Les personnes qui survivent à un séjour aux soins intensifs souffrent de déficits à long terme et ont des besoins particuliers et il est nécessaire d'apporter des changements dans les politiques de soins et dans la disponibilité des ressources pour mieux répondre à ces besoins complexes en santé physique et mentale.
C'est ce que démontre une recherche initiée par la Dre Margaret Herridge, chercheure et
professeure au Toronto
General Research Institute
de l'University
Health Network, à
laquelle ont collaboré des chercheurs du Centre de recherche
clinique Étienne-Le Bel du Centre hospitalier universitaire de
Sherbrooke (CHUS) ainsi que du Centre de recherche sur le
vieillissement (CDRV) du Centre de santé et de services sociaux -
Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke (CSSS-IUGS).
Cet important projet de
recherche piloté par la Dre Herridge, directrice de la recherche en
soins intensifs (Critical
Care Research) à
l'University
Health Network,
se nomme Towards
RECOVER.
Il évalue les impacts à long
terme auprès des patients et de leurs proches après une ventilation
mécanique prolongée. Depuis deux ans, le Dr François Lamontagne,
médecin intensiviste au CHUS, chercheur au Centre de recherche
clinique Étienne-Le Bel du CHUS et professeur à la Faculté de
médecine et des sciences de la santé (FMSS) de l'Université de
Sherbrooke (UdeS), participe activement à ce projet de recherche en
soins critiques en collaboration avec Mélanie Levasseur chercheure
au Centre de recherche sur le vieillissement du CSSS-IUGS et
professeure à l'école de réadaptation de la FMSS de l'UdeS.
Des résultats
préliminaires des plus intéressants
«
Les patients hospitalisés aux soins intensifs qui quittent l'hôpital
ne reçoivent pas de suivi se distinguant de celui offert aux autres
personnes moins gravement malades, explique le Dr Lamontagne. Les
individus ayant frôlé la mort conservent souvent de lourds déficits
qui réduisent considérablement leur qualité de vie. Les résultats
préliminaires attestent donc qu'il serait avantageux pour le
patient et pour ses proches d'obtenir une prise en charge adaptée
au vécu et aux besoins du survivant pour qu'il puisse bénéficier
de conditions optimales lui assurant un prompt rétablissement et une
meilleure qualité de vie. »
Les
chercheurs du projet Towards
RECOVER ont
discuté des
séquelles physiques et neuropsychologiques importantes dont
souffrent les
personnes lors de leur hospitalisation aux soins intensifs. « Les
patients ont témoigné d'occasionnelles discordances pouvant exister
entre leurs propres objectifs et les priorités d'un système de
santé souvent axé sur l'escalade technologique et pharmacologique
des soins de santé. Les patients et leurs proches pourront désormais
influencer les objectifs ainsi que les devis des nouveaux projets de
recherche et, indirectement, les soins de santé du futur »,
souligne Dr Lamontagne.
Une
nouvelle recherche orientée sur les besoins du patient
C'est avec le souci
d'améliorer de manière continue la qualité des soins que le Dr
Lamontagne du CHUS, en collaboration avec la Dre Herridge, mettra sur
pied une toute nouvelle étude multicentrique orientée sur les
besoins du patient.
Elle visera à impliquer des
personnes ayant connu les soins intensifs, ainsi que leur famille et
des membres du public, dans une démarche devant établir un ordre de
priorités quant aux objectifs et aux issues cliniques en recherche.
Le but ultime est de créer une référence permettant aux chercheurs
de mieux arrimer leurs projets aux attentes de la population
desservie. Cette étude s'insérera au sein du programme de recherche
OVATION lancé par le Dr Lamontagne dont différents volets ont été
financés par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC)
et le Fonds de recherche du Québec - Santé (FRQS).
« Nous sommes heureux des
résultats préliminaires émanant de la collaboration entre la Dre
Herridge et le Dr Lamontagne, mentionne le Dr Stéphane Tremblay,
directeur des services professionnels et codirecteur des services
cliniques du CHUS. Nous visons toujours l'amélioration de la
qualité des soins offerts aux patients et le transfert de données
de recherche à la pratique clinique est essentiel pour y arriver.
Nous regarderons donc attentivement les résultats du nouveau projet
de recherche qui sera mené dans notre établissement par l'entremise
du Dr Lamontagne. »
Source :
Nathalie Poirier,
conseillère
en communication du Centre
de recherche clinique Étienne-Le Bel