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CHRONIQUEURS / L'Agora
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau

Mercredi, 14 décembre 2016

Démocratie aux soins intensifs



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Non seulement la démocratie est malade, mais la perte de confiance dans nos institutions et dans nos élites est manifeste.

Coup sur coup, un sondage CROP-La Presse et une étude d'un chercheur de l'Université Harvard, Yascha Mounk, nous disent que la démocratie est malade en Occident et chez nous au Québec et au Canada.

Non seulement la démocratie est malade, mais la perte de confiance dans nos institutions et dans nos élites est manifeste. C'est ce qui a permis à Trump d'être élu aux États-Unis et c'est ce qui rend possible l'émergence de démagogues et d'une société post-factuelle. Le triomphe des nouvelles technologies de l'information et des réseaux sociaux ne fait qu'amplifier le phénomène. Que dire aussi de cette société de l'égo, du triomphe de l'AVOIR sur le triomphe de l'ÊTRE et de cette maladie du 21e siècle qu'est la recherche des sensations fortes, du spectacle et « du tout m'est dû tout de suite ». Réflexions sur une démocratie amochée.

La démocratie

L'un des personnages les plus marquants du 20e siècle, le premier ministre anglais Winston Churchill a déclaré un jour que : « La démocratie est le pire forme de gouvernement totalitaire à l'exception de tous les autres. » Il a aussi dit que : « Le meilleur argument contre la démocratie est fourni par une conversation de cinq minutes avec l'électeur moyen. »

Il n'avait pas tort. L'élection aux États-Unis de Donald Trump a eu l'effet d'une véritable commotion dans le monde. Les gens ne croient plus aux institutions démocratiques. Trop souvent, celles-ci ont fait la preuve de leur impuissance à régler les problèmes que vivent les populations. L'effet s'est accentué par l'attrition de l'État-nation au profit de traités internationaux de libre-échange. Le néolibéralisme inauguré par l'ancienne première ministre du Royaume-Uni Margaret Thatcher et suivi par de nombreux États a fait la démonstration à trop de gens que l'État était un eunuque.

L'incapacité des États à éviter la propagation de la corruption et des abus de toutes sortes par la classe politique, par les élites économiques et par les malfrats a aussi tué le vouloir-vivre ensemble. La mixité grandissante des populations à l'échelle de la planète a aussi généré de la xénophobie qui se transforme de plus en plus en racisme larvé contre les populations musulmanes, les mexicains, les Roms ou les gens de couleurs.

La complexité du monde, des techniques et des moyens de production et de consommation de même que la négligence à communiquer les connaissances à un vaste auditoire fait aussi partie du problème. Que dire enfin de l'analphabétisme ambiant des populations de plusieurs pays riches et du triomphe de la société du spectacle et du Dieu-argent. Tout passe par l'AVOIR plutôt que par l'ÊTRE. Nous avons perdu nos repères. Les gens veulent des résultats immédiats pour satisfaire leurs pulsions les plus primaires. Pas étonnant que nous soyons à l'âge des démagogues.

Peut-on avoir de l'espoir ?

Les constats du sondage CROP-La Presse et de l'étude de Yasha Mounk sont préoccupants. Dans le sondage Crop-La Presse, on apprend que 60 % des répondants du Québec ressentent un fort et très fort sentiment d'exclusion, 47 % des Québécois disent vivre de l'intolérance à l'égard des communautés ethniques et 47 % des gens sondés croient que les traités de libre-échange ont appauvri les Canadiens et les Québécois.

On note beaucoup de contradiction et de confusion dans les réponses des gens interrogés sur plusieurs dossiers complexes. Néanmoins, les Québécois interrogés demeurent pro-avortement à 87 % et disent croire à 85 % que les changements climatiques sont réels, seulement 25 % des gens interrogés sont climatosceptiques.

Ce qui ressort de ce sondage ce sont les paradoxes et les contradictions. Une lecture attentive des résultats peut laisser croire qu'une parole politique habile à la Trump et démagogique pourrait obtenir un certain succès au Québec tout comme elle le fut aux États-Unis, ou pourrait l'être en France ou au Royaume-Uni. Dénigrer les élites, pourfendre les musulmans et critiquer le système politique avec des solutions simplistes semblent être une voie praticable dans l'espace public québécois.

