N'importe qui se voulant branché dispose désormais d'un compte Google Plus. Il s'est démerdé pour se faire inviter par plus débrouillard que lui. Dans mon cas, ce sont Toogreen, Charles et Bilbon, des habitués de ce blogue, qui s'en sont chargés. Depuis, si vous tapez gplus.to/nelsondumais, vous arrivez à la preuve que j'ai une page « Gplus » et que donc, je suis encore branché et fréquentable. Ô joie, ô allégresse !
De quoi je cause ici ? D'une nouvelle patente sociale qui sera bientôt incontournable. Ça s'écrit « Google+ », pas « Google Plus » ! Remarquez le signe « + », un désagrément pour les metteurs en page et autres journalistes qui auront à placer un caractère de ponctuation après le « + ». Et pourquoi les invitations ? C'est la méthode Google. C'est une technique marketing très efficace qui vise à faire d'un produit quelque chose d'attendu-souhaité-salivé-fantasmé avant qu'il ne soit lancé. Et, sauf exception (p. ex. Wave et Buzz), ça marche ! On se rappellera de Gmail, cette application tueuse qui avait été lancée sur Hotmail bien avant que Google ne la mette en service officiellement.
On a compris que Google+ s'attaquait au monde invraisemblable de Mark Zuckerberg, le milliardaire à la tête de Facebook dont la page est « aimée » par 4 705 550 personnes, soit 4 705 239 de plus que moi (1). Les vieux de la vieille qui utilisent ce réseau social savent que la convivialité laisse à désirer, qu'il y a des risques importants sur le plan sécurité, que certaines fonctions importantes sont absentes et que la confidentialité y a toujours été gérée avec un certain laxisme. Mais, comme tout le monde en est, ils y sont. Avec leur ado et leur mémé.


Or, voici que Google a bien peaufiné ses techniques de reptation subtiles dans le cirque sociomédiatique et qu'elle propose une alternative apparemment crédible. Si elle n'en est pas à sa première tentative, cette fois, elle semble très sérieuse. Même que rien ne ressemble autant à une page Facebook qu'une page Google+, du moins au niveau de la première impression. C'est par la suite que la différence apparaît.
Pour construire son nouveau service, Google n'a eu qu'à prendre bonne note des critiques formulées à l'endroit de Facebook et de les éviter dans son concept logiciel fondamental. Cela attire bien sûr l'attention sur le fait que Facebook serait un tissu de rustines, d'ajouts et de correctifs, tandis que Google+ se présenterait comme un concept harmonisé, solide et non-spaghetti. Mais, attention, le point de vue officiel de Google est clair : on ne s'attaque pas au gros F bleu, on ne veut que proposer une nouvelle façon de se connecter avec les gens voulus.
Reste qu'un mécanisme d'importation des contacts à partir de Facebook serait en gestation, mécanisme sûrement pas conçu pour faire plaisir audit Zuckerberg. En attendant, il faut se servir d'un truchement, Yahoo Mail. Si on y a un compte, on y importe ses contacts Facebook. De là, il est possible de les transférer dans Gplus (mais... dans mon cas, ça n'a pas fonctionné). Gizmodo parle en outre d'une tentative appelée Friend Exporter qui a été bloquée par Facebook, l'accusant d'être une extension « malveillante ».
Est-ce à dire que Gplus est un tueur chargé de couper les oreilles de Facebook, que Facebook sera le prochain MySpace face à Gplus ou encore que Gplus sera à Facebook ce que Chrome est à Internet Explorer ? Des enthousiastes le clament, des analystes plus prudents y vont de savantes circonvolutions. Chose certaine, Facebook sentira la présence du nouveau concurrent.

Une des raison risque d'être une innovation appelée « cercles ». C'est celle qu'on remarque tout d'abord : cercle d'amis, de collègues, de famille, de relations virtuelles, d'abonnés, et cetera ad nauseam. De la souris, on y place qui on veut, quand on veut. Dès lors, ces gens peuvent recevoir un traitement particulier.
On ne présente pas des trucs, des infos, des clips, etc. à ses parents comme on le fait à ses lecteurs ou à ses amis de l'ADCSE (Amicale désopilante du curling de Saint-Eugène). De plus, on se révèle davantage à ses amis proches qu'aux autres. Pourquoi le patron devrait-il savoir qu'on a dansé sur les tables avant de se faire virer du bar, la veille à 3h du matin ? Précisons que chaque cercle est étanche par rapport aux autres.
Il me semble que ce mode de gestion des « tits-n'amis » est plus simple que le système de liste utilisé depuis l'an dernier par Facebook. Mais attention, qui trop embrasse mal étreint. La tendance à créer trop de cercles, tellement c'est simple, est là. Il faut se rappeler que des études démontrent qu'une marque de confiture qui propose trois saveurs en vend davantage que celle qui en offre quinze.
Autre plus, le bouton « Partager » à la droite de la barre noire de Google, tout en haut de la fenêtre. Apparemment, cette fonction sera partout dans les produits Google et permettra (actuellement, ça ne marche pas) de toujours pouvoir partager quelque chose par le truchement de Google+.
Un mot sur le foutu bouton « j'aime » de Facebook. Ici, il est revu et corrigé. Supposons que la photo du cadavre de Ben Laden m'impressionne, ça ne veut pas dire que je l'aime. Peut-être ne veux-je qu'attirer l'attention de mon cercle politique sur le document comme tel. Google y a pensé et a créé le bouton +1. Ça signifie : « je porte ceci à votre attention ». Pour l'instant, c'est tout ce que ça fait.
Mais bientôt, cela permettra de changer énormément de choses dans la Webosphère. Par exemple, plus il y aura de personne à gratifier ma prose de +1, plus je serai « important » dans les outils de mesure (vous avez entendu parler de Google Analytics ?) Ce ne seront plus les publications ou les blogues où mon nom apparaîtra qui le seront, mais moi comme auteur de la phrase gratifiée. Pas pire.
Voici un exemple de gugusse sympathique, les « déclics ». D'entrée de jeu, Google y propose une série de thèmes d'intérêt. Mais on peut ajouter ceux-qui nous conviennent. On clique sur un et, automatiquement, la grosse machine de recherche Google fait le tour et propose à notre attention des articles pertinents. On peut bien entendu cliquer sur « Partager » et choisir dans quel cercle le faire. Ici, j'ai bien hâte de m'amuser avec le produit final; pour l'instant, c'est surtout prometteur (2).
Il y a plein d'autres machins dont il me faudrait parler, par exemple le système de vidéoconversation, mais je manque de temps. Le mieux est que vous l'essayez vous-même et que vous vous livriez à une petite comparaison avec Facebook. Allez visiter ma page embryonnaire et cliquez sur les liens. Mieux, débrouillez-vous pour vous faire inviter et pour vous ouvrir un compte.
En attendant, si vous lisez l'anglais, savourez cette image prise ici.

(1) Oui, mais moi, je n'ai commencé à téter des « j'aime » qu'en mars dernier...
(2) Le produit n'est qu'en format beta
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Nelson Dumais - www.nelsondumais.com