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CHRONIQUEURS / L'Agora
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau

Mercredi, 18 décembre 2013

Conteurs d'histoire



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Récemment, l'une des séries télévisuelles les plus déjantées de l'histoire de la télévision prenait fin. L'auteure Renée-Claude Brazeau mettait fin à six années de La galère. La galère, pour celles et ceux qui ne connaissent pas (cela se peut-il?) mettait en vedette quatre femmes qui vivaient en commune avec leurs enfants et nous racontait les hauts et les bas de leurs vies sentimentales loin des hommes. Stéphanie, Claude, Isa et Mimi ont chacune des vies professionnelles et sentimentales très différentes, mais sont toujours les meilleures amies du monde. Durant cette série, on a pu voir toute sorte de rebondissements dans la vie de ces femmes : éducation des enfants, scandale politique, grossesse, maladie d'Alzheimer, recherche de la mère, vie de couple difficile, etc.

La galère comme plusieurs séries ou téléromans québécois contribue à façonner l'identité du Québec. Il ne faut pas se surprendre de voir l'auteure Renée-Claude Brazeau nous plonger dans les valeurs postmodernes tout en conservant un cachet féministe et québécois. Plusieurs seront en manque dans les prochains mois de leur dose hebdomadaire de La galère. J'en suis.

Les téléromans : miroirs de notre vie collective

Ce n'est pas d'hier que la télévision québécoise contribue à renvoyer aux Québécoises et aux Québécois un miroir d'eux-mêmes et de leurs vies. Renée Legris a récemment écrit un livre fort édifiant sur cette question chez Septentrion qui s'intitule : Le téléroman québécois, 1953-2008.

La lecture de l'ouvrage de madame Legris tranche avec le mépris souvent manifesté par les intellectuels envers le téléroman et les téléséries qui en font que du divertissement. Néanmoins, depuis quelques décennies et avec l'apport des théories de la communication, un nouvel intérêt s'est manifesté pour ses représentations socioculturelles que dépeignent les téléséries et les téléromans qui sont diffusés à notre petit écran.

Des valeurs de modernité au post-modernisme :

Il y a tout un monde qui sépare Les belles histoires des pays d'en haut de la série Les bougons. Alors que dans les années 1950, au début de la télévision, on a assisté au transfert des feuilletons radiophoniques en feuilletons romanesques télévisés, on constate une grande influence de la littérature sur la production télévisuelle de l'époque. Les succès de l'époque comme Cap au sorcier de Guy Dufresne, Le survenant de Germaine Guèvremont, La famille Plouffe de Roger Lemelin ou La pension Velder de Robert Choquette avaient pour traits dominants la transposition des nouvelles valeurs modernes qui venaient se transposer aux valeurs plus traditionnelles. On y voyait ainsi des portraits de familles québécoises, des portraits de mœurs des milieux sociaux et de familles de diverses classes sociales.

Depuis les années 1980, on assiste à un changement des préoccupations et des valeurs. Dans les productions télévisuelles, on voit de plus en plus de violence, la mise en scène de l'homosexualité, le traitement de sujet fort comme l'inceste dans Race de monde de Victor Lévy Beaulieu ou encore des vies familiales débridées comme dans La galère de Renée Claude Brazeau.

La thèse de madame Renée Legris repose sur le fait que depuis l'année 1985, les productions télévisuelles empruntent la voie de la postmodernité et proposent des œuvres de plus en plus violentes. Les thèmes privilégiés comme la culture de la mort, la culture de la violence et le fétichisme sexuel ne sont que des exemples de la nouvelle mouture de nos personnages télévisuels. À titre d'exemple, pensons aux personnages de la série Les bougons où l'on fait l'éloge du meurtre, de la haine, du voyeurisme et du fétichiste des enfants, axé sur la curiosité sexuelle. Dans cette production visuelle, tous les moyens sont bons pour duper la société. Les actions les plus sordides, les plans les plus pervers sont portés aux nues. Rien à voir avec les bonnes actions de la Croix Rouge dans Le parc des braves.

Des histoires et des mises en scène et des commanditaires :

La lecture du livre de Renée Legris sur la production télévisuelle des cinquante dernières années au Québec permet de mieux comprendre le Québec d'aujourd'hui. Il permet de traverser les décennies en y voyant le Québec se transformer et où les valeurs mises en scène sont à l'image de la transformation de la société.

Faut-il y voir un miroir parfait de l'évolution de la société québécoise? Je n'en suis pas sûr. Il faut aussi prendre en compte que la télévision est devenue une grosse « business » et il est connu que la violence et le sexe font vendre. Donner aux téléspectateurs ce qu'ils souhaitent sans le dire ouvertement est une façon de donner aux commanditaires de ces émissions de bonnes occasions d'affaires. Dans cette perspective, s'il est incontestable que l'on peut voir dans la production télévisuelle un reflet de ce que nous sommes ou de ce que nous sommes devenus, il est aussi vrai que l'on peut y voir aussi le pire de ce que nous sommes et ce qui fait vendre.

Ce qui fait dire à madame Renée Legris que :

« la plupart des critiques journalistiques publiées, les thèses soutenues dans les universités et quelques études universitaires ont considéré le téléroman comme le miroir-reflet de la société moderne. Notre questionnement porte davantage sur les représentations sociétales comme simulacres de la culture québécoise et sur la question de l'utilisation du téléroman comme propagande pour répondre aux intérêts de commercialisation propre à ce genre de production. » (Renée Legris, le téléroman québécois 1953-20080, p. 409)

En fait, les téléromans de notre époque sont bien plus souvent des simulacres d'un réel sociétal recomposé pour les besoins de la commercialisation propre à ce genre de production que le reflet de notre société.

Se méfier de nos histoires :

La conclusion de madame Legris est sans appel et ouvre la réflexion :

« Si les comportements de nombreux personnages des téléromans propulsent les valeurs postmodernes au petit écran, particulièrement depuis 1985, les visions de l'humanisme et du respect de la personne qui pourraient se construire à travers les conflits et les quêtes amoureuses semblent avoir été reléguées aux œuvres du passé. De même, l'exploration des valeurs de la famille et les apports de la modernité aux valeurs éthiques observées dans La famille Plouffe, La pension Velder, et ultérieurement dans Rue des Pignons, Quelle famille, et Le clan Beaulieu se font de plus en plus rares après les années 1980 » (Renée Legris p.408).

La prochaine fois que vous regarderez une télésérie et un téléroman à la télévision, ayez un regard critique sur ce que l'on vous propose comme valeurs et surtout n'oubliez pas que la production que vous regardez au petit écran n'est pas le fidèle reflet de ce que nous sommes, mais plutôt un simulacre d'un réel qui fait l'affaire d'un ou plusieurs commanditaires. Il faut plus que jamais se méfier des conteurs d'histoire à notre petit écran...

Lectures recommandées :

Renée Legris, Le téléroman québécois 1953-2008, Québec, Septentrion, 2013, 430 p.

Tweet de la semaine : «Il est de la passion comme du crime : la récidive est probable » dans Bernard Pivot, Les tweets sont des chats, Paris, Albin Michel, 2013

Pour commentaires ou suggestions : dnadeauestrieplus@gmail.com



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