À Sherbrooke, dimanche, la Journée internationale de commémoration des travailleuses et des travailleurs morts ou blessés au travail était l'occasion de rendre hommage à ces victimes, et en particulier à celles de l'explosion de réservoirs d'acétone survenue en novembre dernier à l'usine de Neptune Technologies à Sherbrooke.
L'accident a coûté la vie à trois travailleurs et en a blessé 18 autres.
Le comité organisateur, composé de la CSD, de la CSN, de la FTQ, du Comité des travailleurs accidentés de l'Estrie et de Solidarité Populaire Estrie avait organisé une vigile en leur mémoire.
Les présidents de la CSN, Jacques Létourneau, et de la FTQ, Michel Arsenault, le vice-président de la CSD, Claude Faucher ainsi que des proches des victimes, ont été appelés à témoigner.
« Je travaillais près de l'endroit où est survenu l'explosion de Neptune technologies et j'ai une grande chance de conserver la vie. Depuis cet évènement, je vois la vie d'une autre façon et j'en profite plus. Il y a tellement de conséquences à cet accident de travail. Je prends plus de précautions. Il est très important pour les entreprises de prendre des précautions », dit Louis Chao, technicien et survivant.
Il faut dire que l'événement se voulait aussi une occasion d'exprimer collectivement la nécessité d'améliorer davantage la santé et la sécurité du travail afin que tous les travailleurs, toutes les travailleuses puissent jouir du même droit fondamental de travailler sans courir le risque de perdre la santé, p
hysique ou mentale, ou pire encore, de perdre la vie.
« De tels bilans sont totalement inacceptables. Nous ne devons jamais oublier que, derrière ces statistiques, il y a des êtres humains qui sont morts ou dont l'intégrité physique ou morale a été amoindrie à jamais. Et pourtant, nous savons comment mettre fin à ces drames, nous disposons des outils nécessaires. Alors pourquoi le gouvernement tarde-t-il depuis si longtemps à faire appliquer la loi dans tous les milieux de travail? Quel prix accorde-t-il à la vie d'un travailleur, à sa santé? », s'interroge Claude Faucher, vice-président de la CSD.
« Au Québec, chaque semaine, quatre travailleurs meurent d'une maladie ou d'un accident lié au travail. Une seule mort serait déjà de trop. Trop souvent, ce sont des méthodes de travail axées sur les profits plutôt que sur la prévention qui ont sont la cause. En 1979, le Québec était à l'avant-garde en matière de santé et de sécurité au travail, aujourd'hui il est le dernier de classe parmi les provinces canadiennes. L'argent qu'on met en prévention est un investissement et non une dépense. Nous allons continuer cette lutte jusqu'à ce que cela entre dans la tête des employeurs », affirme Michel Arsenault, président de la FTQ.
Cette année encore, la CSD, la CSN et la FTQ ont invité tous leurs membres, partout au Québec, à s'associer à cette commémoration en observant dans leur milieu de travail une minute de silence et en portant en hommage aux victimes un ruban noir symbole du deuil.
D'une même voix, les trois dirigeants syndicaux exigent du gouvernement du Québec la modernisation du régime de santé et de sécurité au travail et exhortent les partis d'opposition à collaborer à cette modernisation sans plus tarder.
En Estrie, 14 travailleuses et travailleurs ont perdu la vie au cours de l'année 2012, victimes d'accidents du travail ou de maladie professionnelle.