Dernièrement, l'organisme les Sentiers frontaliers (SF) a rappelé aux différents ministères, lors d'une conférence de presse, le mauvais usage que font différents types de véhicules hors route (VHR) des terres publiques situées entre la montagne de Marbre à Chartierville, le massif du mont Mégantic et le mont Gosford en Estrie. Monique Scholz, appuyée par de nombreux regroupements, les prie de statuer pour créer un parc linéaire dans cette région, et de contraindre l'usage de ces « engins » dans un endroit approprié.
Le passage des petits VTT jusqu'aux « monster trucks » ravage l'écosystème de ces endroits et les sentiers de randonnée en toute impunité. Une dizaine de groupes paragouvernementaux et à but non lucratif ont tenu à rappeler aux ministères québécois concernés leurs responsabilités en exigeant qu'ils forcent ces conducteurs à occuper un territoire bien ciblé, exclusivement destiné à ce loisir.
Certifiés ISO 14 001, ces espaces font partie du patrimoine collectif. Les sentiers, qui empruntent ce territoire, longent la frontière américaine et piquent une pointe jusqu'au parc du Mont-Mégantic. Le projet de joindre l'Appalachian Trail prend de plus en plus d'essor.
Sur les quelque 74 000 hectares de terres publiques estriennes, 50 000 ne sont pas régies par les lois et règlements des parcs, des réserves écologiques ou des zecs. Depuis 1993, lors des audiences publiques portant sur la création du parc national du Mont-Mégantic, l'Association pour la conservation du massif Gosford et les porte-paroles de ces groupes exigent de définir un parc linéaire réservé à des activités respectueuses de l'environnement.
Sur ces terres, moyennant le respect de certaines conditions bien précises, tout le monde peut entailler des érables, chasser, pêcher, piéger, aménager des sentiers pédestres et équestres, observer la nature sous tous ses angles.
Même que, du petit 4-roues aux big foot, ces monstres « peuvent circuler librement sur nos terres publiques, briser notre patrimoine forestier, les réseaux des sentiers pédestres et équestres et leurs aménagements, en plus de détruire les habitats naturels et des espèces dont certaines sont considérées comme rares, fragiles et même menacées d'extinction », se plaint Monique Scholz, responsable des relations publiques.
Profitant du fait que ces espaces appartiennent à tout le monde, les conducteurs de ces bolides, qui proviennent aussi bien de Sherbrooke que de Thetford Mines et Québec, se ruent à l'assaut d'obstacles naturels pour le plaisir d'en défoncer les limites et de prouver leur capacité à vaincre l'environnement.
Jean-Paul Gendron, grand amateur de randonnée pédestre, mentionnait qu'à l'heure actuelle, la certification ISO 14 001 avait une grande importance pour la traçabilité des billots extraits de la forêt publique et de sa bonne gestion. Au rythme où vont les choses, il soulignait que cette qualification risquait de disparaître et que les conséquences pourraient être désastreuses.