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CHRONIQUEURS / L'Agora
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau

Mercredi, 15 janvier 2014

Nationalisme revanchard



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Le débat sur la charte québécoise des valeurs reprendra de plus belle au cours des prochaines semaines. Il faut un certain courage pour écrire sur ce sujet hautement politisé et utilisé à des fins symboliques et électorales. Néanmoins, celles et ceux qui croient fondamentalement au Québec ne doivent pas hésiter à réaffirmer les valeurs qui fondent l'expérience exceptionnelle de cette poignée de parlants français qui ont su par leur résilience étonnante survivre et durer en Amérique du Nord avec panache et ma foi avec un succès qui fait honneur à la détermination de nos ancêtres.

La charte, un faux débat inventé...

Disons les choses franchement, le débat actuel sur la charte est un faux débat. Un débat inventé de toutes pièces par une formation politique sans direction et qui cherche à se donner une majorité à l'Assemblée nationale du Québec. Devant la faillite de ses politiques économiques, son incapacité à donner une direction claire au Québec, le gouvernement Marois pour flatter ses partisans et sympathisants donne l'impression de bouger et d'affirmer l'identité d'un Québec francophone qui vit l'insécurité relativement au phénomène international du métissage des populations. N'hésitant pas à utiliser l'insécurité légitime des francophones de souche des régions concernant la menace non dite, mais subtilement évoquée de la « coranisation » de la société québécoise et de ses effets délétères sur le droit des femmes qui seront reléguées comme au temps de nos grands-mères aux tâches domestiques en étant privées de leurs droits difficilement acquis au terme d'une lutte séculaire. Que du vent dans cette théorie du complot... Cette façon mesquine de faire de la politique n'a pas été inventée par Pauline Marois. Le gouvernement Charest a lui aussi été adepte de la « wedge politics » c'est-à-dire, une politique qui vise à fortifier les convictions d'une base partisane sur un enjeu particulier. Charest faisait de la violence étudiante un enjeu et demandait à la population de choisir la stabilité, Marois utilise l'insécurité identitaire des Québécois francophones de souche et demande qu'ils se choisissent. Même tactique désolante qui prive les Québécoises et les Québécois que nous sommes d'un gouvernement qui cherche à défendre et promouvoir le bien commun.

Lamonde, un historien inspirant

Un livre récemment publié par le grand historien québécois Yvan Lamonde chez Del Busso éditeur intitulé : Trajectoires intellectuelles et politiques des XIXe et XXe siècles québécois est utile à notre réflexion. Cet ouvrage fait une démonstration claire des ambivalences des Canadiens, Canadiens-français et Québécois qui ne sont en fait qu'un même groupe soit les descendants du premier établissement de la Nouvelle-France mêlés aux Irlandais, Écossais et Anglais et par la suite aux Juifs, aux Italiens et aux gens d'Europe de l'Est. Pendant toute la période étudiée par Yvan Lamonde, on voit les tiraillements de Louis-Joseph Papineau dans son choix du modèle monarchique anglais ou le modèle républicain américain. On peut aussi sentir la montée des sympathies dans certains cercles intellectuels pour le fascisme et le nazisme, les questionnements de Lionel Groulx et d'André Laurendeau sur la portée à donner au nationalisme québécois. Pays ou non? On peut aussi percevoir clairement la montée d'un sentiment anti-juif, la lutte au gouvernement Duplessis et le développement d'un néonationalisme autour de l'État québécois et canadien. Trudeau et ses copains de Cité Libre choisiront le Canada, Lévesque, Miron et Parizeau opteront plutôt pour le Québec comme base opérationnelle. Ce n'est donc pas nouveau que le Québec se montre ambivalent dans ses choix d'appartenance. Ce qui a de nouveau aujourd'hui dans l'approche du gouvernement Marois c'est le tassement du néonationalisme de Lévesque vers un nationalisme revanchard, plus ethnique, moins ouvert sur le monde. Comprenez-moi bien, je n'accuse pas le gouvernement de madame Marois de revenir au nationalisme ethnique, ce serait nettement exagéré. J'accuse ce gouvernement d'utiliser les plus bas instincts de certains de nos concitoyennes et concitoyens pour s'assurer une majorité à l'Assemblée nationale du Québec. J'accuse Pauline Marois de diriger un gouvernement qui carbure à l'idée toute machiavélienne que la fin justifie les moyens sans égards aux conséquences délétères sur la cohésion de la société québécoise.

