Société Arts & culture Sports Chroniqueurs Concours Annonces Classées

  CHRONIQUEURS / L'Agora

Le bien commun, CSeries et Bombardier

 Imprimer   Envoyer 

On doit à Platon et à Saint Thomas d'Aquin, le concept de bien commun. Le sens que l'on donne à cette expression dans le langage courant est la suivante : « la notion de bien commun... correspond toujours à l'idée d'une orientation partagée par la communauté humaine vers un bonheur ou un perfectionnement collectif. Utilisée en philosophie, en droit, en politique, en économie, et en sociologie, cette notion est souvent utilisée pour les questions relatives à la propriété de certaines ressources et désigne la relation entre l'accès à des ressources équitablement partagées et des intérêts qui soudent les membres d'une communauté et contribuent à son existence. »

La question qui se pose à nous aujourd'hui est la suivante : est-ce que l'aide du gouvernement du Québec à Bombardier pour les avions de la CSeries répond à l'exigence d'être faite au nom du bien commun? Doit-on accepter comme contribuables que le gouvernement du Canada ajoute sa contribution financière à celle du gouvernement du Québec au nom du bien commun?

L'avenir de l'industrie aéronautique

Celles et ceux qui réclament la contribution des gouvernements pour sauver l'industrie aéronautique québécoise le font au nom de notre intérêt à tous, aux intérêts supérieurs du Québec. Il faut, nous disent-ils, aider Bombardier à développer ces nouveaux avions de conception révolutionnaire au nom des emplois et du développement économique du Québec. Cet enjeu est si important à leurs yeux qu'il vaut même le sacrifice des 1800 travailleurs d'AVEOS sur l'autel des intérêts de la société Air Canada qui dans sa très grande magnanimité s'est engagée à acheter 45 avions de la CSerie. La belle affaire!

Il est vrai que l'industrie aéronautique est surtout présente au Québec et que c'est une industrie qui paie de bons salaires et offre d'excellentes conditions de travail à plus de 40 000 québécois.

L'Industrie aéronautique : un portrait impressionnant

Jean Gagnon dans une collaboration spéciale au quotidien La Presse le 30 novembre 2010 en trace un bilan impressionnant :

« La grappe aérospatiale québécoise est composée de 235 entreprises qui emploient plus de 40 000 personnes.

Elle compte quatre maîtres d'œuvre: Bombardier Aéronautique, Bell Helicopter Textron, Pratt & Whitney Canada et CAE. On recense également 14 équipementiers, 128 fournisseurs de produits et services spécialisés et 88 sous-traitants.

Le chiffre d'affaires annuel est de 12 milliards, dont les deux tiers proviennent des grands maîtres d'œuvre, et 20 % des équipementiers. La croissance annuelle moyenne des ventes a été de 8,5 % depuis 25 ans.

L'activité est concentrée presque entièrement dans le Grand Montréal, où une personne sur 95 voit son emploi relié au secteur aérospatial.

Le Québec compte pour 70 % de la recherche et développement de ce secteur au Canada. Les investissements en R&D ont totalisé 660 millions en 2007.

De plus, 80 % de la production québécoise est exportée, et l'industrie occupe le premier rang des exportations manufacturières québécoises.

Le secteur est sixième au monde au chapitre des ventes derrière les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et le Japon.

"Par habitant, c'est un succès presque disproportionné, étant donné qu'on ne profite pas de projets de défense financés à 100 % comme aux États-Unis", dit Gilles Labbé, président de l'équipementier Héroux-Devtek. »

Cet impressionnant portrait justifie-t-il pour autant que l'on accepte de socialiser les pertes de Bombardier et de privatiser les profits en laissant aux seuls contribuables québécois tout le poids du risque et peu d'avantages sinon que de maintenir les activités d'un secteur important de notre économie? Poser la question c'est y répondre.

Un mauvais deal disent Legault et Péladeau

Il est rare que je sois sensible aux arguments partisans des partis d'opposition au gouvernement de Philippe Couillard, mais cette fois tant François Legault de la CAQ que Pierre Karl Péladeau du PQ visent juste.

Le gouvernement de Philippe Couillard aux prises avec une économie qui stagne malgré l'effet libéral promis ne peut laisser aller Bombardier à la faillite avec son projet de CSeries. En effet, le bien commun de cette industrie et de toute l'économie québécoise est en cause, mais à quel prix?

Sauver la CSeries à tout prix!

Ce qui pose problème ici c'est le prix à payer pour sauver la CSeries.

Vouloir sauver à tout prix la CSeries de Bombardier exige-t-il que nous donnions tout à des intérêts privés fussent-ils québécois? Sauver l'industrie aéronautique passe-t-il obligatoirement par la CSeries de Bombardier? Un programme d'aide à l'ensemble des acteurs de l'industrie à la hauteur de 2,6 milliards de dollars donnerait-il de meilleurs résultats? Sauver la CSeries est-ce un sauvetage de Bombardier ou le sauvetage d'une industrie? Cela vaut-il le sacrifice de 1800 travailleurs?

