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La quinte du vendredi

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Nelson Dumais Par Nelson Dumais
Vendredi 17 juin 2011

Un System/360 d'IBM tout de rouge vêtu, ce qui contrastait avec le bleu habituel des produits qui aurait valu à IBM son surnom de « Big Blue »

Le jour béni où j'ai finalement compris la différence entre «matériel» et «logiciel», entre «données» et «programmes» ou entre «ROM» et «RAM», c'était dans les années 70 alors que j'assistais à une conférence prodiguée par un expert d'IBM. C'est à ce moment que le logo de la multinationale new-yorkaise s'est incrusté bien creux dans ma pauvre tête.

Tellement, qu'il m'a fallu plus de dix ans pour me débarrasser d'une conception que je n'osais articuler publiquement, à savoir qu'il y avait deux sortes d'informatique. D'une part celle des ersatz, des singes, des aventuriers, des fantaisistes, des pas recommandables, bref, des DEC, HP, CD, NCR, Burrows ou, pire, des Tandy, Commodore, Apple, etc., et, d'autre part, celle d'IBM, la seule, la vraie, la grosse, la sérieuse, la bancaire, la «hautement précisément légendairement efficace» à la sauce usine de Bromont, autrement dit, la «pas pour moi», misérable utilisateur de Mac 128.

Si ma mémoire est bonne, ma première visite chez les séides de la Grande Bleue (de l'anglais «Big Blue ») remonte à 1985. C'était comme aller chez les Mormons, une culture dont je vous ai dit grand bien à quelques reprises. Chez IBM, les sbires portaient l'uniforme, grosso modo, le look CIA : chaussures lacées noires et brillantes, ensemble deux pièces bleu foncé avec l'option d'un fin lignage grisonnant, chemise blanche et cravate rouge, bleue ou gris foncée. Les « IBMers » n'utilisaient que des mots validés par les couches supérieures de satrapes, cela dans des séquences suggérées pour des sens convenus et pratiqués un peu comme c'est le cas aujourd'hui chez Apple. Mais, la rémunération était excellente, la rapidité d'avancement satisfaisante et y passer, ne serait-ce que cinq ou six ans, ouvrait par la suite toutes les portes des plus grands succès professionnels.

Pourtant, lors de ma visite de 1988, une visite plus soutenue que les autres, merci au communicateur Yves Valiquette, tout cela était en train de disparaître. Il faudra une quinzaine d'années à la méga géante pour se restructurer entièrement et changer sa culture, voire sa mission, de façon définitive. Et pour cause. Il fut un temps dans les années 90 où IBM perdait plus d'argent par jour que l'ensemble des autres sociétés d'informatique en faisait la journée même.

Tant et si bien qu'écrire sur l'IBM de 1978 avec un PC Dell de 2010 sous Win 7, c'est un peu s'asseoir dans un wagon fatigué de Via Rail et rêver de l'Orient Express avec ses chambres privées en bois d'acajou, ses dandys au monocle vissé faisant le baisemain à des dames accrochées à leur fume-cigarette.

Hier, l'Intenational Business Machine a fêté sa centième année d'existence, dont 42 sous la férule disciplinée de Thomas Watson senior, le patron qui lui imposa son leitmotiv « Think » et 19 sous celle de son fils successeur, Thomas junior, un visionnaire qui fit passer la R&D de 3 % à 9% des revenus. De nos jours, la Grande Bleue ne fabrique plus, sauf exception, ce qui l'avait rendu fabuleusement riche. Elle engrange désormais ses milliards à œuvrer dans des sphères feutrées et hautement friquées que je ne couvre pas vraiment, ce qui explique que je ne la connaisse plus. Dommage ! Heureusement qu'il me reste les souvenirs et la nostalgie.


Quelques petites vites:

Si vous êtes du genre à ne pas comprendre comment votre Mac gère ses fichiers et ses archives, rassurez-vous, vous n'êtes pas seul. C'est effectivement très différent de Windows. À un tel point que si vous cherchez à libérer de l'espace, il est possible que vous ne sachiez pas vraiment par où commencer. D'où l'intérêt de WhatSizeMac, un partagiciel à 12.99 $US qui analyse votre système et vous produit de façon conviviale la liste de tout ce qu'il y a trouvé selon une disposition de votre choix. Il peut même se mettre à la recherche des fichiers en double. C'est précisément ce que je lui ai demandé, mais il m'en a proposé une pile de plus de 16 000, lesquels, pour la plupart, n'en étaient pas (... mais certains l'étaient). Autrement dit, WhatSizeMac permet de tout questionner et, au fur et à mesure, de décider de la suite à donner. Par contre, si vous êtes pressé et si vous recherchez une solution automatique, ce produit n'est pas pour vous.

Microsoft est en train de peaufiner une version strictement Windows 7 de Kinect, sa populaire techno de reconnaissance kinesthésique, laquelle pourrait ainsi fonctionner sur PC. Elle vient en effet de publier un coffret d'outils de développement, alias un SDK, en format beta lequel devrait permettre aux développeurs de créer des applications non commerciales pouvant être utilisées en milieux scolaire, sociosanitaire ou privé. Pour s'amuser avec ce produit 100 % Microsoft, il faut toutefois avoir des notions en Visual Studio 2010, autrement dit, savoir comme coder en C++, en C# ou, à la limite, en Visual Basic.

En y ayant affecté quelque 80 développeurs, Facebook serait sur le point de lancer une nouvelle patente-cool qui répond actuellement au nom de code « Spartan ». On parle d'un service Web entièrement HTML5 exclusif à la version mobile Safari, le fureteur que l'on retrouve dans les iPhone, iPad et iPod touch. Les utilisateurs n'auront pas à aller se procurer Spartan au App Store, puisque ce sera un dispositif Web qui s'installera directement dans Safari. Dès lors, ils pourront naviguer dans les méandres facebookiens et arriver à une boutique non Apple où ils pourront télécharger des applications, des applications porteuses de « crédits Facebook ». Imaginez la colère d'Apple qui, jusqu'ici, a assumé le lucratif monopole de cette fourniture ... moyennant 30 % des revenus. Le pire, c'est que ça se fera avec son propre fureteur.

Nous voilà rendu aux congés estivaux et aux vacances, aux jardins luxuriants et aux bois à nettoyer, aux visiteurs assoiffés et aux blondes en congé, aux matantes zé mononcs à aller visiter et à la Baie des Chaleurs où aller se tremper l'orteil. Cela pour vous aviser qu'à l'instar des autres années, je vais réduire ma fréquence de publication et me limiter à deux chroniques par semaines, cela du lundi 20 juin au lundi 1er août. Merci de m'accorder cette relative liberté !

 


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