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Bio-machin?

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Depuis plusieurs années, la culture biologique prend de l'ampleur. Certaines personnes ne jurent que par les produits qui en sont issus. Le monde viticole ne fait pas exception à cette tendance.

On parle de mode de viticulture biologique, de biodynamie, aussi de viticulture raisonnée, mais quelle est la différence, si différence il y a? Pour faire la lumière là-dessus, j'ai préparé ce petit document. Mon but n'est pas de vous convaincre que l'un est meilleur que l'autre, mais de vous renseigner sur les différentes manières de conduire un vignoble.

Il faut dire d'abord et avant tout que le vin ne serait pas du vin sans sa matière première qui est le raisin et pour ce faire, il faut le faire pousser. Donc à la base c'est une affaire d'agriculture que l'on appelle plus spécifiquement viticulture. À prime abord, un champ de vigne n'est pas si différent d'un verger ou de toute autre exploitation agricole. On y retrouve de la machinerie agricole comme des tracteurs, des outils de labours, etc. Certaines exploitations fonctionnent avec de l'équipement réduit alors que d'autres font appel à de la machinerie très sophistiquée, et ce, indépendamment qu'il soit bio ou conventionnel. À l'œil, il est impossible ou presque de distinguer un vignoble qui pratique un type de culture ou un autre. C'est dans la pratique, dans la manière de conduire un vignoble et dans la façon d'intervenir qu'il y a une différence. Une petite mise au point avant d'analyser les différents modes de culture : il n'existe pas à proprement parler de vin biologique sur le marché contrairement à la croyance populaire, mais bel et bien des vins issus de viticulture biologique.

On pourrait séparer en deux groupes distincts les quatre modes de culture :
1. Les modes de culture conventionnels, incluant la viticulture raisonnée, la viticulture traditionnelle et industrielle.
2.Les modes de viticulture alternatives, incluant la viticulture biologique et la biodynamie.

Les modes de culture conventionnelle ou traditionnelle

1. La viticulture conventionnelle

Donc, la culture de la vigne commence dans les champs. Je ne vous apprends rien là-dessus. Les interventions sur le terrain sont multiples. Je n'élaborerai pas tellement au sujet de la viticulture conventionnelle, surtout en ce qui concerne la viticulture dite industrielle. Je dirai simplement que les insecticides, les pesticides et engrais chimiques sont largement répandus dans les champs, et ce, de manière systématique et selon un cahier de charge bien précis. La guerre aux insectes ravageurs et aux champignons nuisibles à la vigne est orchestrée de manière à faire en sorte que l'ennemi n'ait aucune chance de riposter. On tire et on pose les questions après. Les engrais chimiques sont répandus dans le but d'avoir de beaux raisins juteux et gorgés de sucre. Cette philosophie n'a qu'un but et c'est la rentabilité du vignoble. Produire plus à meilleur coût. On vise par ces actions souvent musclées un rendement maximum et une qualité de vendange impeccable. Il est maintenant possible grâce à ces interventions de produire année après année des vins rarement mauvais, souvent très bons, d'une qualité constante, et ce, même dans les années difficiles. Cette façon de faire favorise une production de masse et se traduit généralement par un prix à la caisse très avantageux pour les consommateurs.

2. La viticulture raisonnée

En ce qui concerne la viticulture raisonnée, elle diffère de la viticulture industrielle conventionnelle par un cahier de charge plus restrictif. On vise à préserver l'environnement viticole en opérant une gestion intelligente du sol en utilisant des fertilisants de manière « raisonnée » et de façon raisonnable. Limiter la pulvérisation des pesticides et insecticides, agir de manière sécuritaire avec ceux-ci et seulement lorsque le besoin se fait sentir. En viticulture raisonnée, on s'efforce de limiter les intrants autant à la vigne que dans les chais par l'usage réfléchi de produits phytosanitaires homologués. On s'efforce aussi d'appliquer une saine gestion des déchets et des effluents. Ici, toutes les interventions sont le produit d'une réflexion permanente dans le but de poursuivre et d'améliorer la performance des exploitations viticoles. Cette façon de faire est normalement plus onéreuse que la viticulture conventionnelle. La qualité du produit final ne sera pas ou peu perceptible par le consommateur, mais le prix sera généralement un peu plus élevé sauf si le producteur accepte de réduire sa marge de profit.

Les modes de viticulture alternatives

1. La viticulture biologique

L'agrobiologie diffère des modes de culture conventionnelle par le fait qu'elle s'astreint à utiliser des produits exempts de molécules chimiques de synthèse. Seules les matières premières d'origine naturelles sont utilisées. On utilise des produits comme le cuivre, le soufre et des insecticides d'origine végétale. Ces produits sont généralement moins draconiens, souvent plus onéreux et il arrive qu'ils doivent êtres répétés plusieurs fois pour qu'ils soient efficaces. La viticulture biologique vise aussi à encourager la lutte naturelle entre les espèces. Elle vise également à privilégier la vie des sols en favorisant un écosystème naturel où les espèces animales et végétales cohabitent de façon naturelle. Mais cette façon de faire a un coût et généralement le prix sera légèrement plus élevé pour le consommateur, mais pas systématiquement. Les vins issus de viticulture biologique sont souvent très savoureux, originaux et ils ont surtout une personnalité qui les distingue des autres. J'aimerais ajouter que cette façon de faire se reflète aussi dans toutes les étapes de la vinification. Les vins subissent généralement une filtration douce et moins intense que les vins issus de la viticulture traditionnelle.

