges de qui dépendent de nombreux emplois chez nous. C'est surréaliste que le premier ministre Couillard fasse des critiques sur le choix des Américains. Comme si le président Trump saura un jour qui est Philippe Couillard. Ce qui s'exprime par rapport à l'élection américaine est révélateur d'une tendance de notre société. Je ne peux trouver de meilleurs exemples que l'article récent du professeur Gilles Paquet de l'Université d'Ottawa tiré du livre tout récemment publié « Le Québec et ses mutations culturelles » sous la direction de E.-Martin Meunier aux Presses de l'université d'Ottawa en août dernier.

Des voix de différentes sensibilités et d'horizons différents... 

Jeune étudiant en histoire, j'ai fait la connaissance de l'économiste Gilles Paquet en lisant ses articles écrits avec l'historien Jean-Pierre Wallot lié au grand débat historiographique sur la crise agricole au début du 19e siècle, qui les opposaient à l'historien Fernand Ouellet. Par la suite, Gilles Paquet a poursuivi sa carrière dans les sillons d'une mouvance intellectuelle que l'on pourrait situer à la droite de l'échiquier politique québécois. Gilles Paquet s'est toujours démarqué par sa rigueur et par son parti pris contre l'hégémonie d'une gauche bien-pensante. Il fut dans les premiers à remettre en cause les grands bienfaits de la Révolution tranquille. Il est toujours méfiant envers le rôle de l'État au Québec. La pensée de cet auteur est plus complexe et riche, cela demanderait plus de nuances j'en conviens. Retenons cependant que je ne veux que situer le personnage pour que vous compreniez mon propos.

Dans le livre que j'ai évoqué plutôt, « Le Québec et ses mutations culturelles. Six enjeux pour le devenir d'une société » dix-neuf spécialistes des sciences humaines et sociales explorent six grands axes qui permettent de mieux comprendre le Québec. Voici ce qu'en dit l'éditeur au plat verso du livre : « Dix-neuf spécialistes des sciences humaines et sociales explorent les six grands axes qui permettent de mieux comprendre la nature des mutations qui transforment profondément le Québec d'aujourd'hui : les Carrés rouges et les événements du Printemps érable qui ont secoué le Québec en 2012; la question sociale et économique; l'importance et le rôle de l'université; les enjeux démographiques auxquels le Québec est confronté; la question nationale et, enfin, la question religieuse et la laïcité. » Une variété de voix et de sensibilités, tant d'horizons de droite que de gauche, s'expriment dans cet excellent ouvrage. C'est dans ce contexte que nous retrouvons la contribution du professeur Paquet. A quelques reprises dans son article, Gilles Paquet nous informe que ces examinateurs ne partagent pas ses hypothèses. Cela arrive souvent mais rarement est-ce aussi explicite dans un texte. Bref, ceux qui éditent son texte ont des réserves mais il le publie. C'est ce qu'il faut retenir ici.

Le cas Paquet

Dans son article, Gilles Paquet remet en question les façons traditionnelles de mesurer le progrès d'une société avec les vieux concepts de PIB, de flux économique, d'investissement pour nous proposer un cadre d'analyse de six sous-systèmes ou procès pour nous proposer une nouvelle façon de comprendre la socio-économie du Québec ( Le Québec donc). Ces six sous-systèmes sont : démographie, production et échange, finance, État, distribution des revenus et de la richesse ainsi qu'écologie des groupes sociaux et de leur motivation. (La socio-économie québécoise en mutation : une méso-analyse aventureuse dans E. Martin-Meunier, Le Québec et ses mutations culturelles. Six enjeux pour le devenir d'une société, Ottawa, Presses de l'Université d'Ottawa, 2016, p. 111-146.)

L'auteur étudie l'interpénétration des éléments de ces sous-systèmes à la lumière des tabliers de pouvoir qui sont en résumé la gouvernance et les jeux d'influence et de pouvoir. C'est une approche rigoureuse et fort prometteuse même si les opinions que l'on peut en extraire sont sujettes à débat. Et c'est ce que propose l'auteur Paquet. Au-delà de la méthode qui est plutôt académique et universitaire, Gilles Paquet en arrive à la conclusion que la société québécoise est une société paralysée et trahie par ses élites. Lisons ses conclusions : « Dans une socio-économie petite, ouverte, dépendante et balkanisée comme le Québec - où l'étatisme, le corporatisme, l'égalitarisme et un certain souverainisme romantique (pour l'honneur, comme disait le fameux sociologue de Québec) sont des repères dominants -, ces processus de démythification, de redesign et de déparadoxification sont constamment enrayés par une coalition active des intérêts qui souffrirontle plus des changements qui s'imposent, et qui cherchent à mobiliser l'opinion publique pour bloquer ces transformations. 

Avant de pouvoir désengluer la socio-économie québécoise de ses empêtrements, il faudra un grand débarbouillage du théâtre des représentations afin d'asseoir un état d'esprit qui permette de déclencher le mouvement susceptible de délégitimer le discours dit progressiste, d'exposer la tromperie et le persiflage qui a cours, de défoncer les tambours du pouvoir social, de redonner ses lettres de noblesse à l'esprit critique et de restaurer pour chacun le fardeau de sa charge. » (Gilles Paquet, « La socio-économie québécoise; une méso-analyse aventureuse dans E. Martin Meunier, Le Québec et ses mutations culturelles, op. cit., p. 140)

Bref pour Gilles Paquet le Québec est composé d'imbéciles heureux, l'expression est de moi, il interroge : « Par quel processus une société qui travaille moins, qui est composée de gens moins instruits et moins bien équipés en termes de capital, et qui se révèle hédoniste et fondamentalement envieuse, en arrive-t-elle à se déclarer ainsi heureuse et contente de son sort? » (Gilles Paquet, ibid., p. 141)

Pas étonnant que les examinateurs de son article ont exprimé de fortes réserves, mais monsieur Paquet a été publié et son point de vue peut-être débattu. Je suis en profond désaccord avec monsieur Paquet, mais je suis encore plus en désaccord avec celles et ceux qui ne veulent pas entendre des points de vue dissonants. Nous devons débattre au pays des imbéciles heureux. Radio-Canada a fait un bon choix de nous faire entendre les partisans de Trump, comme les éditeurs du texte de Paquet de le publier. Il y a place pour les points de vue contraires et dissonants dans ma nébuleuse Québec...


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