Le fin mot sur la fameuse Charte

La Charte des valeurs devrait faire place à un tout autre débat plutôt que de se transformer en chasse aux sorcières contre les musulmans et le voile. La société québécoise a parfaitement le droit de réfléchir à son caractère laïc dans un monde de plus en plus métissé. Il est tout à fait légitime pour le Québec de désirer que notre espace public soit libre de tous les signes religieux et que l'on affirme son caractère laïc. Personnellement, je suis athée. Je suis contre toutes les religions, car je crois qu'elles sont toutes « l'opium du peuple » pour reprendre la formule célèbre de Marx. Je ne peux qu'être d'accord avec le fait que tout l'espace public québécois soit épargné de tous signes ostentatoires. Je devrais donc être favorable au projet du gouvernement Marois qui pourrait être un pas dans la bonne direction diront certains. Pourtant ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Ce n'est pas un premier pas. On ne peut pas être à moitié enceinte. On est laïc où on ne l'est pas. Il faudrait élargir le débat à tous les autres phénomènes religieux que l'on accepte dans notre société comme le financement de la rénovation des Églises au nom du patrimoine, l'existence d'université comme celle de Sherbrooke qui est sous charte canonique, les crédits d'impôt aux organismes religieux, le financement des écoles religieuses privées, le crucifix à l'Assemblée nationale, la diffusion dans nos médias publics d'événements religieux comme des messes à Radio-Canada et les fameuses prières de Jean lala Tremblay au Saguenay.

Le fédéralisme, le meilleur système politique...

Si le Québec désire affirmer son caractère de société laïque, il est parfaitement légitime qu'il le fasse. Je serai le premier à défendre un gouvernement qui voudrait expurger notre société de tous ces signes religieux patrimoniaux ou pas. C'est cela une société laïque. C'est le prix qu'il faut payer pour y arriver. Je suis cependant CONTRE une laïcité à deux vitesses qui choisit d'ostraciser une religion en particulier, s'attaquer aux droits et libertés de citoyennes et citoyens du Québec dans une vision d'un nationalisme revanchard qui ne peut que miner notre volonté de vivre ensemble et d'éloigner celles et ceux qui veulent que le Québec devienne un pays. Je suis fédéraliste d'abord et avant tout, car c'est le système politique qui permet le mieux de concilier les droits des citoyennes et citoyens de confessions et nationalités différentes, qui permet aussi de vivre ensemble dans une société libre, juste et démocratique. Le Canada n'est pas un véritable système fédéral ou plutôt il pourrait nettement améliorer la formule aujourd'hui en vigueur. Le véritable fédéralisme que j'appelle de tous mes vœux est asymétrique et il reconnaîtra non seulement le droit des femmes, des gais et lesbiennes, des minorités, mais aussi plus fondamentalement encore les droits historiques des nations amérindiennes, acadienne et québécoise. Relativement à notre histoire et où ces leçons seraient bien intégrées, nous serions très majoritairement favorables à un Canada transformé et où une place de choix sera faite aux droits collectifs et non pas seulement aux droits individuels. Le Québec que propose le gouvernement Marois n'est pas une société où je souhaite vivre et je refuse que nous soyons entraînés dans un recul important historique en faisant du nationalisme revanchard notre nouvel étendard. La Charte c'est NON.

Lectures recommandées : Yvan Lamonde, Trajectoires intellectuelles et politiques des XIXe et XXe siècles québécois, Montréal, Del Busso Éditeur, 2013, 354 p.

Tweet de la semaine : « la haine est un puissant carburant qui n'a pas besoin d'être raffiné. » Dans Bernard Pivot, Les tweets sont des chats, Paris, Albin Michel, 2013, p. 82.

Commentaires ou suggestions : dnadeauestrieplus@gmail.com


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