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CHRONIQUEURS /
Deux mots à vous dire
François Fouquet Par François Fouquet

Lundi, 31 décembre 2018

Entre 2018 et 2019



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Le grand problème de notre société: la polarisation des idées. Polarisation qui vient avec un grand lot de haine envers celle ou celui qui ne pense pas comme soi. - François Fouquet

Nous y voilà à nouveau. Une autre année qui se termine. Une autre qui commence. Heureusement qu'on ne vieillit pas, parce que le temps passe! Chaque année, au moment de changer de calendrier, on se retrouve toujours au même endroit : d'un côté, on regarde l'année qui se termine avec son lot de beaux moments et de déceptions. De l'autre côté, on espère que l'année qui vient apportera quelque chose de bien.

Et c'est correct comme ça.

Quand l'espoir n'allume plus la petite flamme dans nos têtes, la noirceur s'installe en permanence.

2018 aura été forte, somme toute. Forte en déceptions, sûrement, mais forte en prises de conscience. J'ose le croire, mettons... Et 2019 est relativement porteuse d'espoir, osé-je croire à nouveau...

Je pense aux élections de l'automne 2018 au Québec. Le taux de participation hyper bas m'inquiète. Le deuxième plus bas taux de participation depuis 1927. Ouch...

Je comprends qu'on vive dans une sorte de chacun-pour-soi, mais si on laisse tomber ce qui est notre collectif, notre « nous » comme société, on s'expose à des problèmes majeurs. Étonnamment, les résultats ont mis au jour un grand écart exceptionnel : à droite avec la CAQ et à gauche avec Québec Solidaire. Les partis du centre ont été évacués.

Je le vois comme un signe que quelque chose s'allume en nous. J'ai cette impression qu'on sent que quelque chose doit changer, mais on ne sait pas trop comment faire. D'un côté, on constate que les changements climatiques vont avoir des répercussions négatives sur nos vies, mais de l'autre, on ne veut pas trop changer nos vies. D'un côté, on est écrasés par la performance, mais de l'autre, on ne veut pas changer nos habitudes. D'un côté, on sait que l'endettement des familles est dangereusement élevé, mais de l'autre, on souhaite que citoyen demeure synonyme de consommateur pour que le système marche encore...

Pourtant, qu'on le veuille ou non, nos vies devront changer si on veut que les choses changent!

Cette simple phrase, lancée dans une petite chronique de fin d'année, risque de faire éclore le grand problème de notre société : la polarisation des idées. Polarisation qui vient avec un grand lot de haine envers celle ou celui qui ne pense pas comme soi.

L'argumentaire est où, dans tout ça? Sais pas. En fait, on ne sait plus argumenter. Accuser l'autre est tellement plus simple que de tenter d'établir un dialogue.

C'est comme si on allait à la guerre, mais qu'on était tellement occupés à s'entredéchirer entre soldats du même clan qu'on oublie qu'il y a un ennemi à attaquer...

Et pourtant, je décide de regarder 2019 avec un optimisme relatif. Je ne crois pas aux grandes révolutions instantanées.
Mais je loge mon optimisme dans une petite capsule toute personnelle : j'essaierai, dans mon petit cercle rapproché, de changer des choses dans mon quotidien pour ramener une forme d'harmonie avec mon environnement.

Je n'attendrai pas que le gouvernement règle tout. M. Legault vient de s'apercevoir qu'il y avait un problème en environnement. Bienvenue à vous, M. Legault! Je vous fais une petite prédiction : nous aurons une ou un nouveau ministre de l'environnement avant l'été. Nommer une personne qui n'y comprend pas grand-chose a été une erreur. Il aura fallu que les vapeurs de l'euphorie de la victoire se dissipent pour que M. Legault le réalise.

Ce dernier paragraphe explique à lui seul la raison de mon optimisme relatif : les choses changent quand la vague de fond s'installe. Il est très rare que nos décideurs décident d'eux-mêmes. Comme ils le répètent souvent, ils sont là pour servir. À nous de nous assurer qu'ils nous servent bien!

J'ai signé le pacte populaire pour l'environnement. J'ai été très déçu qu'on gaspille autant de temps à critiquer la forme de l'exercice. Sa valeur ne se mesure pas à sa forme, mais à l'impact qu'il aura dans la vie d'individus qui viendront, par leurs actions, influencer une société.

C'est l'espoir qui m'anime au moment de vous souhaiter une très bonne année 2019!

Je nous souhaite la volonté et la sérénité nécessaire pour passer à l'action sans tenter d'arracher la tête à quiconque ne pense pas comme nous!

Bonne année!

Clin d'œil de la semaine

Souhaiter la bonne année, c'est comme souhaiter un bon match à un joueur de hockey : on souhaite qu'il n'y ait pas de trop de malchances, mais le reste dépend de la façon de jouer sur la patinoire...

 


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