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Illusion-Emploi préoccupé par la position du Québec quant à la hausse du salaire minimum

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À l'occasion de la Fête internationale des travailleuses et des travailleurs, Illusion-Emploi se dit préoccupé par la hausse du salaire minimum, qui entrait en vigueur hier, et la capacité des travailleuses et travailleurs bas salariés à vivre décemment.

Le taux du salaire minimum régulier et celui de l'industrie de la confection passe de 9,90 $ à 10,15 $, ce qui représente une augmentation de 0,25 $. Pour les employés à pourboire, l'augmentation est de 0,20 $ passant ainsi de 8,55 $ à 8,75 $.

« La hausse du taux horaire est souvent un motif invoqué par les entreprises et le gouvernement comme étant une mesure pouvant freiner l'économie et nuire aux entreprises (il faut bien rester compétitifs!). Qu'en est-il de ce mythe ? Nous allons comparer les taux de deux provinces. En 2003, le Québec était la deuxième province à afficher le taux de salaire minimum le plus élevé avec un taux horaire à 7,30 $. Il est maintenant fixé à 10,15 $, ce qui représente une augmentation de 2,85 $ en dix ans. En comparaison, la Nouvelle-Écosse avait un taux horaire à 6,00 $ et était en queue du peloton. Depuis avril 2013, elle a un taux à 10,30 $ affichant une augmentation significative de 4,30 $ sur dix ans, dépassant ainsi le Québec en terme de taux horaire et de rattrapage salarial. Pourtant, on ne parle pas d'un exode massif des entreprises, ni de multiples faillites dans cette province, plus qu'une autre. Alors, pourquoi le Québec se retrouve-t-il à la traîne par rapport à d'autres provinces ?», mentionne Manon Brunelle, porte-parole d'Illusion-Emploi.

Différentes hausses ont été appliquées, depuis les dernières années, qui ont eu une incidence sur la santé financière des entreprises et pourtant elles se sont adaptées. Lorsque le prix du pétrole, de la nourriture et de l'électricité augmente, est-ce que les propriétaires de restaurants menacent de fermer à cause de ces augmentations ? Ils ajustent les prix en conséquence et le client se fait refiler les coûts indirects sur sa facture, sans que l'on crie au scandale. On estime que neuf personnes sur dix, payées au salaire minimum, travaillent dans le secteur de l'hôtellerie, la restauration et le commerce de détail, selon un communiqué émis par le cabinet de Mme Maltais en décembre dernier. Ces entreprises ne sont pas déménagées lorsqu'elles ont subi des hausses de leur coût d'exploitation.

« L'effet bénéfique des trois consécutives de 0,50 $ en 2008, 2009 et 2010, suite aux campagnes menées par le Front de défense des non-syndiqués, le Collectif pour un Québec sans pauvreté et de la Marche mondiale des femmes aura été de courte durée. Ce montant de 0,25 $ aura quel poids face aux nombreuses hausses (nourriture, transport, taxe santé, hydro et tout le reste) que nous subissons ?

Un fait inquiétant demeure, le pouvoir d'achat des bas salariés ne cesse de diminuer. Ces personnes vivent de plus en plus les effets de l'appauvrissement et de l'endettement et doivent avoir recours à différents services d'aide (friperie, panier de Nöel, service de dépannage alimentaire, fourniture scolaire, article de sport, jouet de Nöel, etc.) pour pallier à leur manque de revenu et en étant dépendant de la charité et des dons », rappelle Mme Brunelle

Une personne qui travaille 40 heures par semaine doit pouvoir atteindre le seuil de faible revenu de Statistique Canada avant impôts pour une personne seule. En mai 2013, le taux général du salaire minimum devrait être de 11,37 $. Actuellement, en travaillant 40 heures par semaine, une personne au salaire minimum se retrouve à 11 % sous le seuil de faible revenu de Statistique Canada. De plus, il y a de moins en moins de personnes payées au salaire minimum qui travaillent 40 heures, la moyenne étant en dessous de 35 heures, ce qui minimise encore plus l'impact de cette hausse.

Les modifications au régime d'assurance-emploi auront aussi de graves répercussions sur la rémunération des personnes bas salariées qui travaillent souvent dans des emplois saisonniers, occasionnels ou temporaires. Ces personnes se retrouveront dans la catégorie des prestataires occasionnels ou fréquents et seront obligées d'accepter une diminution de salaire pouvant aller jusqu'à 70 % de leur rémunération initiale. Toutefois, le salaire ne peut être plus bas que le taux du salaire minimum, d'où l'importance d'avoir un taux du salaire minimum équivalent au seuil de faible revenu pour éviter l'arrivée d'un nouveau segment de travailleuses et travailleurs pauvres.

« Le Québec doit suivre l'exemple des autres provinces canadiennes en augmentant de manière significative le salaire minimum. Il est primordial que le Québec emboîte le pas aux autres provinces, d'autant plus que nous sommes la seule province ayant adopté, unanimement en 2002, une loi pour lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale. Le gouvernement a l'obligation de se démarquer des autres provinces en augmentant le salaire minimum afin de permettre aux personnes de rétablir leur pouvoir d'achat et de participer pleinement à l'essor de l'économie », conclut Mme Brunelle.

Source : Manon Brunelle, Illusion-Emploi de l'Estrie


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