Beaucoup a été dit et écrit sur l'ExoPC. Du vrai, du faux, du mirobolant, du fantaisiste, du contradictoire. Tellement, qu'une chatte y perdrait ses minous. Le président de l'entreprise. Jean-Baptiste Martinoli, étant rimouskois, il fut facile d'aller le rencontrer chez lui lors d'une courte trêve dans son offensive industrielle. Cela a permis de faire le point sur l'entreprise et son produit.
L'homme que personne ne qualifie vraiment d'hyperactif ou de bourreau du travail, est un passionné, un visionnaire particulièrement allumé, un concepteur d'une intelligence hors-norme qui, la plupart du temps, encore faut-il qu'il en ait, s'accorde quatre heures de sommeil par jour. C'est à ce rythme d'enfer qu'il est passé au travers de la première année publique de l'ExoPC, une tablette vraiment pas comme les autres.
On dit de ce citoyen du monde, québécois depuis belle lurette, qu'il n'est motivé ni par l'ego, ni par la puissance, ni par l'argent. On dit que sa vision est son seul moteur, une vision qu'il sait tellement bien partager que d'autres humains à la sensibilité compatible et aux compétences pointues, viennent prendre place sur la nef de l'ExoPC.
Dans ses locaux de Rimouski, il nous a expliqué son plan de match, un pain en trois grandes phases. La première amorcée l'an dernier à pareille date, vient de se terminer avec plus qu'il en faut pour crier victoire. L'idée était de présenter une « preuve de concept », de la faire essayer et critiquer par les acteurs principaux du développement technologique, d'en propulser le nom au sommet de la renommée industrielle, d'enclencher la constitution d'une banque de développeurs et d'une base effervescente d'utilisateurs, tout en accédant aux bureaux de certains PDG essentiels. Pour cela, il a fallu fabriquer quelque 10 000 ExoPC arborant ce nom et près de 65 000 autres portants des patronymes variés, dont, au Canada, celui de Ciara Vibe, un appareil qui s'est retrouvé dans la tourmente de la faillite du revendeur Dumoulin.
La deuxième phase a été amorcée durant l'hiver. Essentiellement, elle positionne ExoPC comme fabricant d'interfaces utilisateurs graphiques (IUG). Des machines architecturées Intel de toutes marques, puissance et formes pourront en bénéficier, aussi bien des bidules à écran de 7 pouces que des machins plus imposants avec affichage pour presbyte. Des pourparlers sont en cours, incluant chez HP, et l'essaimage a débuté. Jean-Baptiste Martinoli se dit enthousiasmé par cette perspective.
Quant à la troisième phase, elle aussi récemment amorcée, elle vise à faire d'ExoPC une interface intimement liée à certains systèmes d'exploitation, dont MeeGo (Nokia-Intel), une saveur Linux tout à fait comparable à Android. Au terme, des bidules de toute farine seront lancés avec ExoPC comme IUG, ce qui pourra créer une méga-famille de produits. On parle ici d'une période qui pourra se vérifier d'ici trois ans.
Au travers ces étapes, la R&D martinolesque nous réserve quelques surprises dont des icônes sachant tirer profit de l'affichage 3D, des icônes sachant naviguer en « profondeur », des adaptations éventuelles pour téléphone intelligent, de nouvelles formes de machines dont je ne peux parler sous peine de me faire jeter dans les glaces printanières du Grand Fleuve.
Je vous ai préparé une balladovidéo d'un peu moins d'une demi-heure qui va beaucoup plus dans le détail. Le concepteur rimouskois y explique l'Alpha et l'Omega de sa démarche. Il faut cependant noter que j'ai dû la scinder en deux parties pour pouvoir la placer sur YouTube. Si vous souhaitez la regarder ou la télécharger, cliquez sur les deux fenêtres qui suivent. Soit dit en passant, je vous ai en outre placé quelques photos sur ma page dans Flickr.