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  CHRONIQUEURS / L'Agora

Arrêt sur l’image

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Canada septembre 2015 - Nous sommes toujours en campagne électorale. La planète bleue que nous habitons est de plus en plus menacée par les gaz à effet de serre et le réchauffement climatique. Le peu apprécié président de la France, François Hollande, s'active toujours autour du Sommet de Paris dont l'objectif est de sauver la planète. Chez nous, « business as usual », les politiciens fédéraux sont en campagne et au Québec, Coiteux et Couillard persistent et signent au moyen de leur programme d'austérité avec pour toile de fond une rentrée scolaire perturbée. C'est la fin de l'été, il fait beau et chaud. C'est pourtant une illusion. L'automne est à nos portes. Les vraies affaires reprennent. C'est une photo publiée à la une de tous les quotidiens du monde qui sonne le rappel. La photo prise par le reporter Nilufer Demir d'un bambin syrien de trois ans, Aylan Kurdi, a projeté le monde occidental dans une crise de conscience sans égale et subitement les problèmes géopolitiques du Moyen-Orient se sont invités dans notre interminable campagne électorale. Le problème des « migrants » qui cherchent un refuge sécuritaire et un avenir prometteur pour les leurs fait irruption. Surréalisme...

Le pouvoir de l'image

On s'entend, le problème politique au Moyen-Orient ne date pas d'hier. Il y a longtemps déjà que l'absence de relations diplomatiques entre l'État d'Israël et les pays arabes du Moyen-Orient façonne les éditions de nos téléjournaux locaux en matière de politique internationale. L'explosion du problème musulman et l'implosion de plusieurs États rendent le monde occidental moins sécuritaire et plus inquiet. Le 11 septembre à New York en 2001 en est encore l'illustration la plus convaincante.

Chez nous, la campagne électorale typiquement canadienne et sans histoire s'est tout à coup transformée en mission humanitaire non partisane. C'était du moins le vœu des chefs des partis d'opposition Duceppe, Mulcair et Trudeau, mais Harper veillait au grain et il a rapidement remis tout ce beau monde dans le droit chemin. Ce n'est pas une stratégie d'accueil plus large que le monde a besoin, mais de plus de bombes. Régler le problème à la source. Détruire cette armée de l'État islamique avec des bombes et nos armées serait la solution pour Stephen Harper. Fallait y penser. Les vrais responsables de la crise des migrants ce sont ces âmes sensibles qui s'opposent à une action énergique contre ces terroristes qui minent notre monde.

Tous ces mots, pourquoi? Pour une photo. Une photo d'un bambin de trois ans. Mort noyé sur une plage. Pourquoi une photo est-elle aussi puissante? Il faut faire un arrêt sur l'image.

La force d'évocation d'une photo

Une photo c'est un élément qui participe à la mise en scène du monde dans lequel nous vivons. Ici ou ailleurs, j'ai souvent évoqué la force des images et des histoires que l'on se raconte pour donner un sens au monde dans lequel nous vivons. Avec l'invasion des nouvelles technologies de l'information dans nos vies, les images sont de plus en plus accessibles et elles marquent nos imaginaires. Cette semaine, quelqu'un rappelait les photos célèbres de notre histoire récente qui ont ponctué nos perceptions et les opinions que nous avons eues entre autres par apport à la guerre du Vietnam. Et voilà qu'une photo d'un bambin syrien de trois ans noyé sur une plage vient réveiller nos consciences endormies sur le problème politique du Moyen-Orient. Cette photo est pourtant, bien qu'émouvante, un bien petit drame par rapport aux milliers de morts que l'on ne voit pas qui sont pourtant des victimes du même conflit. La photo de l'enfant, les émotions qu'elle suscite font en sorte qu'aujourd'hui nous sommes tous prêts à accueillir ces victimes innocentes de la folie des hommes et de leurs religions.

Accueillir oui, mais surtout intégrer...

D'un seul clic d'un appareil photo, nous avons déjà oublié, le temps d'un battement d'aile de papillon, qu'accueillir des gens chez nous nécessite que nous soyons en mesure de les intégrer à notre vie. Il faut que ces gens-là puissent travailler et gagner leurs vies. Pourtant, nous sommes chez nous comme dans bien des pays, un peu rébarbatif à ces musulmans qui veulent conserver leurs coutumes, leurs religions et leurs modes de vie. Nous avons même pensé nous donner une charte des valeurs pour venir endiguer ce flot de menaces à ce que nous sommes et ce que nous voulons être chez nous.

Pourtant, l'instant d'une émotion, nous oublions tout cela et n'écoutant que notre grand cœur et notre humanité, nous souhaitons que nos gouvernements accueillent ces gens pour les aider à fuir l'horreur de leur pays dévasté par les haines et la guerre.

Une autre politique...

La mort d'Aylan Kurdi doit nous faire réagir. Il faut que la mort de ce bambin innocent conduise les pays du monde entier à se mobiliser pour trouver une solution durable à ces conflits qui minent le Moyen-Orient et qui dévastent le monde et notre humanité. Nous devons bien sûr accueillir le plus grand nombre de gens qui sont dans le besoin sur cette planète, mais nous ne pouvons pas tous les accueillir. Nous devons aussi faire en sorte que chez eux soit une alternative viable pour une vie bonne. Cela nous ramène à la politique. Les pays libres de ce monde doivent se donner une nouvelle politique pour le Moyen-Orient.
  
Beau hasard, nous sommes présentement en campagne électorale au Canada. Il faudrait bien entendre ce que l'on propose aux Canadiens comme politique étrangère pour ce pays et juger si cette politique peut ou non contribuer à faire de notre planète un meilleur monde pour tous. Une telle politique, même si elle doit faire une plus large part à notre humanité, ne peut toutefois pas être totalement naïve et nécessitera aussi des gestes guerriers. Pour avoir une paix durable, il faudra malheureusement aussi la guerre. Cette guerre fera elle aussi des victimes parmi nos soldats et ceux de nos alliés. Lorsqu'on y pense, on ne sait pas quelle voie choisir pour parvenir à réconcilier ce monde avec notre humanité. Si une photo nous révèle l'impasse. Il faut néanmoins réfléchir à ce que nous voulons et pouvons faire en tant que Canadiens pour contribuer à trouver des solutions à cette crise. Nous sommes, comme tant d'autres citoyens d'ailleurs, des humains à la recherche de leur humanité. Il faut, pour trouver une solution, juste faire arrêt sur l'image...


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