Pour changer mon ordinaire, je suis en train de vous écrire cette chronique avec Kingsoft Writer, un traitement de texte Windows qui vient d'apparaître sur le marché. Bien qu'autonome, ce logiciel fait partie d'un coffret bureautique appelé Kingsoft Office, un coffret qui est proposé en trois versions, la gratuite, celle que j'ai téléchargée, la Standard à 50 $US et la Pro à 70 $US.
Outre Writer, on retrouve Kington Presentation et Kingsoft Spreadsheet, des logiciels qui semblent « très inspirés » par PowerPoint et d'Excel.
Avec un pareil nom, vous allez conclure à un truc albertain, canadien ou britannique, mais vous aurez tort. Ce coffret très très soucieux de sa grande similitude avec Microsoft Office nous parvient de Hong Kong. D'ailleurs, l'ADN chinois est visible partout dans le produit. Ainsi, plein de menus permettent de tenir compte des particularités de l'écriture et de la mise en page chinoise.

L'interface de base est un peu celle qu'on retrouve dans OpenOffice ou LibreOffice, cette interface chère à certains irréductibles qui date d'avant le fameux ruban de fonctions lancé par Microsoft en 2007. Mais, une disposition du menu (image ci-haut) permet de passer audit ruban d'un seul clic. Chez Kingsoft, ça se nomme le « 2012 Style ». Petite précision, cette particularité n'est possible qu'avec les deux versions payantes.
Je n'ai trouvé nulle part, incluant sur le site Web du fabricant, le truc pour que ma langue de travail, le français, soit reconnue. C'est comme si seulement l'anglais était pris en charge. Mon texte s'est ainsi retrouvé tartiné de soulignements rouges où mes coquilles se sont confondues dans la masse (illustration ci-après).

Reste qu'en version gratuite, Write ouvre les documents docx de Word, que Spreadsheet en fait autant avec les xlsx d'Excel, idem pour Presentation avec les ppsx. Par contre, oubliez vos macros ou autres gugusses à la sauce Visual Basic. Pour cela, il vous faut vous procurer la version Pro.
Autre micro désapointement, ce petit coffret ne contient que trois produits. Autrement dit, si vous choisissez de lui faire remplacer la solution de Microsoft, vous vous ramassez sans gestionnaire de communication. Kingsoft n'a pas d'équivalent à Outlook. Si pour vous, cette lacune est majeure, oubliez ce produit. Sinon, songez à une alternative intéressante comme Thunderbird.
Au prix demandé, il y a de quoi réfléchir avant de refuser l'offre, compte tenu de l'étonnante similitude avec Microsoft Office 2007, voire 2011. De mémoire, il y a des procès de « look and feel » qui ont été intentés pour moins que cela. Zieutez, par exemple, les icônes que je vous ai assemblées ici à droite.
Le principal problème, celui qui fait que je ne garderai pas ce logiciel dans mon système, c'est son unilinguisme. En 30 ans de traitement de texte, j'ai fini par devenir dépendant des outils linguistiques de base et je ne saurais revenir en arrière. Les Chinois étant habituellement très sensibles à ces questions, il va de soi qu'une version subséquente corrigera le problème.
Mais d'ici là, clic, schlouk, à la corbeille, Kingsoft Office.
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