Après avoir massivement rejeté dans une proportion de 99 %, l'offre de l'employeur, Cascades East Angus, le Syndicat des travailleurs et travailleuses des Pâtes et papier d'East Angus (CSN)devait s'assoir à nouveau à la table de négociations avec la partie patronale, ce 4 juin.
Le président du syndicat, Éric Huppé, disait s'attendre à peu de choses de cette rencontre. « L'employeur dit être sous le choc qu'on ait refusé ses offres. Moi, je suis sous le choc de voir qu'il (employeur) est sous le choc. Nous, on a fait preuve d'ouverture », précise-t-il.
D'ailleurs, M. Huppé a rappelé que ses membres étaient littéralement « outrés » de la dernière proposition patronale. « Notre ras-le-bol est grandement justifié. Cette offre finale, qui compte 27 pages, n'est en fait que 27 pages de mépris ». M. Huppé ajoute « il faut se rappeler que nous avons accepté des gels salariaux lors des cinq dernières années et du même coup consenti à effectuer 12 heures de plus par mois. Aujourd'hui, nous demandons tout simplement le retour du balancier, mais l'employeur pour sa part en redemande encore. Il s'attaque notamment au régime de retraite, au pécule de vacances et à la rémunération relative au travail accompli lors des jours fériés. Au chapitre des augmentations salariales, elles se résument en un gel salarial pour les 5 prochaines années en y annexant une rémunération basée sur la rentabilité et la performance. La formule inhérente est tellement complexe et lorsque nous en terminons l'analyse, nous arrivons à la conclusion que les chances d'obtenir des augmentations salariales sont bien minces », de compléter le président du syndicat.
Peu optimiste quant au dénouement de la rencontre du 4 juin prochain, M. Huppé laisse entendre que le syndicat intensifiera les moyens de pression s'il considère les discussions peu concluantes. Toutefois, ce dernier ne va pas jusqu'à évoquer un vote de grève. « Ce que nous voulons, c'est en arriver à une entente négociée », conclut-il.
Joint au téléphone, Hugo D'Amours, vice-président aux communications chez Cascades, s'est montré réservé dans ses propos. « Chez Cascades, on a pris acte du résultat du vote. On va continuer de travailler avec nos employés dans un climat respectueux et constructif. On souhaite en arriver à une entente ». M. D'Amours a tout de même rappelé que les travailleurs « doivent tenir compte de la situation particulière et difficile de l'usine de East Angus ». Interrogé à savoir s'il restait de la place à la négociation du côté patronal, l'intervenant a poliment mentionné « vous comprendrez qu'on ne souhaite pas négocier dans les médias ».