Rassurons-nous tous. Nous ne sommes pas seuls. L'étude de Yascha Mounk de l'Université Harvard à Boston démontre que ces sentiments sont fort répandus aux États-Unis.

L'idée du rêve américain qui s'incarnait dans le fait que la situation des gens s'améliorait de génération en génération n'est plus vendeur parce qu'il n'est plus vrai et cela provoque de la colère contre la classe politique qui en est tenue pour responsable. Les nouveaux arrivants ne sont plus cantonnés dans des métiers et des rôles précis. Plusieurs ont du mal à accepter que ces gens d'une autre race revendiquent les mêmes droits qu'eux et soient des citoyens à part entière de leur pays. Il y a aussi cette opposition entre ville et campagne. Les gens de la campagne sont de plus en plus différenciés de ceux des villes et avec l'avènement des réseaux sociaux ceux-ci peuvent contourner les médias traditionnels pour faire entendre leurs points de vue.

Pire encore, la société en réseaux permet de diffuser et répandre de nombreuses théories du complot et cela sans aucun filtre. Les hiérarchies du savoir s'estompent et nous en sommes à valoriser l'originalité et l'authenticité sans compétences véritables. Les élites sont déboulonnées au profit d'un grand n'importe quoi et pourvu que cela soit drapé du blanc-seing de l'authenticité, cela devient des vérités de cette société post-factuelle. C'est le triomphe du vulgaire et de l'ignorance. L'espoir se rétrécit dans nos horizons d'attente. Les dictatures se profilent dans notre horizon.

La société du spectacle

Mario Vargas, un écrivain péruvien récipiendaire du prix Nobel a bien traduit notre époque. Écoutons sa voix :

« Pire encore, le progrès de la technologie des communications a effacé les frontières et installé le "village global", où nous sommes tous, enfin, contemporains de l'actualité et interconnectés. Nous devons nous en féliciter, bien entendu. Les possibilités de l'information, savoir ce qui se passe, vivre en images, être au milieu de l'événement, grâce à la révolution audiovisuelle, voilà qui va plus loin que n'avaient pu le soupçonner les grands anticipateurs du futur, un Jules Verne ou un H. G. Wells.

Et pourtant, pour informés que nous soyons, nous sommes plus déconnectés et distanciés qu'avant de ce qui se passe dans le monde. Pas "distanciés" comme le voulait Bertolt Brecht : afin d'éduquer le spectateur et lui faire prendre conscience, moralement et politiquement, en sachant différencier ce qu'il voit sur scène et de ce qui se passe dans la rue. Non. La fantastique acuité et versatilité de l'information qui nous arrive aujourd'hui des scènes de l'action sur les cinq continents a réussi à transformer le téléspectateur en pur spectateur et le monde en vaste théâtre, ou mieux en film, en reality-show formidablement amusant, où parfois les Martiens nus envahissent en même temps qu'on nous révèle l'intimité piquante des personnes et, parfois, les tombes collectives des Bosniaques sacrifiés de Srebrenica, les mutilés de la guerre d'Afghanistan, tandis que les missiles pleuvent sur Bagdad, peuplant l'écran de squelettes ou des yeux de petits Rwandais agonisants. L'Information audiovisuelle, fugace, passante, tapageuse, superficielle, nous fait voir l'histoire comme fiction, en nous distanciant d'elle par l'occultation des causes, des engrenages, des contextes et du développement de ces événements qu'elle nous présente de façon si vivante.

C'est une façon de nous faire sentir aussi impuissants à changer ce qui défile sous nos yeux que lorsque nous regardons un film. Elle nous condamne à cette réceptivité passive, atonie morale autant qu'anomie psychologique, où nous plongent les fictions ou les programmes de consommation massive dont le seul but est de nous divertir. » (Mario Vargas Llosa, La civilisation du spectacle, Paris, Gallimard, 2015, p. 221-222)


Mario Vargas, un écrivain péruvien nobélisé nous dit le problème que pose cette condition de spectateur est « qu'irréaliser le présent, changer en fiction l'histoire réelle, voilà qui démobilise le citoyen. » (loc. cit.) Nous devenons collectivement impuissants. Un monde sans citoyens devenus spectateurs de notre vie démocratique. Le genre de monde dont raffolent toutes les dictatures. La démocratie est malade.

La démocratie est aux soins intensifs...


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