2. La biodynamie ou l'agrobionomie

Souvent qualifiée de mystérieuse voire ésotérique, la biodynamie n'est ni plus ni moins qu'un mode de vie et une façon de faire qui préconise la symbiose de tous les éléments, et ce, en conformité avec l'équilibre naturel des choses. Ceux qui pratiquent ce mode de vie, qui prend des allures quasi sectaire, sont des purs et durs de l'agriculture biologique. Ils appliquent leurs méthodes selon un cahier de charge très strict où les phases lunaires et célestes sont aussi prises en ligne de compte. C'est ce côté quelque peu ésotérique qui irrite certaines personnes au point souvent de qualifier ceux qui pratiquent la viticulture biodynamique d'hurluberlus. Pourtant les cultivateurs des siècles derniers, et même de nos jours, n'agissent-ils pas de la sorte? Les règles régissant la biodynamie sont strictes. Elle a pour principe de base que la Terre prend et la Terre donne en vertu de phénomènes cycliques incessants. La Terre respire, elle inspire et expire. Comme le dit celui qui est considéré comme le Pape de la viticulture biodynamique en France, Nicolas Joly, « il faut se servir de la Nature pour aider la Nature ». Le fondateur de l'agriculture en biodynamie est Rudolf Steiner, un allemand. À sa mort en 1925, il laissa un nombre imposant d'écrits sur le sujet, suffisamment en tout cas pour faire des émules. Elle pousse plus loin l'agriculture biologique en utilisant différentes potions souvent qualifiées de « recettes de bonnes femmes » que l'on peut comparer à l'homéopathie, mais pour les plantes. Les interventions humaines en matière de contrôle et de lutte contre les insectes ravageurs et pour contrer l'apparition de maladies cryptogamiques ont souvent eu des effets dévastateurs pour l'environnement et pour l'équilibre de l'écosystème. Les tenants de l'agrobionomie préconisent une approche en conformité avec la nature en partant du principe que la vigne développe ses propres mécanismes de défense contre les parasites et les ravageurs. Selon les tenants de la biodynamie, les engrais chimiques ont pour effet d'appauvrir les sols en tuant la vie qui s'y trouve. De plus, ils créent un effet de paresse sur la vigne qui en vient à ne plus s'alimenter de façon naturelle et ne compter que sur l'apport des produits chimiques pour vivre. L'appauvrissement des sols par les engrais chimiques est un des principaux chevaux de bataille des adeptes de la biodynamie. L'absence de vie dans les sols constatée par certains agronomes dû à un engraissement chimique intense remet en question le concept de la typicité du terroir, un des fondements à l'origine de la création des Appellations d'Origine Contrôlée. De plus en plus d'adeptes de cette philosophie poussent la réflexion jusqu'à remettre en question la pertinence de la manipulation clonique qui favorise généralement le rendement au détriment de la typicité du fruit et aussi du greffage des plants de vigne sur les souches américaines. En France, plusieurs d'entre eux plantent dans leurs champs des vignes « franches de pieds » c'est-à-dire sans greffage sur souches américaines, et ce, dans le but de retrouver la pureté naturelle et la typicité du cépage. En France, on compte un nombre croissant d'adeptes et plusieurs grands noms du monde viticole se convertissent à la biodynamie. C'est le cas entre autres du célèbre Pétrus à Pomerol, des Châteaux Pavie Macquin à Saint-Emilion et Smith-Haut Lafitte dans les Graves, pour n'en nommer que quelques uns. Les principaux adeptes de la biodynamie en France sont Nicolas Joly (Savenières-Coullée-de-Serrant), Pierre Frick (Alsace), Michel Chapoutier (Vallée du Rhône). Plusieurs autres producteurs de par le monde ont adhéré à cette pratique, Randall Grahm de Bonny Doon Vineyards en Californie en est un des principaux tenants et depuis 2004 tous ses vignobles se sont convertis à la biodynamie, mais il faudra attendre le millésime 2007 pour qu'ils soient considérés comme tels. Bien entendu, cette philosophie a un prix, bien qu'il existe des produits très concurrentiels sur le marché, mais elle donne généralement des résultats extraordinaires. Tout comme pour les vins issus de la culture biologique, cette façon de faire se reflète aussi dans toutes les étapes de la vinification.

Vins de la semaine :

Soave Si, Italie, 2010, code SAQ : 11254495, prix : 13,35$

Difficile de ne pas évoquer la forme de la bouteille lorsqu'on parle de ce vin. En plus d'être esthétique, celle-ci ressemble à une carafe, ce qui facilite le service. Mais ce blanc n'a pas que l'emballage de joli, son contenu l'est tout autant. À l'œil, il dévoile une robe jaune-vert. Au nez, on perçoit de subtiles nuances de citron, de poire et d'amande. Suivent des notes de caramel et d'agréables effluves minérales. La bouche est élégante, délicate, fraîche et enveloppante. Les notes de citron, de poire, d'amande et de beurre se côtoient et s'unissent pour former un tout harmonieux. Un poisson à chair blanche, poilé au beurre, arrôsé d'un trait de citron sera excellent avec ce vin simple et efficace.

 

Rioja, Cerro Añon, Espagne, 2009, code SAQ : 11482581, prix : 15,25$

Avant toute chose, il faut préciser que ce produit n'est offert que dans les succursales SAQ Dépôt. Ce vin s'est avéré une des plus belles surprises de l'année. À l'œil, il affiche une robe rubis dense et foncée. Au nez, il dévoile un bouquet aromatique marqué par des notes bien appuyées de fruits noirs bien mûrs, de bois et d'épices. La bouche est ample, structurée et très en verve. La trame tannique repose sur des assises solides. Les saveurs de fruits noirs s'expriment sans retenue. De plus, ce vin est doté d'une longueur surprenante pour ce prix. Le mariage de ce vin avec une côte de veau grillée ou un filet de boeuf sauce au poivre sont tout désignés.


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