Sacrifier les travailleuses et travailleurs d'AVEOS

Certes, nous disent les ténors du gouvernement, si la Cour suprême du Canada donne raison aux travailleurs d'AVEOS contre Air Canada cela ne donnera pas un seul emploi. J'en conviens, mais cela créera un rapport de force avantageux pour ces travailleurs injustement et illégalement sacrifiés par Air Canada. Un rapport de force qui leur permettrait d'obtenir une juste compensation pour la perte de leur emploi. Par sa décision appréhendée de mettre ces emplois dans le « deal » du sauvetage de la CSeries de Bombardier, le gouvernement du Québec ne défend pas le bien commun.

Comment prétendre défendre le bien commun lorsque l'on sacrifie 1800 travailleuses et travailleurs sur l'autel des intérêts privés de Bombardier et d'Air Canada?

Le gouvernement ne défend pas le bien commun

Non, je crois que la décision du gouvernement du Québec de financer à la hauteur de 1,3 milliard de dollars le projet de CSeries de Bombardier ne répond pas à ce que nous devons nous attendre de notre gouvernement en matière de développement économique. Socialiser les pertes, privatiser les profits et sacrifier des travailleuses et des travailleurs d'AVEOS ne constituent pas à mes yeux la recherche du bien commun par notre gouvernement. Le bien commun est mal servi par notre gouvernement dans ce dossier. Retenons que le bien commun n'est pas le résultat du financement de la Cseries de Bombardier. Je ne vous parle même pas du parallèle à faire avec le régime d'austérité qui a frappé sauvagement les ministères de l'Éducation et de la Santé et des Services sociaux du Québec au cours des deux dernières années. Le bien commun n'est pas au rendez-vous dans le dossier du sauvetage de la CSeries de Bombardier. Point à la ligne.


  A LIRE AUSSI ...

PSPP est-il Premier ministrable ?

Mercredi 30 septembre 2026
PSPP est-il Premier ministrable ?
Se réconcilier avec le passé…

Mercredi 7 octobre 2026
Se réconcilier avec le passé…
Inhumanités ou l’ère des robots

Mercredi 21 octobre 2026
Inhumanités ou l’ère des robots
NOS RECOMMANDATIONS
Sherbrooke : la police recherche un suspect lié à deux fraudes totalisant 4 500 $

Lundi 19 octobre 2026
Sherbrooke : la police recherche un suspect lié à deux fraudes totalisant 4 500 $
Gota Prunus Private Selection : un vin rouge portugais à découvrir

Vendredi 23 octobre 2026
Gota Prunus Private Selection : un vin rouge portugais à découvrir
Belleau bâtisseur de patrimoine : 20 ans d’expertise, de confiance et de qualité

Jeudi 22 octobre 2026
Belleau bâtisseur de patrimoine : 20 ans d’expertise, de confiance et de qualité
PLUS... | CONSULTEZ LA SECTION COMPLÈTE...

 
L'Association des Townshippers
Mardi, 27 octobre 2026
Santé mentale et bien-être à l’automne

François Fouquet - Deux mots à vous dire
Lundi, 26 octobre 2026
Aire de repos ou chronique entre parenthèses!

Chat GPT, Le sommelier du journal Estrieplus
Vendredi, 23 octobre 2026
Gota Prunus Private Selection : un vin rouge portugais à découvrir

Daniel Nadeau - L'Agora
Mercredi, 21 octobre 2026
Inhumanités ou l’ère des robots

Sherbrooke : la police recherche un suspect lié à deux fraudes totalisant 4 500 $ Par Martin Bossé Lundi, 19 octobre 2026
Sherbrooke : la police recherche un suspect lié à deux fraudes totalisant 4 500 $
Inhumanités ou l’ère des robots Par Daniel Nadeau - L'Agora Mercredi, 21 octobre 2026
Inhumanités ou l’ère des robots
Village touristique pour VR à Sherbrooke : la Ville devra se prononcer Par Martin Bossé Lundi, 19 octobre 2026
Village touristique pour VR à Sherbrooke : la Ville devra se prononcer
Windsor remporte un prix pour la qualité de son eau potable Par Martin Bossé Jeudi, 22 octobre 2026
Windsor remporte un prix pour la qualité de son eau potable
L’urgence et la victime Par François Fouquet - Deux mots à vous dire Lundi, 19 octobre 2026
L’urgence et la victime
Cyclocross : quatre médailles pour des athlètes de Sherbrooke aux Championnats québécois Par Martin Bossé Mardi, 20 octobre 2026
Cyclocross : quatre médailles pour des athlètes de Sherbrooke aux Championnats québécois
ACHETEZ EstriePlus.com
bannières | concours | répertoire web | publireportage | texte de référencement | site web | vidéos | chroniqueur vedette
2026 © EstriePlus.com, tous droits réservés | Contactez-nous