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CHRONIQUEURS /
Deux mots à vous dire
François Fouquet Par François Fouquet

Lundi, 5 janvier 2015

2015 et l’après temps des Fêtes



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Le temps des Fêtes a été, pour moi, un beau temps de l'année. M'amuser avec ma famille et celle de ma blonde, me rendre au Salon des métiers d'arts dans la ville d'adoption de mon cadet, d'y aller accompagné de mon aîné et de neveux et nièces disponibles, ça fait partie du moment. Une série de plus ou moins petits moments qui viennent signifier un attachement, une appartenance à un clan, une famille, un groupe d'amis. Mais un attachement à quelque chose.

En plus, je réalise que mon temps des Fêtes est synonyme de contacts réels. Dans une ère où la communication se fait à grands coups de textos raccourcis et d'émoticônes, il est rassurant de voir que la poignée de main marche encore, que le câlin est de mise et que les embrassades ne sont pas des vestiges du passé.

Parfois, à nous voir aller, on pourrait en douter.

Le temps des Fêtes, c'est le retour des repères. Ceux qui font partie de notre petite histoire et qui nous rappellent nos origines, nos racines. Des fois (j'y arrive!), je me dis que nous sommes en perte de repères. Que ces repères n'en sont plus pour plusieurs. On veut absolument faire autrement, redéfinir, réinventer.

Ça a commencé, il y a quelques années, par la condamnation à mort de la tourtière (ou le pâté à la viande, c'est selon!). « Out », la tourtière, la maudite tourtière poche qu'on mange jour après jour. Vivement la couronne de crevettes! Le « Choix du président », cette année, proposait même ("et enfin ", en sous-entendu) une redéfinition des menus de Noël. C'était dit comme ça dans les publicités. À peu près toutes les émissions sur les rencontres du temps des Fêtes mettent en lumière les épouvantables retrouvailles qui, invariablement, tournent à la marde (désolé, je m'emporte!). Il n'y a que des beaux-frères cons, épais, menteurs. Conséquence? On reparle de ces émissions en se disant « c'est donc vrai que c'est de même! »
Ce qui m'échappe, dans tout cela, c'est cette véhémence, ce petit coulis de bave de rage qui coule à la commissure de la bouche de celle ou celui qui dénonce les traditions du temps des Fêtes.

C'est quoi, cette agressivité en lien avec tout et rien? Cette haine de la tourtière et du vieux maudit ragoût de pattes? Juste une question de mode qui prescrit qu'hier était con et qu'il n'y a que la saveur du mois qui compte? Les traditions, ce n'est pas « trendy », alors que la vérité est dans le « trendy »?

La famille et les amis proches forment autant de petites cellules qui, ensemble, tissent le modèle social. La cellule, c'est le repère. Celui vers lequel on revient quand ça va moins bien. Celui vers lequel on se dirige quand on veut être rassuré. Celui sur lequel on peut compter.

Je sais, je décris un modèle idéal. Ce n'est pas de même pour tout le monde. Les séparations, les reconstitutions, les beaux-frères cons, tout cela donne à plusieurs le goût de se sauver et de revenir le 3 janvier.

Mais je maintiens mon point. La famille (plus ou moins élargie) est un repère. Et quand on perd ses repères, on devient autant de petites entités démobilisées.

Entretenir la cellule familiale, c'est apprendre à socialiser. À accepter la différence. À mesurer nos propos. À jouer d'un minimum de solidarité quand les choses vont moins bien. À jouer de tolérance quand les gens n'agissent pas exactement comme nous, on le voudrait. Parce que nous, on a raison, vrai?

Si on ne sait plus faire ça en famille, comment penser qu'on sera capable de le faire en société?

Une société démobilisée, c'est une société qui se laisse dicter sa voie et sa route parce que ses membres sont trop occupés à s'occuper d'eux-mêmes.

Clin d'œil de la semaine
Comme tous mes amis, ou presque, je suis le beau-frère de quelqu'un...


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