La Maison des arts et de la culture de Brompton est fière de présenter le nouvel Opus de l'artiste Sébastien Pesot. Le terme « opus » sert à désigner un morceau dans l'oeuvre d'un compositeur.
Il a été choisi comme titre de l'exposition à la Maison des arts et de la culture Brompton, car cette dernière rassemble les dernières oeuvres liées à l'univers musical de Sébastien Pesot. Quatre propositions se présentent sous la forme de photographies, d'une installation audiovidéo et d'une monobande. Cette exposition se tiendra du 4 mai au 9 juin prochain.
Crash et Pavillon
Évoluant comme artiste dans l'univers de l'image en mouvement, Crash est la première série de photos présentée par Sébastien Pesot. Le type de cymbale numérisé pour cette série fait le pont entre le passé de percussionniste de l'artiste et sa pratique actuelle. Les images représentent ici le passage du son et du temps, mais aussi celui d'une pratique à une autre. Dans cette série, l'artiste nous fait découvrir la matérialité des cymbales (surfaces abîmées par les coups de baguettes). Sans entendre le son que les cymbales émettent, il est fort possible de l'imaginer. La forme ronde des cymbales et leur texture (trous, fissures, sillons) évoquent à la fois l'oeil ou une planète. Les fissures, hors contexte, peuvent être interprétées comme le "crash" d'une masse dans cette matière organique composée de métal. Dans la série Pavillon, il utilise également l'instrument de musique comme sujet de recherche. La série est composée de cinq oeuvres dont quatre pavillons de trompettes et une embouchure. Encore une fois, la matérialité de l'instrument prend une place prépondérante dans ces images et métaphoriquement, on peut aussi y entendre le son.
Instrumentalisation et démarche orchestrale
Le triptyque audio-vidéo Instrumentalisation est une représentation sonore et visuelle du corps de Pesot découpé par trois écrans correspondant à la partie supérieure, médiane et inférieure de l'artiste. Tel un jeu formel et temporel, cet audio-vidéo utilise l'image du corps de l'artiste comme matériau. Pesot « instrumentalise » ainsi son corps en instrument de musique percussif. Le montage audiovidéo propose une synchronie de rythmes et de formes exploratoires, se rapprochant plus d'une recherche plastique que d'une composition musicale. Tandis que dans Démarche orchestrale, la monobande est filmée à l'aide d'un gros plan fixe sur la bouche de l'artiste qui récite sa démarche artistique. Ce plan-séquence ne reconstitue pas complètement sa démarche, puisque les mots-clés du texte sont rendus inaudibles par des sons de trompettes et de cymbales qui superposent les mots. L'artiste se questionne sur la manière d'utiliser un texte qui porte sur le processus créateur. Une fois énoncé à l'intérieur d'une production artistique, une distance sur le texte est créée, puisque celui-ci en vient à être dématérialisé, ou même métamorphosé, passant du statut de texte sur la création à oeuvre même.
Né à Rimouski en 1971, Sébastien Pesot a obtenu un baccalauréat en histoire de l'art à l'Université de Montréal en 1996 et une maîtrise de l'École des arts visuels de l'UQÀM en 2000. Son travail solo a entre autres été présenté à la Maison de la culture Frontenac (2013), Galerie Joyce Yahouda (2012), à la Foreman Art Gallery à Sherbrooke (2011), à Slash-tmp à Berlin (2010), au Musée d'art contemporain des Laurentides (2010), au Lieu à Québec (2009), à la Maison de la culture Côte-des-Neiges à Montréal (2008). De retour d'une résidence à Berlin au mois de juillet 2013, Pesot présentera une nouvelle installation vidéo aux Jeux du canada à Sherbrooke. Pesot travaille principalement à des installations audio-vidéo tout en investissant le champ de la performance et de la photographie. Auparavant, son univers était partagé entre la réalisation de vidéos expérimentales et le punk rock. Il vit en campagne en Estrie et enseigne à l'Université de Sherbrooke.
Source : Josianne Bolduc, directrice à la Maison des arts et de la culture de Brompton